Objet : Ca fait froid dans le dos...

Date : lundi 26 juin 2006 16:48

De : Gregoire Seither <gregoire@pobox.com>

À : Yann Le Gigan <Yann Legrand>

Conversation : Ca fait froid dans le dos...

Bien sûr, vous n'avez rien à vous reprocher, vous n'êtes pas un voleur, un terroriste, un pédophile ou un trafiquant de drogue...

--- <<Malgré tout, Mme Bloor refuse de considérer l'ANPR comme un danger pour les libertés publiques : "Les gens honnêtes n'ont rien à craindre de la

police britannique, et ils le savent.">> --

... C'est aussi ce que se disaient les allemands dans les années 30. Mes grand-parents étaient tout ce qu'il y avait d'honnête. Ca ne les a pas empêché....

---

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-783392,0.html

Enquête

Big Brother sur la route

LE MONDE | 14.06.06 | 15h39 &#8226; Mis à jour le 14.06.06 | 15h39

COMTÉ DE STAFFORDSHIRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Vue de l'extérieur, la voiture de police du Constable Jeff Martin, garée

devant le QG de la police routière du comté de Staffordshire, ressemble à

toutes les autres. Mais lorsqu'on s'assied à l'intérieur, on découvre un

équipement électronique ultra-sophistiqué : deux caméras numériques

orientables fixées au plafond à l'avant et à l'arrière, un écran couleur

tactile intégré au tableau de bord, un boîtier GPS, un clavier dépassant

de la boîte à gants...

L'ensemble est piloté par un ordinateur logé dans le coffre, et relié au

réseau informatique général de la police par un émetteur-récepteur

audio-vidéo-data.Les caméras de Jeff Martin ne filment pas le paysage au

hasard : ce sont des machines "intelligentes" dites ANPR (Automatic Number

Plate Recognition, reconnaissance automatique des plaques

d'immatriculation), programmées pour repérer tous les véhicules alentour,

les prendre en photo, calculer leur emplacement par GPS, puis lire et

traiter leurs numéros minéralogiques. Mise au point à l'origine pour

établir des systèmes de péage électronique comme celui qui fonctionne à

Londres depuis 2003, l'ANPR sert désormais à pourchasser les délinquants

dans tout le pays.

Dès que Jeff Martin met le contact, les caméras se mettent à scanner une

rangée de voitures garées dans le parking des visiteurs. Les photos

défilent sur l'écran. Un rectangle jaune apparaît autour de chaque plaque

d'immatriculation, puis une petite sonnerie se fait entendre, indiquant

que le numéro a été lu et comparé au contenu de diverses bases de données

: " Tout va bien, aucune voiture n'est signalée comme intéressante pour

nos services." Bien qu'aucune infraction n'ait été constatée, le système a

mémorisé toutes les photos, coordonnées GPS et numéros collectés sur le

parking, et les a envoyés au centre informatique de la police du comté, où

ils sont archivés, classés et tenus à disposition des policiers en cas de

besoin.

Jeff Martin commence sa patrouille sur une voie rapide, suivi par un

collègue en moto. Même quand il va très vite, ses caméras captent les

plaques des voitures, camions, bus et motos roulant dans les deux sens, ou

garés le long de la route. Soudain, au lieu de la sonnerie habituelle,

l'ordinateur émet un jingle puissant, comme un bruitage de jeu vidéo.

Sur l'écran, à côté de la photo d'une Audi bleue, s'affiche un texte en

rouge indiquant qu'elle est fichée pour défaut d'assurance. Jeff pose un

doigt sur l'écran pour indiquer au système qu'il a bien lu le message,

mais les alertes se succèdent : voitures sans vignette ou sans contrôle

technique, propriétaire conduisant sans permis ou ayant oublié de payer

une amende...

Chaque type d'infraction possède son propre jingle. Selon le cas, Jeff

Martin peut décider d'intercepter lui-même le véhicule ou d'alerter par

radio son collègue à moto. S'ils sont débordés, il peut aussi renoncer :

"Les infractions non traitées ont été enregistrées, on s'en occupera plus

tard."

