CHRISTIAN BOISSERY
Avocat à la Cour
Ancien BâtonnierNouméa le 25 mars 1994
Réf. à rappeler : CB / DM 4221
Affaire : DIJOU & UICHI
V / R : C / M.P.
MONSIEUR GUY DIJOU
BP 491
NOUMEACher monsieur
J'ai l'honneur de vous confirmer que je me suis constitué pour la défense de vos intérêts auprès du juge d'instruction chargé de ce dossier.
Je ne manquerai pas de vous tenir informé du suivi.
Vous voudrez bien me couvrir de la note d'honoraires jointe.
Vous en remerciant par avance, je vous prie de croire cher monsieur, en l'assurance de mes sentiments les plus dévoués.
CHRISTIAN BOISSERY.
P.J. : 1
NOTE D'HONORAIRES
PROCEDURES PENALES CONTRE LE MINISTERE PUBLIC.
Provision sur frais et honoraires : 250 000 FRS
+ T.G.P.S. ( 3 % ) : 7 500 FRS
TOTAL : 257 500 FRS
En votre aimable règlement.
CHRISTIAN BOISSERY.
IMMEUBLE LE SURCOUF 41, RUE DE SEBASTOPOL - TEL : 27.89.84 - BP 4132 NOUMEA
MEMBRE DE LA SOCIETE DE MOYENS C.R.C.B.
SOCIETE GENERALE 18319 06701 0817190101302
CPTE CARPANC SGCB 18319 10001 2002000010337
TELEFAX : ( 687 ) 27.63.93
NOTE SUPPLEMENTAIRE
Si "maître" CHRISTIAN BOISSERY a bien encaissé ladite somme, le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'en fut pas à la hauteur, loin de là...
Ainsi qu'il était clairement indiqué dans ce dossier, je m'étais séparé de cet avocat ayant préféré sauvegarder le drapeau français plutôt que l'intérêt de son client.
C'est à partir de la prison de METZ-QUEULEUE que j'avais sollicité ce dernier pour ma défense, démarche également effectuée par JACKY UICHI après concertation.
Je rappelle que maître CHRISTIAN BOISSERY m'avait déjà défendu dans une affaire de vol de matériel de transmission dans la société HAM TRONIQUE le 1er mars 1987 à NOUMEA.
Cette opération qui avait tourné court, concernait des postes de radio émetteurs et récepteurs, des walkies-talkies etc.
Arrêté après avoir été reconnu par le policier calédonien MICKAËL TESSIER, je fus incarcéré au pénitencier du CAMP-EST pendant 9 mois à partir du 03 mars 1987.
Le 28 novembre 1987, bénéficiant d'une mise en liberté provisoire, je fus placé sous contrôle judiciaire pendant un peu moins d'une année avant d'être jugé devant le tribunal correctionnel de NOUMEA.
La sentence était couverte par la détention préventive effectuée auparavant, mais celle-ci fut"annulée" par une amnistie tombant au bon moment.
Cette amnistie était principalement destinée à couvrir les militants kanaks arrêtés dans le cadre de la première affaire d'OUVEA où il y eut 25 morts en 1988.
Au cours de cette première incarcération, je fus interrogé par le juge d'instruction MICHEL BLANC, à qui je dis un jour :
" Nous savons qu'il va y avoir de nouveaux troubles en NOUVELLE-CALEDONIE, et nous nous y préparons ! ".
J'avais même rajouté :
" La gendarmerie n'a rien fait pour nous protéger en 1984, et dans certains endroits c'est le contraire qui s'est produit !
N'ayant pas reçu d'ordre en conséquence, c'est la population calédonienne qui a protégé les gendarmes, comme à OUEGOA ".
Une petite anecdote :
Alors que la NOUVELLE-CALEDONIE était complètement bloquée par des barrages routiers mis en place par le F.L.N.K.S., que des maisons de colons brûlaient, que les fusils crachaient la mort, les gendarmes de VOH faisaient la bamboula bien à l'abri des murs de leur gendarmerie...
Excédé, un homme de la région avait jeté quelques bâtons de dynamite par-dessus le mur d'enceinte, afin qu'ils cessent leur petite fête complètement déplacée.
En effet c'est également cela,"les événements de 1984"
Mais revenons au juge d'instruction MICHEL BLANC qui m'avait alors répondu :
" Non monsieur DIJOU, c'est fini maintenant.
je ne pense absolument pas que des événements comme ceux de 1984 puissent se reproduire à l'avenir... ".
Comme j'aimerai l'avoir en face de moi celui-là !
Comme j'aimerai lui parler de la mort de JOSE LAPETITE, d'ALBERT SANGARNE, et de tous les morts d'OUVEA, noirs et blancs !
Comme j'aimerai lui parler de toutes les saloperies cachées dans le drapeau français et"sa justice", si on peut appeler"justice" la foutaise actuelle !
Et je ne parle pas des pantins locaux qui osent se faire appeler"maîtres"...
CHRISTIAN BOISSERY.
Avocat à la Cour
Ancien BâtonnierNouméa le 08 juillet 1994
Réf. à rappeler : CB / K 4345
Affaire : C / X
V / R :
MONSIEUR GUY DIJOU
BP 491 - 98845 NOUMEA CEDEXCher monsieur
J'ai l'honneur de vous faire savoir que conformément à vos instructions, je dépose ce jour entre les mains de monsieur le procureur de la république la plainte que vous m'avez transmise.
Je vous tiendrai informé du suivi.
Vous voudrez bien me couvrir la note d'honoraires jointe.
Vous en remerciant par avance, je vous prie de croire cher monsieur, en l'assurance de mes sentiments dévoués.
CHRISTIAN BOISSERY.
P.J. : 1 note d'honoraires.
NOTE D'HONORAIRES
AFFAIRE C / X...
PLAINTE ENTRE LES MAINS DE MONSIEUR LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE.
