revue de web libertes et internets

Une revue de web thématique compilée (presque) quotidiennement par Yann Le Grand et Grégoire Seither
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[REVUE DE WEB] INTERNETS ET LIBERTÉS
02.11.03
http://www.libertes-internets.net/


SPECIAL DEDICACE...

100.000 MANIFESTANTS POUR LA MEMOIRE DE RABIN. ET SURTOUT, POUR LA PAIX.

[Haaretz, 2 novembre 2003 - traduit par La Paix Maintenant]
Shimon Peres, president du Parti travailliste, qui etait aux cotes d'Yitzhak Rabin quand celui-ci fut assassine il y a huit ans, a dit samedi soir, lors de la manifestation en memoire de l'assassinat, que la voie qu'avait choisie son vieux partenaire etait la bonne, mais que de nombreux obstacles se trouvaient encore devant elle.

Quelque 100.000 personnes se sont rassemblees samedi soir a Tel-Aviv, place Rabin, pour marquer le huitieme anniversaire de l'assassinat d'Yitzhak Rabin. La veille, des vandales avaient couvert la stele de croix gammees, et inscrit des graffitis sur un portrait de l'ancien premier ministre.
http://www.haaretzdaily.com/hasen/spages/355954.html


C'EST LA CENTIÈME !!!

[Oulala.net 2.11.03]
Qui aurait cru que cette aventure durerait aussi longtemps ? Elle est portée

  • par une soixantaine de rédacteurs bénévoles qui, à leur rythme et en fonction de l‚actualité mondiale analysent, avec leurs « tripes » et sans concession la folie destructrice de ce monde,
  • par 1039 abonnés, volontaires, qui vont recevoir ce courriel,
  • par des milliers de visiteurs du monde entier.

En octobre 2003, plus de 35 000 visiteurs ont feuilleté quelques 123 000 pages de notre site.

A l‚occasion de la sortie de cette centième lettre hebdomadaire, nous voulons vraiment et sincèrement vous remercier.
Pour l‚équipe de rédaction, Gilles Lestrade.
http://www.oulala.net/Portail




OFF LINE

AÏCHA ET LES " GROS TAS "

FORTUNE MÉDIATIQUE DES " NI PUTES, NI SOUMISES " ET DES FILLES VOILÉES

[Périphériques 30 octobre 2003]
"Je n’ai rien à attendre de ma famille, poursuivit-elle avec une colère rentrée. Non seulement ils sont pauvres, mais en plus ils sont cons. Il y a deux ans, mon père a fait le pèlerinage de La Mecque; depuis, il n’y a plus rien à en tirer. Mes frères, c’est encore pire: ils s’entretiennent mutuellement dans leur connerie, ils se bourrent la gueule au pastis tout en se prétendant les dépositaires de la vraie foi, et ils se permettent de me traiter de salope parce que j’ai envie de travailler plutôt que d’épouser un connard dans leur genre. – C’est vrai, dans l’ensemble, les musulmans c’est pas terrible… émis-je avec embarras. " (Michel Houellebecq, Plateforme)

On a déjà expliqué ici pourquoi ce qu’écrit Michel Houellebecq ne saurait , à nos yeux, entrer dans la catégorie de littérature. Ses livres présentent cependant l’avantage de fournir des raccourcis ou des traductions crues, et souvent avec une longueur d’avance, de ce qui, ailleurs dans le grand café du commerce médiatique, se dit plutôt à mots couverts, ou n’est que sous-jacent.

La sympathie que le narrateur, dans ce passage de Plateforme , exprime envers Aïcha (" intellectuellement, je parvenais à éprouver une certaine attraction pour le vagin des musulmanes ", ajoute-t-il élégamment), alors que par ailleurs il ne rate pas une occasion de se répandre en invectives contre les musulmans, est ainsi révélatrice d’une conviction qui sourd de partout dans les débats actuels: chez les musulmans (ou chez ceux qu’on choisit de désigner comme tels), tous obscurantistes et violents, comme chacun sait, les seules dignes d’être sauvées, les seules récupérables, ce sont les femmes.

Certes, semble-t-on dire, il existe un fossé entre les sociétés civilisées, c’est-à-dire celles dominées historiquement par le christianisme et le judaïsme, et les sociétés barbares dominées par l’islam (Houellebecq affirmait dans LIRE que l’islam est " la religion la plus con " et qu’on est " effondré " en lisant le Coran, alors que " la Bible, au moins, c’est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire, ce qui peut excuser beaucoup de choses "), mais les femmes musulmanes, par dérogation exceptionnelle, méritent d’être gardées du bon côté de la barrière.
http://www.peripheries.net/e-voile.htm


Ah ben, si c'est 'agnostique et voltairien', c'est bon alors...
Louis-Ferdinand Céline aussi se disait 'voltairien'... (greg)

A NOS LECTEURS

[Franz Olivier giesbert - Le Point 31.10.03]
Ces derniers jours, plusieurs dévots de la bien-pensance se sont émus que Claude Imbert ait osé dire, dans son émission hebdommadaire sur LCI, qu’il était « un peu islamophobe », avant de parler de l’ « archaïsme » de l’islam, de « ses obscurantismes », de « son déni des vérités historiques » et de son «déclassement de la femme ».