Jeff Martin arrive à Stoke-on-Trent, la plus grande ville du comté et se

dirige vers un quartier pauvre : "Ici, il y a beaucoup de chômage et de

délinquance, les alertes vont pleuvoir." Au loin, deux jeunes Noirs

occupés à charger des cartons dans une vieille Toyota s'immobilisent en

voyant approcher la voiture de police : "Ces deux-là n'ont pas la

conscience tranquille, mon sixième sens me dit que mon ANPR va sonner."

Effectivement, quand il arrive à leur hauteur, un jingle spécial résonne

dans sa voiture.

L'écran affiche une alerte provenant du service des renseignements de la

police criminelle du comté, qui recense les personnes impliquées dans des

affaires de vol, de drogue et de violence. La Toyota n'a ni assurance ni

vignette, et surtout, elle a été repérée sur les lieux de deux délits

graves, le 23 mai 2005 et le 1er janvier 2006 : "Je peux contacter par

radio le NPC (Centre informatique national de la police) pour en savoir

plus. Je peux aussi les contrôler pour leur problème de vignette et en

profiter pour voir ce qu'ils sont en train de faire. L'ANPR est parfaite

pour harceler les délinquants en voiture, leur rendre la vie impossible.

Ces deux-là ne semblent pas activement recherchés en ce moment, je vais

les laisser tranquilles, mais si demain j'apprends qu'un incident a eu

lieu dans cette rue à cette heure-ci, je les retrouverai facilement."

L'autre tâche de Jeff Martin consiste à collecter des renseignements par

des moyens classiques, pour enrichir les bases de données ANPR : "Par

exemple, je croise un délinquant que je connais de vue, et je le vois

monter dans une voiture neuve. Je note son numéro, et je tape ce

renseignement sur l'ordinateur. Dans l'heure, toutes les brigades ANPR

seront averties quand il passera dans leur secteur. Je peux aussi préciser

si je souhaite qu'ils l'interceptent pour vérification, ou qu'ils se

contentent de me prévenir de son passage."

A ce jour, la police du Staffordshire possède cinq véhicules ANPR, et va

bientôt en recevoir huit autres, ce qui permettra de quadriller nuit et

jour les principaux axes du comté. En outre, elle installe discrètement

des dizaines de caméras fixes dans des lieux stratégiques tels que

carrefours, parkings, rues commerçantes, abords de bars et boîtes de nuit,

zones industrielles, gares, aéroports, station-service, bretelles

d'autoroutes...

La mise en place du réseau est coordonnée par le chef de la police

routière du Staffordshire, Mme Vera Bloor. Dès qu'elle parle de l'ANPR,

Mme Bloor déborde d'enthousiasme : "C'est un outil fabuleux, il a

transformé notre mission et notre façon de travailler. L'analyse fine du

trafic routier est devenue un élément central de la lutte contre toutes

les formes de criminalité, y compris le terrorisme, l'extrémisme

politique, la contrebande. Il est si puissant et si varié que de nouveaux

usages sont inventés tous les jours."

L'ANPR permet aussi de travailler avec des renseignements partiels : "Si

après un cambriolage, des témoins ont vu s'enfuir une Ford verte mais

n'ont pas noté son numéro, nous demanderons au système de repérer toutes

les Ford vertes en train de s'éloigner du lieu du crime, dans toutes les

directions et de capter leurs numéros."

Mais la puissance suprême de l'ANPR réside dans sa capacité à remonter le

cours du temps : "Nous demanderons au système de retrouver toutes les Ford

vertes qui ont roulé en direction du lieu du cambriolage avant qu'il ait

eu lieu. Nous saurons d'où elles venaient, et nous pourrons obtenir un

listing de leurs déplacements antérieurs sur plusieurs mois." L'ANPR peut

être efficace même en l'absence de tout renseignement : "Si nous avons

trois viols commis par le même homme à une semaine d'intervalle dans trois

quartiers de la ville, le système nous dira quelles voitures se trouvaient

près du lieu du crime, à chaque fois, à l'heure dite."