Provision sur frais et honoraires : 250 000 FRS
+ T.G.P.S. ( 3 % ) : 7 500 FRS
TOTAL: 257 500 FRS
En votre aimable règlement.
CHRISTIAN BOISSERY.
NOTE SUPPLEMENTAIRE
Cette note d'honoraires n'a jamais fait l'objet d'un quelconque règlement de ma part.
La cause en est dans l'attitude de maître CHRISTIAN BOISSERY au cours de"l'instruction" diligentée par le juge d'instruction MARTINE VARACHE.
Ce courrier de maître CHRISTIAN BOISSERY a au moins le mérite de prouver l'existence d'une de mes nombreuses plaintes déposées auprès du procureur YVES LEBOURDON.
A ce sujet, il me paraît utile de rappeler les déclarations de ce"procureur" dans LES NOUVELLES CALEDONIENNES n° 6847 du 07 mars 1994, avec sa photo à l'appui :
" Nous allons rouvrir de vieux dossiers... ".
Paroles reprises par le journal de l'U.S.T.K.E. COMBAT OUVRIER n° 27 du 10 mars 1994, journal devenu bien silencieux après que HNALAINE UREGEI, frère de LOUIS KOTRA UREGEI, ait été prévenu de toutes ces saloperies françaises.
Un silence de plus !
Procureur YVES LEBOURDON, était-ce bien utile de me dire :
" Cela reste à voir ", en agitant vos deux mains dans un geste dubitatif, lorsque je vous avais déclaré :
" Je n'ai pas de sang sur les mains ! ".
Souvenez-vous"procureur" YVES LEBOURDON, la scène s'était déroulée dans le bureau jouxtant celui du chef de service pénitentiaire PASCAL WACAPO, au CAMP-EST.
Souvenez-vous"procureur" YVES LEBOURDON, le"juge d'instruction" MARTINE VARACHE était à vos cotés, toute émoustillée d'avoir un bon gros dossier à se mettre sous la dent, pour mieux faire marche arrière toute ensuite !
Exactement comme vous, après le dépôt de toutes ces plaintes dont vous n'avez pratiquement jamais ordonné l'instruction !
Souvenez-vous"procureur" YVES LEBOURDON, cette dernière me débitait tout son"charabia" juridique alors que je venais tout juste d'être transféré par avion de la FRANCE vers la NOUVELLE-CALEDONIE dans l'après-midi du 18 mars 1994.
Souvenez-vous"procureur" YVES LEBOURDON, du convoi"spécial" dont j'ai fait l'objet après le cinéma de la descente d'avion à TONTOUTA, affublé d'un gilet pare-balles et entouré de gendarmes mobiles ( et"autres" ) depuis l'aéroport jusqu'à l'intérieur même du CAMP-EST !
L'un des"acteurs" était armé d'un calibre 12"RIOT-GUN", peut-être du même modèle que celui utilisé pour abattre PIERRE DECLERCQ le 19 septembre 1981...
Ce gendarme surveillait les arbres du 'CON-EST", et il était prêt à tirer !
On ne sait jamais, c'est très dangereux une branche d'arbre tombant sur la tête d'un gendarme n'est-ce pas ?
Quel spectacle minable pour mieux dissimuler les saloperies françaises en NOUVELLE-CALEDONIE, saloperies que je devais découvrir un peu plus tard en commun avec JOSEPH WANANIJE...
Souvenez-vous bien de tout cela"procureur" YVES LEBOURDON, souvenez-vous car jamais je n'oublierai les gens de votre espèce !
DIJOU GUY
A
MAITRE CHRISTIAN BOISSERY
AVOCAT A LA COUR
BP 4132 NOUMEALE 21 AOUT 1994
Par la présente, j'ai l'honneur de vous informer que je prends acte de votre refus de me faire parvenir les copies des plaintes déposées par vos soins le 08 juillet 1994 chez le procureur de la république.
En effet, les sollicitations successives de ma mère BERNADETTE DIJOU et ma demande écrite sont toutes restées vaines jusqu'à ce jour.
Il me semble utile de vous rappeler le code de déontologie régissant votre profession, à savoir que la défense de votre client doit primer sur toute autre forme d'intérêt.
Veuillez agréer maître, l'expression de mes sentiments distingués.
GUY DIJOU.
COPIES : Madame BERNADETTE DIJOU - Monsieur le bâtonnier du barreau de NOUMEA - Monsieur le procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
NOTE SUPPLEMENTAIRE
La réponse à ce courrier et la note supplémentaire sont assez intéressantes ( voir lettre de maître CHRISTIAN BOISSERY en date du 23 août 1994 ).
Il convient tout de même de préciser que je n'ai pas écrit cette lettre sur un simple coup de tête, mais bien parce que je m'étais rendu compte de l'attitude plus que douteuse de mon avocat...
En effet lors de notre dernier entretien au CAMP-EST, celui-ci était très silencieux, me laissant parler de tout ce que nous avions découvert JOSEPH WANANIJE et moi.
L'entretien ou plutôt le monologue s'était poursuivi jusqu'à la sortie du bâtiment des parloirs où se tenait le gardien ERIC GUIGLION.
Mes paroles avaient été très nettes :
" Alors ? Vas-y fonce ! Ils ont fait une fausse signature dans le dossier des perquisitions, ils ont envoyé eux-mêmes des stagiaires kanaks en LIBYE, un gendarme a escamoté le dossier du coffre-fort de la S.L.N. de THIO, pour ensuite me demander de fournir un faux témoignage... Vas-y, attaque, mords ! ".
En fait, je crois plutôt qu'il a mordu dans un gros gâteau parfumé au fric français !
Il y a quelques semaines, j'ai demandé à ce même gardien :
" Chef, est-ce que tu te souviens de ce que j'ai dit là-bas à"maître" CHRISTIAN BOISSERY, à la sortie des parloirs ? ".
Réponse du gardien ERIC GUIGLION :
" Je m'en souviens très bien GUY, mais tu sais, tout est pourri ! ".