Drapés dans leur bonne conscience, nos professeurs de vertu ont saisi l’occasion de se faire connaître en dénonçant avec violence les propos de Claude Imbert, qu’ils n’ont pas hésité à qualifier de « racistes », de « xénophobes » ou de « haineux ». Leurs réactions ne mériteraient pas une ligne si elles n’étaient le signe de la maladie qui, depuis plusieurs années, accable notre pays.

Il est désormais obligatoire de penser unique, le petit doigt sur la couture du pantalon, en évitant de prononcer certains mots qui déclenchent aussitôt les foudres des agents de la circulation idéologique. Le crime de Claude Imbert, agnostique voltairien et arabophile notoire, est d’avoir parlé librement. Sur l’Eglise catholique ou sur Jean-Paul II, ça passait comme une lettre à la poste. Sur l’islam, non. (question de greg: et sur le judaïsme, on aurait pu dire des choses pareilles ? Hmmm ?)
http://www.lepoint.fr/edito/doc_1624editogiesbert.html




(BACK) ON LINE

C'est fou ce que le temps passe vite...
A mon avis 80% des script kiddies ne savent même plus qui est Kevin Mitnick

MD : PORTRAIT DE KEVIN MITNICK

[Mac directory - cité par Mac Génération 02.11.03]
Le trés célèbre pirate informatique Kevin Mitnick est "de retour en ligne", écrit MacDirectory qui consacre un reportage à celui qui a certainement été un symbole. Le jeune homme revient notamment sur le cadeau de Steve Wozniak qui, en début d'année, lui offrait un Titanium. Il est même devenu un fervent défenseur de la Pomme et espère pouvoir s'offrir bientôt un Alu 17".
http://www.macdirectory.com/ntrvu/KMitnick/index.html




INFORMATIONS GENERALES

Je le dis à mon fils tous les jours:
"Méfie toi des jeunes filles des écoles catholiques !"

DES JEUNES FILLES PAS EFFAROUCHÉES CORRIGENT UN EXHIBITIONNISTE

[Reuters 31.10.03]
- Un homme qualifié par la police de "prédateur sexuel" a été pourchassé dans les rues de Philadelphie et copieusement "corrigé" par une horde de jeunes filles en colère. Rudy Susanto, 25 ans, s'était déjà exhibé à sept reprises devant les grilles du collège catholique de St. Maria Goretti, mais les jeunes filles avaient cette fois décidé de ne pas se laisser impressionner, a rapporté la police. A la sortie des cours, une vingtaine d'entre elles se sont lancés jeudi en unforme à sa poursuite. Plaqué par deux hommes du voisinage, Susanto s'est ensuite fait frapper à plusieurs reprises par les lycéennes. La police a indiqué que l'homme, qui a dû être hospitalisé, aurait à répondre de 14 chefs d'accusation dont ceux de harcèlement, troubles à l'ordre public, comportement obscène et corruption de mineur.
http://www.reuters.com/locales/newsArticle.jsp?type=entertainmentNews&locale=fr_CA&storyID=3735573


Pour ceux d'entre vous qui ne fréquentent plus les cours de récré...

JOUER C'EST COLLECTIONNER

[Le Point 31.10.03]
Une étude réalisée par Junior City, institut spécialisé dans les enquêtes sur la jeunesse, confirme en effet la passion des écoliers pour les collections. « En moyenne, un enfant possède de deux à trois collections terminées ou en cours, relève l'étude. Près de 45 % d'entre eux prennent plaisir à manipuler, ou simplement observer, leur trésor ! » Des différences apparaissent selon les âges, les plus jeunes sont attachés aux animaux et à la nature, alors que leurs aînés préfèrent des collections classiques. Ainsi, les petits du CP jettent leur dévolu sur les Dracco-Magnets ornés d'animaux, alors que les plus grands collectionnent les « bad boys », pour les garçons, et les « pin-up », pour les filles. Et tous dégusteront le bonbon contenu en plus dans le sachet
© le point 31/10/03 - N°1624 - Page 27 - 262 mots

Si tu mates un porno à la télé le soir, c'est trois ans de taule et 76.000 euros d'amende pour tes parents !
Le truc d'enfer pour les faire chanter !!!!