L'ANPR sert aussi à retrouver des témoins : "Si un crime a lieu en pleine

rue un mercredi à 16 heures, mais que personne ne vient témoigner, nous

installons une caméra ANPR à cet endroit, et nous captons les plaques de

tous les véhicules circulant dans cette rue chaque mercredi, vers 16

heures, pendant un mois. Nous repérons les voitures présentes plusieurs

mercredis de suite, et nous interrogeons leurs conducteurs. Parmi eux, il

y en a forcément un qui est passé au moment du crime, et qui a vu quelque

chose." Par ailleurs, la police sait que les gangsters voyagent souvent en

convois de plusieurs voitures : par recoupements et analyses statistiques,

l'ANPR peut donc identifier des "véhicules associés" roulant fréquemment à

proximité d'une voiture déjà surveillée, et les mettre eux aussi sous

surveillance préventive. Les policiers laissent même entendre que des

informaticiens seraient en train d'inventer des logiciels ultrasecrets,

qui permettent de modéliser les trajets des véhicules, et donc de prévoir

leurs "trajets probables" à venir...

Malgré tout, Mme Bloor refuse de considérer l'ANPR comme un danger pour

les libertés publiques : "Les gens honnêtes n'ont rien à craindre de la

police britannique, et ils le savent." Au contraire, selon elle, le

système permet de protéger les droits des justiciables : "Comme les

analyses ADN, l'ANPR peut aussi être très efficace pour innocenter un

suspect accusé à tort. Si je vous soupçonne d'avoir attaqué une bijouterie

dans le centre-ville, et qu'à cette heure-là vous rouliez en voiture en

banlieue, l'ANPR vous disculpera aussitôt."

Les policiers ont le sentiment d'avoir une longueur d'avance sur les

délinquants, qui n'ont pas encore intégré la puissance de cet outil. Cela

dit, Jeff Martin s'aperçoit que certains automobilistes prennent déjà des

contre-mesures : "Ils rabotent la plaque pour qu'elle réfléchisse moins la

lumière, ou espèrent tromper la machine en mettant du ruban adhésif sur

une lettre, en plaçant une vis de fixation au milieu d'un chiffre.

Parfois, on voit un automobiliste faire demi-tour brutalement : il a

repéré la voiture ANPR arrêtée à un carrefour, avec la moto de poursuite à

côté. Mais en général, les autres routes menant au carrefour sont aussi

couvertes par nos caméras."

A peine rodé au niveau local, le système est à la veille d'une nouvelle

révolution. A partir de juillet, toutes les brigades ANPR d'Angleterre et

du Pays de Galles enverront en temps réel leurs photos et leurs relevés de

plaques vers une base de données unique, baptisée National ANPR Data

Centre, et située à Hendon, près de Londres. Ce nouveau fichier national

centralisé ne se contentera pas de stocker les informations sur les

voitures recherchées ou suspectes : il va archiver la totalité des relevés

concernant tous les véhicules contrôlés au hasard.

Selon M. John Dean, coordonnateur du programme au sein de l'Association

nationale des chefs de police (ACPO), le centre serveur est configuré pour

stocker dès à présent 50 millions de relevés par jour, et plus tard 100

millions - ce qui représentera sans doute l'essentiel des déplacements des

30 millions de véhicules circulant en Grande-Bretagne : "Nous pourrons

suivre à la trace une voiture suspecte à travers tout le pays, connaître

dans le détail tous les déplacements d'un trafiquant ou d'un terroriste.

Par ailleurs, nous retrouverons les voitures volées plus facilement : si

une même plaque est relevée à Londres à 12 heures et à Manchester à 12 h

30, l'ordinateur comprendra qu'on ne peut pas faire ce trajet en une

demi-heure, il en déduira que l'une des plaques est fausse et lancera une

alerte (...). Pour les affaires intéressant la sécurité nationale, nous

avons mis en place un système de marqueurs silencieux : les unités

spéciales anticriminalité seront alertées, mais pas la police locale."

Cela dit, M. Dean reconnaît que la masse de petits délits constatés sera

sans doute ingérable : "Environ 1 % des véhicules sont intéressants pour

la police, mais nous estimons que, dans un premier temps, la police pourra

intercepter seulement 10 % des automobilistes en infraction lors du

premier signalement. Mais, pour nous, la collecte de renseignements est

aussi importante que la répression. Nous connaîtrons bientôt la fréquence

d'utilisation de tous les types de véhicules par profils de conducteurs :

tranche d'âge, profession, niveau de revenus..."