Oui, tout est pourri !
Tellement pourri qu'ANGELO WAHOO s'est suicidé le 10 juin 1994
Il était incarcéré au bloc C d'isolement dans la cellule n° 1, JOSEPH WANANIJE occupant la cellule n° 2 et moi la cellule n° 6. (nous changeâmes tous deux de cellules après la saisie de la plainte conjointe du 30 juillet 1994... ).
Avant de tuer une personne avec une arme à feu, raison de son incarcération, ANGELO WAHOO avait été très proche de RAOUL LAPETITE lorsque celui-ci s'était retiré dans la chaîne centrale montagneuse de la NOUVELLE-CALEDONIE, région de VOH.
S'il avait un psychisme fragile, ANGELO WAHOO n'en était pas moins intelligent :
Malgré notre façon de parler plus ou moins codée entre JOSEPH WANANIJE et moi, il avait compris l'essentiel à savoir que nous nous étions tous fait blouser !
Cela, il le supportait très mal...
C'est ainsi qu'il fit deux crises nerveuses après avoir écrit au directeur du CAMP-EST pour lui demander entre autre sa mutation du bloc d'isolement.
Lors de la première crise, le S.A.M.U avait été appelé de nuit par le surveillant-chef de garde.
Je sais ainsi que d'autres détenus, qu'une des raisons principales de ces crises était l'absence de réponse à sa demande de mutation adressée au directeur YVES DUPAS, 10 à 15 jours avant son suicide.
Après une journée passée à l'infirmerie du CAMP-EST, il fut placé en cellule de punition au bloc E le 06 juin 1994, car il avait brisé le miroir de sa cellule d'isolement du bloc C lors de sa dernière crise nocturne, paraît-il...
Toujours est-il qu'il se suicida dans cette petite cellule en se pendant aux barreaux à l'aide de son sweat-shirt le 10 juin 1994.
Quand je fis part à maître CHRISTIAN BOISSERY de ces faits graves et des conditions d'incarcération du CAMP-EST par écrit, celui-ci me déclara au cours d'un parloir :
" ANGELO WAHOO ? Laisse tomber ! Tu as vu comment il a tiré sur l'autre aux tours de SAINT-QUENTIN... ".
Voilà ce que méritait la vie d'un détenu certes pas un saint, dans la bouche d'un avocat véreux !
Je connaissais bien ANGELO WAHOO pour l'avoir côtoyé chez RAOUL LAPETITE dans la chaîne centrale, à VOH.
Lorsque ANGELO WAHOO fut incarcéré pour meurtre, je m'étais moi-même chargé de collecter de l'argent parmi les sympathisants de notre cause. Après accord de RAOUL LAPETITE cet argent avait été remis à maître ANTOINE DE BROSSES, afin que celui-ci assure la défense d'ANGELO WAHOO et approvisionne le pécule de ce dernier au CAMP-EST.
Cet avocat m'avait été très fortement recommandé par RAOUL LAPETITE lui-même, car il avait été en relation avec ce dernier. C'était au sujet de l'affaire de TIENDANITE et de ses conséquences, il me semble... D'autre part, maître ANTOINE DE BROSSES s'occupait également du dossier de la mort de JACQUES LAPETITE survenue dans un accident de la circulation à VOH le 20 septembre 1991.
C'est à ce titre et par mon intermédiaire que RAOUL LAPETITE avait invité à plusieurs reprises maître ANTOINE DE BROSSES à venir passer quelques jours dans"la brousse calédonienne". Maître ANTOINE DE BROSSES m'avait alors répondu : " Oui, j'irai un de ces jours... ".
Un jour je fus prévenu en urgence par"l'ancien de l'O.A.S.", celui qui m'avait remis les cartouches de 9 mm de l'armée française, qu'ANGELO WAHOO avait fait des déclarations accusant RAOUL LAPETITE.
Il avait déclaré que toutes les armes provenant du vol commis dans l'armurerie BALLANDE le 29 novembre 1986 se trouvaient chez ce dernier, dans la chaîne centrale...
Cela n'a jamais été le cas !
Dès lors, l'argent collecté fut dévié vers RAOUL LAPETITE, en l'occurrence pour le dossier de son fils JACQUES, maître ANTOINE DE BROSSES n'assura pas la défense d'ANGELO WAHOO et je cessai toute collecte d'argent au profit de ce dernier.
Lorsque je fus incarcéré au bloc C d'isolement le 18 mars 1994, je demandai calmement à ANGELO WAHOO les raisons de cette attitude.
Celui-ci me répondit que FOTE TROLUE alors juge d'instruction, l'avait très fortement incité à faire une déclaration dans ce sens afin d'être jugé rapidement et pour ne pas croupir inutilement en détention provisoire.
Le suicide d'ANGELO WAHOO est décrit dans la plainte globale contre le pénitencier du CAMP-EST adressée le 25 octobre 1994 au procureur YVES LEBOURDON.
Le dernier exemplaire de cette plainte a été expédié à monsieur le président de la république française par voie recommandée avec accusé de réception le 04 novembre 1996.
Elle était accompagnée de nombreuses autres plaintes.
Un dernier détail qui mérite d'être souligné :
Maître ANTOINE DE BROSSES avait été choisi par RAOUL LAPETITE lui-même parce qu'il avait totalement confiance en cet homme. Ce n'est plus mon cas, car ce dernier était membre du conseil local de l'ordre des avocats en 1996, année d'une foutaise de procès d'assises !
Et surtout, que l'on ne vienne pas me dire qu'il n'était pas informé :
MAITRE ANTOINE DE BROSSES ETAIT PRESENT DANS LA SALLE D'AUDIENCE DU TRIBUNAL LORS DE CE PROCES D'INIQUITE !