TOUJOURS PLUS D'ENFANTS AU RAYON X

[Le Point 31.10.03]
Depuis le début de l'année, 99 750 enfants de 4 à 10 ans ont regardé 5 minutes consécutives d'un programme pornographique sur Canal +. Un nombre en hausse de 23,5 % d'une année à l'autre ! Dans la tranche d'âge des 11-14 ans, on en compte 80 750. Dans celles des 15-17 ans, le nombre des adolescents en contact avec le X atteint les 281 500 individus. Dans cette tranche d'âge, on observe un véritable bond en avant de la part de marché (de 5,6 % à 12 % d'un an à l'autre). (...)

« En matière de contrôle parental, nous avons fait du surplace depuis un an », admet Dominique Baudis, le président du CSA. Pourtant, ce n'est pas faute pour les Sages d'avoir payé de leur personne. « Nous avons fait des "nuits porno" au CSA afin de vérifier tous les systèmes de verrouillage, un par un, précise, non sans humour, la conseillère Agnès Vincent-Deray. Or aucun des bouquets satellite ni des câblo-opérateurs n'a pu faire la démonstration que son système garantissait une totale absence de failles. » Le CSA vient donc de renvoyer tout ce petit monde à ses chères études. Avant le 31 décembre 2004, il faudra que tous soient au point.

Le cas de Canal + soulève un problème spécifique : sur les décodeurs analogiques, le double verrouillage du signal demeure techniquement impossible. Vendre l'option « film X » à part aurait néces-sité la constitution de fichiers d'« amateurs de porno », ce que la CNIL ne pouvait tolérer. Il faudra donc faire avec... A charge pour la chaîne d'atti-rer l'attention des parents de manière plus voyante à travers son magazine des abonnés. Les parents abonnés devront alors signer un document rappelant que « toute personne qui permettrait à des mineurs d'avoir accès » auxdits programmes serait passible de trois ans d'emprisonnement et de 76 220 euros d'amende. Ça vaut le coup de planquer la télécommande !
http://www.lepoint.fr/medias/document.html?did=136945


C'est dans "Le Meilleur des Mondes" de Huxley, que l'humanité mange éternellement la même vache clonée et reclonée

DE LA VIANDE CLONÉE BIENTÔT DANS NOS ASSIETTES ?

[LCI 1.11.03]
Le lait et la viande issus d'animaux clonés seraient sans danger pour la santé des consommateurs. Cette affirmation émane d'une évaluation sur les risques posés par ces produits. Cette étude a été réalisée par la FDA, la Food and drug administration, le service américain en charge de la sécurité sanitaire.

Selon le document diffusé hier vendredi, des analyses faites sur des produits issus de cochons, chèvres et autres bovins clonés montrent que leur consommation ne présente aucun risque sanitaire. Toujours selon cette étude, les clones sont plus enclins à tomber malade à la naissance ou au début de leur vie. Mais, quand ils atteignent l'adolescence, ils sont dans un état de santé similaire aux animaux non clonés.

La FDA précise qu'elle va attendre de voir les réactions du public avant de décider si elle autorise la mise sur le marché de produits d'une telle origine. Sur cette question des risques posés par la nourriture issue d'animaux clonés, le ministre japonais de la Santé va demander à la Commission sur la sécurité alimentaire de mener une étude similaire. L'année dernière, une équipe de cette administration avait conclu que la viande bovine issue de clones semblait sans danger pour la santé. Cela n'empêche pas que les 300 bovins clonés au Japon depuis 1998 ont été maintenus volontairement hors du marché.
http://np.www.lci.fr/news/sciences/0,,1437358-VU5WX0lEIDUy,00.html




CYBER-GUERRE - SONS DE BOTTES - PROPAGANDE

ET LE BLUFF CONTINUE

[Haaretz, 1er novembre 2003 - traduction La Paix Maintenant]
Il y a une dizaine de jours, s'adressant a la Knesset pour l'ouverture de la session d'hiver, le premier ministre Ariel Sharon declarait : "il y a une reelle chance que dans les mois qui viennent, nous puissions sortir de l'impasse et renouer avec le progres vers un accord de paix".

Ce n'est pas la premiere fois que le premier ministre nous gratifie de promesses de ce genre. Il y a, toujours, le minuscule espoir que cette fois, nous allons assister a une enorme surprise, et qu'en coulisses, des negociations sont en cours avec les Palestiniens. Mais une enquete serieuse nous montre qu'il n'existe aucun contact en vue d'un accord, et que par ces remarques, le premier ministre ne fait que jouer au marchand de sable avec l'opinion.