En règle générale, les données contenues dans le National Data Centre

seront à la disposition de la police pendant 90 jours, mais ce délai sera

porté à deux ans pour les officiers enquêtant sur un délit grave, et à

cinq ans dans les affaires de meurtre et de terrorisme. M. Dean affirme

qu'ensuite les données seront détruites, mais il y a encore une exception

: "Si un inculpé veut porter plainte contre la police pour arrestation

arbitraire, il a sept ans pour se décider. Dans les cas litigieux, il

faudra donc avoir accès aux données ANPR pendant tout ce temps."

La police n'est pas la seule à s'intéresser à l'ANPR. Comme presque toutes

les villes britanniques, Stoke-on-Trent possède déjà un réseau très dense

de caméras vidéo haute définition, manoeuvrables à distance et équipées de

zooms pour surveiller nuit et jour les rues du centre-ville. A présent, la

mairie souhaite le moderniser en le dotant du système ANPR.

Son responsable, M. Stuart Bryce, explique que les services municipaux

collaboreront avec la police pour relever les infractions, et mèneront

parallèlement leurs propres opérations : "L'ANPR est un fantastique outil

de planification urbaine. Il nous servira à étudier en détail les trajets

en voiture de tous les habitants, ce qui nous aidera à mieux gérer le

trafic urbain et les parkings, à repenser les transports en commun et les

infrastructures routières."

En plus de son réseau fixe, Stoke-on-Trent va acheter deux camionnettes

ANPR, ainsi que des caméras mobiles sans fil, qui pourront être placées

n'importe où, selon les besoins du moment.

M. Bryce n'a pas l'intention de s'arrêter là. Son réseau sera aussi doté

du système ISAS (analyse intelligente des situations), capable de déceler

automatiquement un comportement "anormal", et de lancer une alerte dans la

salle de contrôle : "Grâce à de nouveaux logiciels, le système apprendra

peu à peu à repérer une voiture qui zigzague, qui change d'allure

brutalement, ou qui s'arrête dans un endroit dangereux."

Il pourra aussi signaler un camion dégageant trop de fumée, un piéton dans

un tunnel ou un paquet abandonné sur un trottoir : "Quand un réseau de

surveillance dépasse une certaine taille, les opérateurs sont submergés

par le flot d'images. La seule solution est que les machines fassent

preuve de discernement, et aident les humains à identifier les incidents.

Dès lors, il n'y a plus de limites."

Yves Eudes

Article paru dans l'édition du 15.06.06

Big Brother surveille les automobilistes britanniques

"Big Brother" surveille les automobilistes britanniques

LEMONDE.FR 27.12.05

2,7 millions de caméras réparties aux quatre coins du pays : le

comportement des automobilistes britanniques sera bientôt surveillé en

permanence. La Grande-Bretagne devrait en effet généraliser à l'ensemble

du territoire son système de reconnaissance automatique des plaques

d'immatriculation, connu sous le nom d'ANPR (Automatic Number Plaque

Recognition). "Grâce à un réseau de caméras capables de lire

automatiquement les plaques minéralogiques de tous les véhicules qui

passent à leur portée, on projette de créer une énorme banque de données

des déplacements motorisés, de manière à ce que la police et les services

de sécurité soient en mesure d'analyser n'importe quel trajet effectué par

un conducteur, cela sur plusieurs années", écrivait The Independent dans

son édition du 22 décembre. Dès 2006, les déplacements des automobilistes

seront enregistrés sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur

vingt-quatre.

Le dispositif, combinant vidéosurveillance intelligente, bases de données

de la police, des douanes et du DVLA (Driver and Vehicule Licensing

Agency), permet de repérer les délits ou crimes. Véhicules non assurés ou

volés, automobilistes impliqués dans des accidents de la route ou

activités suspectes, chaque comportement est passé au crible.

Depuis 2002, le ministère de l'intérieur britannique a lancé trois projets

pilotes baptisés Spectrum, Laser 1 et Laser 2 pour expérimenter la

technologie ANPR. Vingt-trois équipes de policiers ont été équipés de la

technologie ANPR. Ils affichent des résultats significatifs.