CHRISTIAN BOISSERY
Avocat à la Cour
Ancien BâtonnierNouméa le 23 août 1994
Réf. à rappeler : CB / P. CH 4345
Affaire : C / X
V./ R :
MONSIEUR GUY DIJOU
BP 491 - 98845 NOUMEA CEDEXMonsieur
J'accuse réception ce jour de votre correspondance du 21 août 1994.
Le ton de celle-ci m'a fort surpris puisque aucune demande de communication des plaintes des 02 et 09 juillet ne m'a été formulée.
Vous trouverez ci-joint copie de ces deux documents.
Compte tenu du fait qu'il n'existe plus les relations de confiance devant présider aux rapports d'un avocat avec son client, vous voudrez bien me confirmer que je ne suis plus votre conseil.
Veuillez agréer monsieur, mes sentiments distingués.
CHRISTIAN BOISSERY.
P.J. : 2 plaintes.
NOTE SUPPLEMENTAIRE
" Aucune demande de communication des plaintes des 02 et 09 juillet ne m'a été formulée... ".
C'est faire bien peu cas des demandes réitérées de ma mère à l'adresse de la secrétaire de maître CHRISTIAN BOISSERY.
C'est faire bien peu cas des appels téléphoniques réitérés du père de JOSEPH, ALPHONSE WANANIJE, à l'étude de maître CHRISTIAN BOISSERY.
Complètement dégoûté par l'attitude de cet avocat, ALPHONSE WANANIJE avait fini par lui dire :
" Si c'est comme ça, vous n'avez qu'à garder ces plaintes ! ".
C'est faire bien peu cas de ma demande écrite expédiée à ce dernier par courrier interne du CAMP-EST, demande écrite qui 'se serait envolée", tout simplement
Pour cette raison, j'avais déposé une nouvelle plainte pour violation des droits de la défense auprès du procureur de la république YVES LEBOURDON, contre le directeur du CAMP-EST YVES DUPAS.
Cette plainte figure dans le présent dossier et elle est datée du 08 septembre 1994 ; elle ne fut jamais instruite.
JOSEPH WANANIJE et moi venions tout simplement de découvrir qu'il était impossible de faire confiance à quelqu'un, encore moins à"maître" CHRISTIAN BOISSERY !
Je venais également de découvrir qu'il était absolument indispensable de rédiger mes écrits en de nombreux exemplaires.
Quel travail supplémentaire lorsqu'on est seul au fond d'une cellule d'isolement !
En fait, nous désirions tous deux recevoir un exemplaire de toutes nos plaintes afin de les inclure dans la plainte globale cosignée du 30 juillet 1994.
Ainsi, il n'y aurait plus eu qu'une seule plainte conséquente démontrant la responsabilité indéniable des services spéciaux français au fil des affaires exposées dans celle-ci.
Je devais découvrir bien plus tard que maître CHRISTIAN BOISSERY, FRANCK WAHUZUE, BERNARD DE GOUTTES ainsi que de nombreuses personnalités politiques locales figuraient sur une photographie de 'famille" prise le 12 juillet 1983 à NAINVILLE-LES-ROCHES ESSONE FRANCE.
A la fin d'une grande réunion politique, ils étaient 32 à poser pour"la postérité", sur le perron d'un château appartenant au ministère de l'intérieur français...
Le moins que l'on puisse dire, c'est que les 24 / 25 / 26 avril 1996, maître CHRISTIAN BOISSERY fut bien silencieux devant cette cour d'assises-bidon ; il"défendait" pourtant JACKY UICHI, comme il m'avait d'ailleurs "défendu" auparavant...
Il est vrai qu'il avait en face de lui le procureur général BERNARD DE GOUTTES, après avoir posé ensemble sur cette fameuse photographie de NAINVILLE-LES-ROCHES...
Une très vielle connaissance en quelque sorte
Avant de devenir procureur général de la république en NOUVELLE-CALEDONIE, ce triste sire avait sévi dans un service d'état s'occupant particulièrement des matières premières nécessaires pour la FRANCE, comme le nickel calédonien par exemple...
Toujours au sujet de la"défense" assurée par"maître" CHRISTIAN BOISSERY, il est à noter que JACKY UICHI et moi avons fait l'objet de deux gardes à vue successives :
- La première au commissariat de THIONVILLE, en FRANCE,
- La seconde à la brigade de recherches de la caserne MEUNIER, à NOUMEA.
Curieux procédés judiciaires...
Lorsque j'en informai maître CHRISTIAN BOISSERY à l'époque où il me"défendait"encore, celui-ci me répondit alors :
" Ce n'est pas normal ! Lorsque je verrai le juge d'instruction, je le lui dirai ; ça ne va pas du tout... ".
En fait il ne dit rien du tout mais baissa plutôt la tête lorsque je déclarai au juge d'instruction MARTINE VARACHE :
" Vos deux gardes à vue successives ne sont pas légales ! ".
Réponse du juge d'instruction :
" Vous dites n'importe quoi ! Elles sont légales car elles ne concernent pas les mêmes affaires... ".
Avec le recul, on comprend aisément pourquoi cette deuxième garde à vue était absolument nécessaire...
Celle-ci permit au gendarme MARC REVAULT de passer ses marchés douteux avec JACKY UICHI dans un premier temps, et avec tous les deux dans un second temps :
Dossiers escamotés, nombre restreint d'arrestations, demande de faux témoignages etc.
Comme cela était"impossible" au niveau du juge d'instruction, c'est ce gendarme qui fut chargé de dégrossir le dossier, c'est vraiment le cas de le dire !
Ce petit plan véreux avait été parfaitement mis au point pendant les 39 jours précédant notre retour en NOUVELLE-CALEDONIE, JACKY UICHI étant rapatrié le 20 mars 1994.
Une sordide machination française et... locale, il faut le dire !
Pourtant, comme tous les plans véreux, un grain de sable devait s'y incruster sous forme de plaintes cosignées par JOSEPH WANANIJE et moi adressées au procureur de la république.