Le bluf continue, et il est dommage que des journalistes s'en rendent complices. Combien de fois ont-ils promis a leurs lecteurs ou a leurs auditeurs qu'une percee politique etait imminente, peut-etre parce qu'on leur a dit, par exemple, qu'Abou Mazen a parle a Ariel Sharon au telephone, ou que Mohammed Dahlan a pris un cafe avec le ministre de la Defense? Et aujourd'hui, la tromperie recommence. En verite, rien ne se passe avec les Palestiniens sur le plan politique.
http://www.haaretz.com/hasen/spages/355688.html


VOTE SERRÉ SUR L'EFFET DE SERRE AUX ETATS-UNIS

[Libération 01.11.03]
C'est un revers politique, mais les environnementalistes américains veulent y voir «le signe d'un débat qui commence à agiter démocrates et républicains». Jeudi soir, pour son premier vote depuis six ans sur le réchauffement de la planète, le Sénat a rejeté, par 55 voix contre 43, un projet de loi qui visait à obliger les usines américaines à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. «Nous n'allons pas nous arrêter là», a promis le sénateur républicain de l'Arizona John McCain, qui avait parrainé ce projet de loi en duo avec le démocrate Joe Lieberman. Le vote, plutôt serré, a été considéré comme «positif» par les défenseurs de l'environnement. En 1997, le Sénat avait en effet rejeté par 95 voix contre zéro les principes négociés au sommet de Kyoto. Dès 2001, à peine arrivé au pouvoir, Bush avait annoncé son rejet du protocole de Kyoto.

Cette fois, le vote a été précédé de deux jours de débats intenses. Dès le début, la Maison Blanche avait fait connaître sa position, estimant que le projet de loi – qui exigeait que les usines réduisent leurs émissions d'ici à 2010 au niveau de l'an 2000 – «ne (devait) pas être adopté». Dans un communiqué, l'administration a assuré qu'une telle loi «entraînerait une augmentation du prix de l'essence et des factures énergétiques pour les foyers américains». Elle affirme en outre que l'imposition d'un programme de réduction des gaz à effet de serre pourrait coûter 600 000 emplois à l'économie et gonfler le déficit budgétaire de 100 milliards d'ici à 2025.

Des arguments qualifiés d'«inexacts et déficients» par de nombreux sénateurs. Le démocrate Bill Nelson, élu de Floride, a estimé que sur le long terme la seule solution était de «prendre en compte le problème urgent du réchauffement de la planète». L'ennui pour le sénateur McCain est désormais d'essayer de convaincre ses collègues républicains du bien-fondé de son projet de loi, que très peu d'entre eux ont soutenu jeudi. Le réchauffement de la planète pourrait faire l'objet de nouvelles joutes : certains candidats démocrates à la Maison Blanche ont promis de faire de l'environnement un des thèmes de leur campagne pour la présidence.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=149342




LIBERTES PUBLIQUES - LSQ - LSI - LEN - CENSURE

Drôles d'alliances contre l'islam...

MAIS OÙ VA LE CRIF ?

[REFLEX magazine antifasciste radical - Nov 2003]
M. Cukiermann (président du CRIF) a en effet profité de cette occasion pour stigmatiser une prétendue alliance antisémite entre islamistes, néo-fascistes et militants révolutionnaires, ce qui donne une alliance " vert-brun-rouge ".

" Vert-brun-rouge " ? Ce n'est ni plus ni moins que l'expression utilisée il ya quelques mois par Alexandre Del Valle et Marc Knobel dans un article du Figaro (22 avril 2002) et repris par Del Valle dans son récent ouvrage sur le " totalitarisme islamiste ". Cela prouve une fois de plus l'influence grandissante de la frange la plus réactionnaire et la plus sioniste de la communauté juive au sein même de cette communauté.

Le rôle joué par Del Valle prend en effet toute sa valeur dans ce contexte. Nous ne reviendrons pas sur le pedigree du personnage : nous l'avons déjà exposé dans REFLEXes n°4 (février 2002) et cela a été approfondi par Ras L'Front en avril 2002. Rappelons juste que l'individu tenait officiellement des conférences avec des orateurs nationalistes il y a encore deux ans et que le fanzine Le Lansquenet n°16 rappelle avec gourmandise comment Marc d'Anna (alias Del Valle) beuglait des chants fascistes ou nazis dans les rues de Marseille en 1995 après un meeting de Le Pen.

Quoiqu'il en soit on ne sera pas surpris de retrouver Del Valle dans la sphère de Maître Goldnadel, défenseur d'Oriana Fallaci et dont le fils est l'un des animateurs du BETAR, ou dans celle de Pierre Lurçat, meneur de la Ligue de Défense Juive et animateur de l'association des Amis de Del Valle.

