Aux Etats-Unis, la fraude électorale institutionalisée est probablement un scandale plus grand encore que le 11 Septembre et la Guerre en Irak. Et maintenant le système s'exporte au Mexique... Greg Palast tire les parrallèles.
LE PARTI RÉPUBLICAIN A COMPRIS QUE POUR GAGNER UNE ÉLECTION, L'IMPORTANT N'EST PAS DE RECUEILLIR PLUS DE VOTES QUE L'ADVERSAIRE MAIS DE RÉUSSIR À FAIRE EN SORTE QUE LES BULLETINS DE VOTE DE L'ADVERSAIRE NE SOIENT PAS COMPTÉS.
[Greg Palast - correspondant à Mexico City - 17.07.06]
A ce jour, dans le Capitole de Mexico près d'un milion de bulletins de vote sont entassés dans des sacs, sans avoir été ajoutés aux résultats des élections. Cela représente quatre fois plus de voix que la "marge officielle" accordant la victoire au candidat sortant contre Lopez Obrador. La thèse officielle est qu'il s'agit de "votes nuls", illisibles ou mal remplis. Mais, comme par hasard, quand on ouvre les paquets au hasard, on découvre qu'il s'agit avant tout de votes pour Lopez Obrador.
Si vous haussez les épaules en vous disant que c'est une affaire mexicaine, réflechissez un peu. Car c'est exactement ce qui s'est passé en Floride en 2000 et dans l'Ohio en 2004. Lors des élections de 2000, en Floride, 179,855 bulletins avaient été annulés parcequ'ils "n'indicaient pas de choix de candidat". Quand la "US Civil Rights Commission" a analysé ces bulletins, elle a découvert que 54% des "bulletins nuls" en Floride provenaient de bureaux de vote dans des communautés noires. Est-ce qu'il faut en déduire qu'une majorité de noirs en Floride a oublié de cocher un choix sur son bulletin, n'a pas pu se décider entre tous les candidats ou bien, comme l'a suggéré un commentateur sur Fox News, est-ce qu'ils étaient trop bètes pour comprendre comment se servir de leur bulletin de vote ? Pas du tout. Les machines à décompter n'arrivent pas à compter certains bulletins, mais des humains le peuvent.
Ainsi, face au design confus des bulletins, de nombreux électeurs avaient confirmé leur choix en écrivant "Al Gore" sur leur bulletin, entraînant son invalidation par la machine. Si l'annotation peut rendre difficile l'évaluation du bulletin par une machine, elle ne pose aucun problème à un évaluateur humain qui sera parfaitement capable, d'un coup d'oeuil, de déterminer pour qui a voté l'électeur.
Le "National Opinion Research Center" de l'Université de Chicago passa en revue la totalité des 179,855 "bulletins impossibles à évaluer" et découvrit que la majorité d'entre eux étaient des votes pour Al Gore. Elle déposa une demande auprès de la Commission Electorale pour que les bulletins ainsi re-évalués soient ajoutés au décompte -- mais la Secrétaire d'Etat pour la Floride, Katherine Harris, ordonna la fin du décompte.
De cette manière Bush fut élu non pas par un décompte des bulletins de vote mais en empéchant que ces bulletins soient comptés. Et il fut re-élu de la même manière en 2004 quand 250 000 bulletins de vote furent déclarés "nuls" par la Comission Electorale de l'Ohio.
Mais pourquoi se focaliser sur la Floride et l'Ohio ? Voici une petite information sur les pratiques électorales au Pays de la Liberté qui n'a pas été publiée par vos journaux: 3 600 380 bulletins électoraux mis dans l'urne pour les élections présidentielles 2004 ne furent jamais comptés. Lors des élections 2000, les bulletins non-comptés étaient moins de deux millions. . .
Au Mexique, Lopez Obrador a renforce sa contestation juridique par un coup de force politique en demandant aux électeurs de tout le pays de marcher sur la capitale pour réclammer le recomptage des votes. Deux millions de personnes sont attendues ce Dimanche, 30 juillet, a Mexico-City. La classe dirigeant a pris peur et on commence à parler d'annulation des élections. Même le très conservateur "Financial Times" a mis en garde l'élite au pouvoir au Mexique : ne faites pas l'erreur d'ignorer la demande d'un recompte des voix.
Pendant ce temps là, au Nord de la frontière, les Démocrates n'ont toujours pas compris. Le Parti républicain, lui, a parfaitement compris le système : il met en place des "bulletins provisoires", il renforce les exigences en matière d'identification des électeurs (ce qui permet d'en éliminer un bon nombre), il compile secrètement des listes de "zones électorales à risque" (où il faut l'influence des électeurs connus pour voter pour l'adversaire), il fait le ménage dans les listes électorales (éliminant les "mauvais" électeurs) et couvre le pays d'un réseau de "machines à voter" informatisées qui ont montré leur capacité à fabriquer des millions de bulletins "impossibles à évaluer". Ils ont parfaitement compris comment cela fonctionne désormais. Le Parti républicain sait que l'important, pour gagner une élection, n'est pas de recueillir plus de votes que l'adversaire. L'important est de réussir à faire en sorte que les bulletins de vote de l'adversaire ne soient pas comptés.
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