Mais revenons à la lettre du 23 août 1994 de maître CHRISTIAN BOISSERY :
" Compte tenu qu'il n'existe plus les relations de confiance devant présider aux rapports d'un avocat avec son client, vous voudrez bien me confirmer que je ne suis plus votre conseil ".
Gonflé en plus, le"maître"...
Est-il vraiment nécessaire de confirmer par écrit à un avocat véreux qu'il est véreux ?
Il me semble fort qu'au fond de sa conscience, il doit bien le savoir non ?
Oui, CHRISTIAN BOISSERY, je te le répète encore une fois :
Ce n'était vraiment pas la peine de pleurer devant moi un certain réveillon de 1er janvier au domicile de JEAN-LOUIS DURAND au MONT-DORE...
Tu pleurais sur la F.N.S.C. et la NOUVELLE-CALEDONIE mais ce n'était pas nécessaire de me trahir une deuxième fois, toi aussi...
La première étant ton fameux parti politique porteur d'espoirs déçus que fut la F.N.S.C.
Et quand je pense que pour fêter ma libération de 1987 je t'avais invité à dîner avec ton épouse au restaurant LE GRAND CHENE d'HENRI MORINI
Aujourd'hui 25 avril 1997, à un jour près cela fera juste un an que je t'avais dit à la fin de cette foutaise de procès d'assises :
" Tu penseras à me rembourser l'argent que je t'ai donné pour me"défendre", pour ce que tu as fait... ".
Ta réponse avait été claire :
" Oui, il n'y a pas de problème ; je vais déduire les 3 ou 4 fois où je suis allé te voir au CAMP-EST, ainsi que les quelques fois où je t'ai"assisté" devant le juge d'instruction... ".
A ce jour, je n'ai toujours rien reçu mais cela m'importe peu à côté de ce que tu es devenu...
Tu as laissé ta dignité d'homme et la valeur de ta parole au vestiaire !
CHRISTIAN BOISSERY tu n'es plus rien pour moi, mais que cet argent te brûle le cur puisqu'il passe avant tout !
Que dire d'autre que la fin solitaire de GASTON MORLET le leader de la fédération pour une nouvelle société calédonienne, la fameuse F.N.S.C. créée le 29 mai 1979 à laquelle tu appartenais jadis.
Cette fin ou plutôt cette déroute fut à la hauteur de nos espoirs déçus, je le répète encore une fois.
Lorsqu'en 1987 je t'avais demandé d'assurer ma défense alors que j'étais incarcéré pour l'affaire HAM TRONIQUE, ce choix était pourtant très clair et c'était même un symbole pour moi.
La F.N.S.C. avait eu raison de tendre la main aux kanaks indépendantistes, cela je l'ai reconnu devant toi.
" La F.N.S.C. a eu tort d'avoir raison trop tôt ! ".
C'est encore à ce symbole que je m'adressais pour me défendre lors de la présente incarcération en 1994.
Je n'ai jamais voulu la guerre en NOUVELLE-CALEDONIE, mais j'étais prêt à assurer notre protection par tous les moyens, sans être surpris comme en 1984 !
C'est encore au nom de ces espoirs déçus que le 22 juillet 1982 l'assemblée territoriale de NOUVELLE-CALEDONIE avait été envahie par un"commando" dont je faisais partie...
Envahie certes, mais pas pour longtemps car ce n'était qu'un coup foireux de plus !
Celui-ci est décrit en détail dans le chapitre " DIVERS " du présent ouvrage.
GUSTAVE TEHIO
AVOCAT A LA COUR24 RUE JENNER
B.P 5006. NOUMEATel : 27.40.63
Fax : 27.40.96NOUMEA LE 26 AVRIL 1994
AFFAIRE : DIJOU GUY
MONSIEUR GUY DIJOU
B.P 491 NOUMEACher monsieur
J'ai bien reçu votre lettre, mais je regrette de ne pas pouvoir assurer votre défense.
Votre bien dévoué.
GUSTAVE TEHIO.
NOTE SUPPLEMENTAIRE
Si je ne dispose plus du double de la lettre adressée à cet avocat, j'ai au moins l'original de sa réponse.
Je me souviens très bien par contre lui avoir exposé mes"découvertes" dans ma correspondance, découvertes qui se sont échelonnées dans le temps il faut bien le préciser toutefois.
Le 19 octobre 1987, lors du procès"des assassins de TIENDANITE", maître GUSTAVE TEHIO faisait partie d'un collectif d'avocats auquel participaient les avocats métropolitains suivants :
Maître JEAN TUBIANA.
Maître FRANCOIS ROUX.
Maître OTTAN.
Ces quatre avocats représentaient les familles des victimes kanakes dans cette sordide affaire où tout n'a pas été dit, loin s'en faut...
Auparavant, maître GUSTAVE TEHIO avait"défendu" La famille de PIERRE DECLERCQ leader indépendantiste assassiné à son domicile le 19 septembre 1981.
Là encore, maître GUSTAVE TEHIO avait été épaulé par maître FRANCOIS ROUX dans cette affaire jamais élucidée.
A la lecture de l'ensemble de ce dossier, il est beaucoup plus facile de comprendre le refus de maître GUSTAVE TEHIO, n'est-ce pas ?
Ayant découvert le pot aux roses puantes dans le bloc C d'isolement du pénitencier du CAMP-EST, JOSEPH WANANIJE et moi-même avions demandé l'assistance de maître GUSTAVE TEHIO...
M'ayant refusé son soutien juridique, maître GUSTAVE TEHIO rendit tout de même visite à JOSEPH WANANIJE au pénitencier du CAMP-EST, aux dates suivantes :
20 juin 1994
JOSEPH WANANIJE l'informa de toutes les malversations découvertes en prison par la mise en commun de nos connaissances respectives. Celui-ci avait écrit à maître TEHIO le 16 juin 1994.
22 juillet 1994
Maître GUSTAVE TEHIO vint au nom de CONO NAMU, le président du F.D.I.L.