Tous ces éléments montrent que M. Cukiermann est très mal placé pour donner des leçons de tolérance et de fraternité républicaine. On peut juste espérer que l'immense majorité de la communauté juive française se débarasse un jour de ces représentants qui ne représentent qu'eux-mêmes.
http://reflexes.samizdat.net/article.php3?id_article=111




LUTTE CONTRE LE POLLUPOSTAGE

Il y à quinze ans, au tout début d'Internet, snif, souvenirs

2 NOVEMBRE 1988 : ROBERT MORRIS LACHE LE PREMIER VER SUR INTERNET

[The Rober Morris Internet Worm]
Un étudiant de l'université de Cornell, Robert Morris, écrit un programme dont le but est d'explorer les réseaux informatiques et de collecter des informations. Son nom "The Internet Worm". Malheureusement, comme toujours, le programme contient un bogue qui provoque le plantage d'un nombre incroyable d'ordinateurs (6,000 soit la quasi totalité des serveurs connectés de l'époque). Le 3 novembre 1988, à 0 heures et 34 minutes, Andy Sudduth, célèbre administrateur réseau à Harvard, prononce la phrase historique "There may be a virus loose on the internet."
http://world.std.com/~franl/worm.html




DROITS D'AUTEURS - BREVETS - HACK - CRYPTO

Un bon état des lieux de la question (greg)

QUAND LE DISQUE NE TOURNE PAS ROND

[Le Point 31.10.03]
http://www.lepoint.fr/societe/document.html?did=137008
Jean-Christophe L. est architecte à Paris. Marié, deux enfants, il a, à 35 ans, un cabinet qui tourne bien. Il a aussi une passion, le rock, dont il est fan depuis son enfance, et possède chez lui une discothèque de plusieurs milliers de vinyles et CD. Or, depuis cinq ans, il n'a plus acheté un seul CD. Chaque matin, quand il arrive à son bureau, il se branche sur les sites d'échange « Peer to Peer » (Pair à pair) et fait son marché. Est-il conscient d'enfreindre la loi ? Vaguement. De mettre en péril l'industrie du disque ? Pas vraiment ; de toute façon, il s'en fiche. « Les disques sont trop chers pour ce qu'ils contiennent, dit-il. Avant, tu achetais le dernier Genesis, tout était bon, il n'y avait rien à jeter. Aujourd'hui, si t'as trois titres corrects, t'as de la chance. »

Journaliste dans un newsmagazine, Michel - appelons-le ainsi - devait rencontrer au printemps dernier Marilyn Manson à l'occasion de la sortie de son nouvel album. Celui-ci, pas encore paru, n'était écoutable que dans les bureaux de la maison de disques, où on le protégeait comme le Saint Graal. C'était compliqué pour Michel, qui habitait loin de Paris. Il se brancha donc sur Kaaza et téléchargea l'album, qui y était déjà disponible, trois semaines avant sa sortie. A-t-il culpabilisé ? Non, ça l'a beaucoup amusé.

Deux anecdotes symptomatiques qui renvoient à des informations alarmantes dont les journaux se sont faits l'écho. « L'industrie du disque en péril », « Le CD condamné à mort », « Pertes d'exploitation record enregistrées sur le premier semestre 2003 », « Chute des ventes mondiales », « Le marché du disque en pleine tempête », « Internet va-t-il tuer l'industrie discographique ? ». (...)

Patrick Zelnik, 56 ans, PDG de Naïve et président de l'Upfi (Union des producteurs français indépendants), ne vit pas pareillement cette crise. Et pour cause, son chiffre d'affaires est en nette augmentation grâce à une politique axée sur le développement à long terme de nouveaux talents et surtout à Carla Bruni, qui a vendu plus d'un million d'exemplaires de son premier album, enregistré de façon quasi artisanale, donc très bon marché. « Pour nous, confirme-t-il, ce n'est pas vraiment la crise, mais ce n'est pas facile pour une entreprise indépendante comme Naïve dans l'environnement actuel. Il n'y a pas de crise de la musique, il y a une crise du support CD. Il y a aussi une crise de l'offre, car la demande de musique n'a jamais été aussi forte. »

Ce qui est proposé au consommateur par les maisons de disques est, selon lui, généralement décevant et de médiocre qualité. Pour qu'un album soit vraiment rentable, il faut pouvoir en extraire trois singles. On peut donc être sûr que trois titres auront été peaufinés, mais, souvent, le reste du CD n'est que du remplissage. Elvis Costello aime à dire qu'on peut juger la valeur d'un album sur son quatrième titre, les trois premiers ayant été mis en avant pour les bornes d'écoute des magasins. « La véritable cause de la crise, poursuit Zelnik, n'est pas la piraterie. La piraterie est à la fois une cause et une conséquence. C'est une cause parce que c'est une concurrence déloyale et illégale, c'est une conséquence parce que, si les jeunes se tournent vers la consommation gratuite de musique, c'est qu'ils ont une frustration par rapport à l'offre "légitime". Mais il faut surtout accuser la concentration, qui a pour effet immédiat l'appauvrissement de l'offre et la banalisation du produit. La standardisation du disque, l'application de techniques marketing de grande consommation uniformes ont fait du disque un produit industriel plus que culturel. On a oublié que le consommateur de disques n'est pas un consommateur comme les autres. C'est quelqu'un qui aime découvrir, c'est quelqu'un qui n'aime pas se faire avoir. » Allusion transparente aux majors, contre lesquelles il se bat depuis qu'il a quitté la direction de Virgin France pour cause de désaccord avec la politique mondiale adoptée.