ARRESTATIONS MULTIPLIÉES PAR DIX

L'association des policiers britanniques (Association of Chief Police

Officers of England, Wales and Northern Ireland, ACPO), citée par la BBC,

a constaté que le dispositif ANPR avait permis de multiplier par dix les

arrestations et les poursuites. 180 543 véhicules ont ainsi été contrôlés

par ces 23 équipes de policiers. 13 499 personnes ont été arrêtées, dont 3

300 pour infractions au code de la route, 2 263 pour vol et 1 107 pour

trafic de drogue. Selon Frank Whiteley, chef de la police du Hertfordshire

et président du comité directeur de l'ACPO pour la reconnaissance

automatique de plaques d'immatriculation, l'ANPR constitue "une étape

principale pour débarrasser les routes [britanniques] de ses criminels".

"La police intègre désormais la technologie ANPR dans son travail

quotidien comme un outil principal", a-t-il expliqué aux journalistes de

la BBC."Cette technologie nous permet notamment d'identifier les

récidivistes", confirme un autre policier, le lieutenant Gary Grant. Selon

l'association, la généralisation du système devrait permettre d'arrêter

219 000 personnes supplémentaires chaque année au niveau national.

Les chefs de police sont sur le point de négocier des accords avec la

société des autoroutes, les supermarchés et les propriétaires de

stations-service, pour inclure dans le réseau leurs propres caméras de

télévision en circuit fermé, affirme The Independent. En plus de

rechercher chaque numéro d'immatriculation dans une liste de véhicules

volés ou suspects de l'ordinateur national de la police, le centre

national de données, situé près de Londres, vérifiera aussi la carte

grise, l'assurance et le contrôle technique de chaque véhicule.

Dès mars 2006, les données recueillies par les milliers de caméras seront

recoupées dans une base centralisée et conservées deux ans, puis cinq ans

à terme. Les caméras visualiseront plus de 35 millions de plaques

d'immatriculation par jour. Le gouvernement compte atteindre les 100

millions de plaques par jour.

LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME

Le MI5 &#8211; les services secrets britanniques &#8211; aura également

accès à la base de données. "Il est clair qu'un tel système peut servir à

l'antiterrorisme", a expliqué M. Whiteley. La technologie ANPR a notamment

permis de retracer le parcours effectué par les kamikazes du 7 juillet

2005, dans les heures précédent l'attentat. Et le dispositif intéresse

aussi la police française : une délégation de policiers, d'experts et de

gendarmes français s'est rendue en Grande-Bretagne au mois de novembre

pour étudier le dispositif.

Le système est cher &#8211; la généralisation de cette technologie devrait

coûter 35 millions d'euros à la Grande-Bretagne en 2006. Mais le

gouvernement prévoit que les conducteurs sanctionnés paieront, via leurs

amendes, le développement du réseau de vidéosurveillance. L'augmentation

du nombre de contraventions pourrait rapporter près de 160 millions

d'euros supplémentaires à l'Etat chaque année.

APPLICATIONS COMMERCIALES

Face aux accusations de certaines associations, qui reprochent au

dispositif de limiter la liberté individuelle, la police britannique,

citée par la BBC, a trouvé la parade : "La beauté réelle de cette

technologie est qu'elle identifie uniquement les véhicules qui sont

suspectés d'un délit ou d'un crime", explique Gary Grant sur le site de la

BBC.

Mais cette technologie pourrait satisfaire d'autres objectifs que ceux de

sécurité publique. Dès les premiers tests, la société de sécurité

Westminster International énumérait les nombreux usages de ce dispositif,

notamment la reconnaissance des conducteurs &#8211; par exemple, des

handicapés ou des personnalités importantes &#8211;, la gestion du trafic

ou encore les études démographiques. "Une fois la plaque d'immatriculation

capturée, les utilisations qui peuvent en être faites sont quasi

illimitées, affirme Westminster International sur son site.

La connaissance du 'profil' des consommateurs et de leurs habitudes à des

fins marketing ne connaît pas de limites." Parmi les clients

potentiellement intéressés par l'ANPR, le prestataire anglais compte,

entre autres, les aéroports, les banques, les usines, les hôtels, les

hôpitaux, les prisons et les supermarchés.

Lemonde.fr, avec la BBC et "The Independent"