16 septembre 1994
Maître GUSTAVE TEHIO vint une dernière fois au nom de maître JEAN TUBIANA arrivé le 15 septembre 1994 en NOUVELLE-CALEDONIE.
( Maître JEAN TUBIANA avait représenté les 10 victimes kanakes lors du procès de TIENDANITE le 19 octobre 1987 à NOUMEA. ).
Celui-ci devait également venir voir JOSEPH WANANIJE qui l'attend toujours !
De guerre lasse, JOSEPH WANANIJE expédia une lettre à maître JACQUES VERGES le 22 novembre 1994, lettre qui n'eut pas plus de succès !
La justice n'est qu'une devanture, surtout en NOUVELLE-CALEDONIE
DIJOU GUY
A
MADAME DOMINIQUE DEVAMBEZ
JURISCONSULTE AGENCEIMMEUBLE LAORA P.K.7 NOUMEA
LE 11 OCTOBRE 1994
Par la présente, j'ai l'honneur de solliciter officiellement vos services afin d'assurer ma défense pour les faits qui me sont reprochés par le parquet de NOUMEA.
A ce titre, je me permets d'attirer votre attention sur les nombreuses plaintes que nous avons déposées parfois conjointement JOSEPH WANANIJE et moi, auprès de monsieur le procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
Ces plaintes étant carrément passées sous silence ( et pour cause... ), je compte sur l'honnêteté, le courage et l'énergie qui vous animent afin de faire sortir la vérité sur tous ces faits occultes ou occultés.
Je vous serai gré de bien vouloir prendre l'attache de maître JACQUES VERGES et de maître MOURAD OSSEKINE, afin d'être habilitée à disposer de la totalité de mon dossier tant pour ma défense que pour ces plaintes sus-citées.
Un courrier destiné à mon ancien avocat ayant purement et simplement"disparu" entre le CAMP-EST et le tribunal de NOUMEA ( voir plainte du 08 septembre 1994 ), vous serez très aimable de bien vouloir vérifier si maître VERGES et maître OSSEKINE ont bien reçu mes deux demandes d'assistance en date du 11 octobre 1994 expédiées le 18 novembre 1994 du CAMP-EST, sous pli recommandé avec accusé de réception.
A toutes fins utiles, veuillez trouver ci-joint une copie de ces deux lettres qui sont identiques mais nominativement différentes.
Indépendamment de ce courrier, je tiens à vous transmettre ainsi qu'à vos collaborateurs tous nos encouragements pour l'émission RIEN QUE LA VERITE que vous animez sur les ondes de RADIO DJIDO.
En effet, parmi la population carcérale celle-ci se partage le record d'écoute avec une autre émission sur la même radio PREPARATION A L'AUTO-DETERMINATION animée par d'autres personnes auxquelles nos encouragements sont également dédiés.
Il est à noter toutefois un petit problème de son ( trop sourd ) à la réception de votre émission, problème insignifiant au regard de sa qualité.
Nous avons également remarqué que les interviews de NIDOÏSH NAISSELINE, l'apôtre de la non-violence de 1984, sont parfois presque inaudibles ce qui est vraiment dommage.
Le courage, l'honnêteté et la grandeur d'âme sont des vertus tellement rares de nos jours qu'elles ne peuvent qu'éclairer et attirer ceux qui ont en tellement soif, même si cela peut paraître déplacé en ces lieux de pénitence.
Le vice et la vertu ne sont-ils pas les reflets opposés d'une même source, l'un assurant l'existence de l'autre par sa simple présence et vice versa ?
Veuillez agréer madame, l'expression de mon très profond respect.
GUY DIJOU.
P.S : Je vérifierai si vous avez bien reçu le présent dossier complet.
COPIES : Maître JACQUES VERGES - Madame BERNADETTE DIJOU
NOTE SUPPLEMENTAIRE
Qu'est-ce qu'on peut débiter comme conneries quand on est naïf et sincère, mais peut-être que ce type de lettre n'était tout simplement pas adressé aux bonnes personnes, comme en témoigne la note supplémentaire de la correspondance du 03 décembre 1994 adressée au procureur YVES LEBOURDON.
Quant au vice et à la vertu, j'aurai pu m'en passer car c'est ici la preuve d'un manichéisme bien mal compris de ma part.
Mais restons plus terre à terre :
Bien sûr et comme toujours, il n'y eut aucune réponse écrite à ce courrier, ce qui n'empêcha pas DOMINIQUE DEVAMBEZ de ne prendre que ce qui l'intéressait dans notre dossier, y compris au procès d'assises des 24 / 25 / 26- avril 1996 afin de faire une émission bidon sur RADIO DJIDO...
Cela, j'avais pu le dire de vive voix à son mari lorsque ce dernier fut incarcéré au CAMP-EST dans le même bloc que moi, comme" par hasard".
" Vous avez voulu vous servir de notre affaire à des fins personnelles et politiques, mais lorsque l'on prend un dossier en main, il faut le prendre en entier ! ".
Telles avaient été mes paroles à l'époque.
Celui-ci était en détention provisoire à la suite d'une affaire de revendication de terres dans les environs de PAITA, détention qui fut de courte durée.
DIJOU GUY
A
MADAME DOMINIQUE DEVAMBEZ
JURISCONSULTE AGENCE
IMMEUBLE LAORA P.K. 7 NOUMEALE 03 DECEMBRE 1994
J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt et de plaisir votre dernière émission sur les ondes de RADIO-DJIDO.
Comme vous semblez vous poser des questions sur des affaires récentes, je vous apporte les réponses...
J'espère simplement que votre détermination et vos connaissances juridiques sont suffisamment grandes pour m'éviter d'être expédié en METROPOLE afin de me faire taire, et ce malgré"l'instruction" en cours.
En effet, je deviens de plus en plus gênant pour un plan occulte concernant la NOUVELLE-CALEDONIE, établie depuis longtemps.