Mais pourquoi le catalogue s'appauvrit-il ?

Une raison, une seule : la politique à court terme des majors. « Les PDG des majors sont en général nommés pour trois ans (*), dit Thierry Chassagne, PDG d'Up Music, label indépendant mais distribué et hébergé par Warner. Ils dirigent des filiales et ne pensent qu'à ce qu'ils doivent renvoyer comme profits immédiats à la maison mère. Laquelle maison, sans états d'âme, place la barre un peu plus haut chaque année, interdisant ainsi aux PDG de voir à long terme. » « Cela ne les intéresse pas de signer un artiste qui marchera dans cinq ans, ajoute un directeur artistique, ils savent qu'ils ne seront plus là. Il faut du résultat instantané. C'est périssable, médiocre ? Peu importe, du moment que ça rapporte tout de suite. Il faut du cash, du cash, du cash, pas des promesses.» L'artistique a perdu le pouvoir au profit du marketing, qui n'a qu'une obsession, la rentabilité, et sans délai. Les méthodes sont devenues brutales. L'affectif n'existe plus. L'oeuvre passée, le talent et la notoriété d'un artiste ne pèsent plus rien dans la balance, et nombreux sont ceux à qui on ne renouvelle pas leur contrat quand celui-ci arrive à expiration. Malgré une carrière jalonnée de succès, Alain Chamfort est resté deux ans sans maison de disques parce que ses derniers enregistrements n'avaient pas bien marché. Idem pour David Bowie, sèchement remercié par sa précédente maison de disques et récupéré par Sony.

Et la télévision n'a rien arrangé, au contraire. Il fallait autrefois plusieurs années pour développer un artiste ; aujourd'hui, en quelques semaines de prime times affligeants de vulgarité et d'inintérêt artistique, on fait naître des vedettes qui vont, l'espace d'une saison, vendre beaucoup de disques. Et disparaître. « Le phénomène de la téléréalité est en train de se tasser, remarque cependant Thierry Chassagne. On peut berner le consommateur, mais pas trop longtemps. Par exemple, tous les singles de la "Star Ac'" étaient entrés n°1 au top, mais le dernier n'est entré que 3e malgré le matraquage habituel. Cela dit, la "Star Ac'" n'a pris la place d'aucune autre émission de musique. "Trafic" est une très bonne émission, mais regardez le sommaire du dernier : David Bowie, Blur, Air et Françoise Hardy. Où sont les nouveaux artistes ? La diversité culturelle passe aussi par l'exposition. Les maisons de disques ne sont rien d'autre que des passe-plats entre l'artiste et son public potentiel. Mais les médias doivent jouer leur rôle de découvreur et ne pas diffuser uniquement des artistes confirmés. »

La propriété intellectuelle est ignorée

Mais si la politique à court terme, la marchandisation du disque, les compils, la dépréciation du produit expliquent en partie la crise, les fondations de l'empire discographique sont cependant bel et bien sérieusement menacées par l'Internet, la piraterie et les sites de téléchargement gratuit dits sites Peer to Peer (voir encadré). Personne ne le nie, au contraire. Pourtant, les PDG semblent beaucoup moins inquiets qu'on pourrait l'imaginer. Ils croient tous qu'une législation mondiale devrait régler le problème à moyen terme. « Avec l'Internet et le téléchargement, une technologie fabuleuse est apparue, mais les aspects juridiques et les principes de base de la propriété intellectuelle ont été ignorés, ajoute Olivier Montfort. A qui profite le crime ? Aux fournisseurs d'accès. L'Internet peut être un formidable outil complémentaire de diversification, de distribution, d'exposition. Sony va lancer au printemps un site qui permettra d'accéder à tout ce qu'il produit. »

Thierry Chassagne hésite, lui, à formuler une condamnation sans appel des fournisseurs. Et pour cause, son label est associé à Warner, elle-même partenaire d'AOL, fournisseur d'accès Internet. Son approche est donc rusée, fanfaronne, un brin cynique. « On sait que les seniors téléchargent moins que les 15-40 ans, dit-il, et qu'il y a un marché émergent sur les 6-12 ans, qui ne téléchargent pas non plus. La stratégie d'entreprise d'Up Music est donc claire : on tape sur les 6-12 ans, car c'est un marché single fort, et sur le marché des seniors. » Stratégie payante puisque, depuis le début de l'année, Up Music a eu trois n°1 dans les charts single et cartonne avec Frank Michael, un chanteur français totalement ignoré des médias parce que son public est composé à 80 % de femmes de plus de 60 ans. Ce qui ne l'empêche pas de vendre 300 000 exemplaires de chaque album. Et il peut en faire trois par an !