Afin de vous montrer mon attachement à votre émission, j'ai demandé à ma mère de régler à ma place une cotisation supplémentaire en plus de la sienne.
En ce qui concerne ma plainte sur le CAMP-EST, vous pouvez citer mon nom car j'ai le courage de mes opinions et de mes actes.
Je tiens à vous informer qu'au cours d'un entretien avec YVES DUPAS, directeur de l'établissement, j'ai déclaré :
" J'espère que vous serez le dernier directeur métropolitain de cette prison ! ".
J'ai rajouté intérieurement :
" Pourvu que le calédonien ou le kanak qui lui succédera ne fera pas comme HENRI POMMELET qui, aidé du père de FRANCK WAHUZUE, a tabassé à mort le détenu MICHEL ARSAPIN ".
Il faut changer pour faire mieux sinon à quoi sert la parole si elle ne porte pas de beaux fruits.
C'est pour cette raison, et uniquement pour cette raison que j'avance lentement :
LA TERRE NE VEUT PLUS DE SANG !
Veuillez agréer madame, l'expression de mon profond respect.
GUY DIJOU.
P.S : Je vérifierai si vous avez bien reçu le dossier complet.
NOTE SUPPLEMENTAIRE
Avec le recul du temps, je me trouve de plus en plus naïf et con d'avoir cru en ce genre de personne, comme dans beaucoup d'autres du reste...
En effet, je pensais que grâce à son émission radiophonique cette personne allait faire sortir la vérité cachée dans les dossiers que ma mère lui avait personnellement remis en mains propres.
Dans ce fameux dossier figurait la plainte spécifique contre le pénitencier du CAMP-EST et son directeur de l'époque, YVES DUPAS.
Celle-ci avait été adressée au procureur YVES LEBOURDON le 25 octobre 1994, et le dernier exemplaire en ma possession a été expédié le 04 novembre 1996 au président de la république française avec un dossier complet.
HENRI POMMELET était un ancien sous-chef du CAMP-EST démis de ses fonctions pour avoir causé la mort du détenu MICHEL ARSAPIN les 30 et 31 décembre 1966.
Dans cette funeste besogne de tabassage mortel, il avait été assisté par un gardien mélanésien, qui était le père de FRANCK WAHUZUE ( entre autres personnes ).
Cette affaire avait fait l'objet d'un scandale administratif et judiciaire à l'époque, et HENRI POMMELET ainsi que WASSÖ WAHUZUE sont aujourd'hui décédés.
Il convient de préciser que cette lettre avait été rédigée peu de temps après ma déposition en tant que témoin sur les circonstances étranges ayant précédé la mort de JEAN-MARIE TJIBAOU et de YEIWENE YEIWENE à WADRILLA, OUVEA.
Ma mère m'avait informé d'une rumeur concernant notre jugement en FRANCE, au cours de ses visites hebdomadaires.
Cette rumeur était tout à fait plausible au regard du jugement de CLAUDE KAOUA pour le meurtre de LUCIEN GEORGE, père de GUY GEORGES, le leader du FRONT NATIONAL local.
Il y eut également le jugement de MAURICE MOINDOU dans l'affaire du meurtre du jeune YVES TUAL.
Ces deux jugements eurent lieu devant la cour d'assises de PARIS en 1991.
Il ne fallait pas"troubler l'ordre public" n'est-ce pas, mais était-ce la seule raison ?
Je n'oublie absolument pas la désinformation médiatique de notre procès d'assises des 24 / 25 / 26 Avril 1996.
Je n'oublie absolument pas cette phrase prononcée par une speakerine de RADIO-DJIDO, peu de temps après ce procès d'iniquité :
" Vous ne pensez pas que ce genre de procès devrait avoir lieu en FRANCE ? ".
Cette speakerine s'adressait justement à DOMINIQUE DEVAMBEZ !
N'ayant reçu aucune réponse au présent courrier pas plus qu'à celui du 11 octobre 1994, je cessais d'espérer en cette"conseillère juridique" et demandais à ma mère d'interrompre toute relation avec cette personne.
Les mensonges, comme la fumisterie, ont toujours une fin !
DIJOU GUY
A
MAITRE JACQUE VERGES
MAITRE MOURAD OSSEKINELE 11 NOVEMBRE 1994
Par la présente, j'ai l'honneur de solliciter votre assistance dans la défense de mes intérêts pour de nombreux faits qui me sont reprochés par le parquet de NOUMEA.
En effet, chef d'une organisation de lutte armée contre l'indépendance de la NOUVELLE-CALEDONIE, c'est-à-dire contre le F.L.N.K.S., j'ai été amené à enfreindre la loi depuis 1984 lors des événements de NOUVELLE-CALEDONIE.
Je dois tout de même vous préciser que je n'ai pas une seule goutte de sang kanak sur les mains, pas plus que la destruction de quelconques intérêts kanaks.
Je suis par contre l'auteur des attentats du palais de justice de NOUMEA, du centre des impôts et de l'office foncier de NOUMEA uniquement !
Ces attentats n'ont fait aucune victime car ce n'était pas le but recherché ; ces faits sont d'ailleurs couverts par une loi d'amnistie mais j'ai reconnu en être l'auteur.
Vous trouverez certainement ma démarche pour le moins étrange, mais par un curieux hasard de la vie, j'ai été amené à reconsidérer totalement et dans les larmes mes considérations politiques qui étaient pourtant bien ancrées.
Pour cela, il me semble utile de vous informer des faits suivants :
Appréhendés à la frontière du LUXEMBOURG et de la FRANCE en compagnie de JACKY UICHI membre de la même organisation de combat pro-française, nous étions en possession de deux"vrais-faux' passeports provenant du cambriolage du bureau des passeports de NOUMEA et d'un bon au porteur de 29 millions CFP, provenant également d'un cambriolage ( entre autres... ).
Ces fonds, une fois recueillis, étaient destinés à acheter du matériel russe d'amplification de lumière en ALLEMAGNE ( lunettes de tirs nocturnes, vision nocturne ).