En ce qui concerne l'Internet, Thierry Chassagne reconnaît cependant que la protection de l'emploi de l'ensemble de la filière est en jeu et qu'il est impératif qu'indépendants et majors s'associent pour exiger une nouvelle législation. Zelnik, Montfort et Chassagne ne croient pas en l'efficacité d'une interdiction juridique pure et simple, ni dans l'action judiciaire contre les utilisateurs (voir encadré), mais à une législation adaptée aux fournisseurs d'accès. « Contrairement à ce que l'on prétend, commente Olivier Montfort, la musique n'est pas gratuite sur l'Internet, le consommateur paie un abonnement pour le haut débit. Il y a donc versement d'argent, qui ne va pas aux créateurs comme cela serait normal, mais aux fournisseurs d'accès. Un jour, tous ces fournisseurs d'accès vont se retrouver devant un tribunal. Ils ne pourront pas dire, comme La Poste, qu'ils ne sont pas responsables de ce qu'il y a dans le courrier. Ils devront arrêter de s'enrichir en couvrant des activités illégales.»

Le plus tôt étant évidemment le mieux, mais ils savent que les choses ne bougeront réellement que lorsque le cinéma sera vraiment, lui aussi, menacé (on peut déjà télécharger des films, certains avant même leur sortie en salle, mais cela prend des heures et la qualité visuelle et sonore est encore médiocre). Et ils attendent ce moment avec une gourmandise à peine voilée. «Quand les films pourront s'échanger aussi facilement que la musique, dit Chassagne, l'industrie cinématographique va sortir l'artillerie lourde, car il y a là des sommes vraiment colossales en jeu. Ils ont aussi une puissance de lobbying que nous n'avons pas. » En un mot, ils attendent que le géant se réveille très en colère.

Quand la menace Internet sera contrôlée par voie légale, l'industrie discographique utilisera pleinement cette technologie pour distribuer et faire connaître ses oeuvres. Le succès du site (légal) lancé par Apple et qui a vendu un million de titres la première semaine, iTunes, est là pour le confirmer. « On ne peut pas faire reculer une technologie, il faut s'y adapter. Nous passons de la phase "menace technologique" à la phase "opportunité technologique" », conclut Olivier Montfort, avant de relativiser une nouvelle fois la crise : « En France, on achète 2,3 CD en moyenne par habitant. Il suffirait de passer à 2,5 et tout irait très bien. » Et la décontraction de son ton indique que c'est loin d'être une mission impossible.
http://www.lepoint.fr/societe/document.html?did=137008


Petit memento pour les "plus de 40 ans" :-))

LE PRIX DU CD LE CD EST-IL TROP CHER ?

[Le Point 31.10.03]
C'est devenu une évidence. Vendu en moyenne entre 17 et 20 euros en prix nouveauté (17 le dernier Céline Dion, 16 le Lara Fabian, 15 pour les Strokes), il devra, pour rester attractif, passer sous la barre symbolique des 15 euros. Aux Etats-Unis, Universal a descendu les prix de ses CD juste en dessous de 15 dollars. La politique de vente du back catalog doit elle aussi être sérieusement revue à la baisse. Si certains albums anciens (actuellement Véronique Sanson, les Doors, Prince, Led Zeppelin, Neil Young bénéficient de promotions) sont proposés à 7 euros, cette mesure doit être appliquée à tous les albums de plus de dix ans. Il faut bien sûr se méfier des compilations vendues à tout petit prix dans certaines grandes surfaces, sur les marchés et chez les soldeurs. Elles sont de très mauvaise qualité sonore, souvent défectueuses et extrêmement fragiles. (S. R.)

LA VENTE EN LIGNE

[Le Point 31.10.03]
La vente de musique en ligne s'intensifie. Depuis qu'Apple a créé iTunes, 500 000 titres sont achetés chaque semaine sur son site. Et ce n'est qu'un début, une version pour utilisateurs de Windows (c'est-à-dire 95 % du parc informatique) vient d'être proposée et un million de titres ont été téléchargés en quatre jours dans ce format. A 1 dollar le titre, il est clair que l'industrie discographique peut, si elle ne manque pas le train une seconde fois, redresser spectaculairement ses comptes déficitaires. Evidemment, cela annonce d'une autre façon la fin du CD tel que nous le connaissons aujourd'hui. Pourquoi, en effet, payer 20 dollars ou 20 euros pour un album qui ne contient que cinq titres intéressants ? Autant les acheter à la pièce sur le Net ! L'industrie cinématographique devrait elle aussi bénéficier de cette manne. Une étude britannique affirme que la vente de films sur l'Internet devrait rapporter 800 millions de dollars par an. (S. R.)

LES SITES PEER TO PEER

[Le Point 31.10.03]
Avouons-le, pour les plus de 40 ans, les sites Peer to Peer relèvent de la science-fiction et nul ne peut réellement blâmer les dirigeants des maisons de disques de ne pas avoir vu ces ovnis arriver ni évaluer leur potentiel de menace. Un site Peer to Peer permet à tous les internautes qui s'y branchent l'accès instantané aux fichiers musicaux contenus dans tous les ordinateurs connectés au même moment et de se les échanger. Il suffit d'aller sur Kaaza, Grokster, Morpheus, Limewire ou e-mule (pour les plus connus), de taper le nom d'un artiste et s'affiche aussitôt la liste des titres disponibles. Vous pouvez donc chercher le dernier Bowie chez un Peer de Sydney, Sting à Dublin et Moby à Minneapolis, pendant qu'un Sud-Africain s'invite sur votre disque dur pour copier le dernier Bashung.

Le premier site Peer to Peer fut Napster, lancé en 1999 par un génie de l'informatique, Shawn Fanning, alors âgé de 19 ans. Un an après sa création, 60 millions d'internautes utilisaient Napster. Le site fut fermé par l'industrie du disque, qui l'attaqua en justice. Elle essaya de faire de même pour Grokster et Morpheus, mais un juge de Los Angeles, curieusement, la débouta. Prise de court, l'industrie discographique se retourna contre les utilisateurs et 261 internautes américains ont été traduits en justice. Certains, pour éviter le procès, acceptèrent un compromis et payèrent 2 000 dollars pour dédommager les artistes illégalement copiés. Néanmoins, un sondage réalisé par le magazine américain Rolling Stone révèle que 80 % des personnes interrogées estiment que les menaces de procès n'empêcheront pas les internautes de télécharger de la musique. (S. R.)

SACD, 5.1, DVD AUDIO

[Le Point 31.10.03]
L'industrie discographique compte également sur l'arrivée de nouveaux formats pour rebooster ses ventes. Voici donc qu'apparaissent le SACD (Super audio CD 5.1) et le DVD audio. Le SACD offre une qualité sonore supérieure et le système 5.1 la possibilité d'entendre simultanément cinq canaux différents (quand la stéréo n'en offre que deux). Cette technologie prend toute sa dimension qualitative avec les nouveaux enregistrements produits aujourd'hui (le dernier album de Sting a été enregistré en SACD ), mais certaines rééditions en bénéficient également de façon spectaculaire. Si celles des premiers disques des Rolling Stones furent décevantes, on ne peut qu'applaudir à la ressortie en SACD de quinze grands classiques de Bob Dylan. « Bringing It All Back Home», «Slow Train Coming», «Blonde on Blonde» retrouvent une clarté de son, une puissance et un relief exceptionnels. Cette qualité est notable sur une chaîne normale, mais, évidemment, avec un lecteur SACD et un ampli Dolby 5.1 (dont sont équipés aujourd'hui tous les home cinemas), le résultat est impressionnant, le bonheur total et on a l'impression de se trouver en studio à côté de l'artiste. Le DVD audio offre les mêmes avantages sonores mais n'est hélas pas (encore) lisible sur un lecteur CD conventionnel. (S. R.)



TECHNOLOGIE - LOGICIEL LIBRE - PtoP - INTERNET CITOYEN

Le but : faire exploser le montant des factures

LE MULTIMÉDIA MOBILE

[Le Point 31.10.03]
Pour les opérateurs de téléphonie mobile, une nouvelle chasse aux clients s'engage. Après l'I-mode de Bouygues Télécom, SFR et Orange s'engouffrent dans le multimédia mobile. Le 29 octobre, SFR a lancé son service Vodafone Live !. Et, vingt-quatre heures plus tard, Orange a inauguré une offre jumelle baptisée Orange World. Le but : faire exploser le montant des factures à coups de multimédia. « 80 % de nos clients n'utilisent que 20 % des fonctions d'un téléphone mobile », explique Didier Quillot, directeur général d'Orange France. Les opérateurs entrevoient déjà un futur eldorado. Envoi de photos (et même transformation en cartes postales), personnalisation des sonneries, jeux, messages multimédia (MMS), informations...
© le point 31/10/03 - N°1624 - Page 82 - 169 mots



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