Arrêtés en FRANCE et après un mois et demi d'incarcération dans la prison de METZ-QUEULEUE, nous avons été transférés en NOUVELLE-CALEDONIE pour instruction et jugement, ce qui est en cours ( mais très lentement, vous comprendrez pourquoi ).
Et le hasard s'en est mêlé, mais le hasard existe-t-il vraiment ?
Personnellement, je ne me pose plus du tout la question !
En effet, j'ai été incarcéré au bloc C d'isolement du CAMP-EST dans la cellule n° 6 ( au début car maintenant je suis dans la cellule n° 5 ).
Chose étrange dans ce bloc, il y avait trois autres personnes dont JOSEPH WANANIJE ( cellule n° 2 ), militant indépendantiste convaincu ( mon homologue opposé en quelque sorte ), auteur d'un attentat contre la compagnie locale d'aviation AIRCAL.
Cet attentat était en fait commandité par le propre P.D.G de la dite société, FRANCK WAHUZUE à l'époque.
FRANCK WAHUZUE est intimement lié à pratiquement tous les coups fourrés survenus sur le territoire depuis 1984.
Conscient que notre arrestation avait provoqué des remous dans le monde politique et les consciences de NOUVELLE-CALEDONIE, j'ai écrit trois lettres aux personnalités suivantes :
- ALAIN CHRISTNACHT haut commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
- ROCK WAMYTAN commissaire politique du F.L.N.K.S.
- JACQUES LAFLEUR président du R.P.C.R.
Dans ces lettres, j'exposais les raisons profondes de mes actes en tant que chef de réseau.
Je dois préciser qu'une lettre particulière a été adressée à ROCK WAMYTAN, dans laquelle j'implorais le pardon,"pardon coutumier" en tant que guerrier opposé aux idées de ce dernier.
Ne me demandez pas pourquoi j'ai fait cette démarche car elle trouve sa source tout au fond de mon cur, c'est tout ce que je peux dire...
Disons que je suis croyant depuis l'âge de 25 ans ( j'en ai 39 maintenant ) et si vous acceptez l'existence de DIEU, d'ALLAH ou d'un autre nom, vous comprendrez peut-être plus facilement la démarche du guerrier que je suis.
La vie est tellement étrange...
Avant d'expédier cette lettre particulière à ROCK WAMYTAN, j'ai pu la lire à JOSEPH WANANIJE qui était dans la cellule n° 2, en montant sur la table de la cellule et en parlant à travers les barreaux situés au-dessus de la porte blindée.
Celui-ci a été touché dans son cur de guerrier d'une autre cause, et m'a dit que c'était très bien de faire cette démarche mais il fallait qu'elle soit pure et sincère car sacrée, ce que j'ai toujours ressenti.
Il faut préciser que JOSEPH WANANIJE était la personne chargée de m'intercepter en 1988 / 1989, période pendant laquelle j'étais toujours armé d'un pistolet automatique 9 mm.
JOSEPH WANANIJE était dans ce bloc depuis quinze mois, et tout doucement mais sûrement une amitié sincère et profonde est née entre nous.
C'est désormais mon frère et même plus que mon frère, celui que je n'ai jamais eu ( J'ai deux surs ).
De ce respect réciproque et de cette amitié est né également un dialogue ( toujours au-dessus de la porte ), et c'est là que le bas blesse!
Mettant en commun toutes nos connaissances des affaires et des coups fourrés depuis 1981 en NOUVELLE-CALEDONIE, nous avons découvert la vérité et celle-ci est horrible !
En effet, c'est le gouvernement français qui a lui-même créé la base des événements de 1984, en nous divisant pour mieux régner ( kanaks et caldoches ), et afin de mieux s'enrichir avec le nickel calédonien ( 3ème réserve mondiale de nickel ).
J'en ai pleuré de rage et de dépit, et à partir de ce moment-là JOSEPH et moi avons déposé de nombreuses plaintes communes pour certaines, contre le gouvernement français.
Ces faits sont clairs, précis et reposent sur des connaissances communes et concrètes pour la plupart, non sur des spéculations.
Nous avions pris le même avocat, maître CHRISTIAN BOISSERY du barreau de NOUMEA, mais il s'est avéré que celui-ci traînait très lourdement les pieds, comme maître GUSTAVE TEHIO que JOSEPH WANANIJE avait contacté auparavant.
Devant cette attitude douteuse, nous nous sommes posés des questions légitimes quant à l'efficacité des avocats du barreau de NOUMEA pour ce genre d'affaire.
Maître CHRISTIAN BOISSERY était également chargé de ma défense, mais devant son manque de dynamisme c'est le moins que l'on puisse dire, j'ai cessé d'être représenté par ce dernier.
A titre indicatif, je puis vous affirmer que les services secrets français sont très intimement mais très discrètement liés aux affaires suivantes entre autres :
- Fusillade de TIENDANITE ( 10 morts kanaks le 05 décembre 1984 ).
- Meurtres de JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE. ( WADRILLA le 04 mai 1989 ).
- Trafics d'armes en AUSTRALIE en 1985.
Nous avons rédigé une plainte-mémoire où figurent toutes nos conclusions, en plus des plaintes précédentes
( association de malfaiteurs etc. ).
Je suis dans l'impossibilité de vous faire parvenir toutes ces plaintes car elles représentent une littérature très importante.
N'ayant plus aucune confiance en maître CHRISTIAN BOISSERY, j'ai transmis directement la plainte-mémoire de soixante-douze pages au procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
Nous devions JOSEPH et moi vous demander de nous représenter dans ces affaires, mais celui-ci a été presque immédiatement muté du bloc ( bloc C au bloc A ) après l'envoi dudit document.
N'étant plus dans la possibilité de communiquer avec celui-ci, je ne sais ce qu'il a décidé de son côté.
Son père, ALPHONSE WANANIJE, possède le téléphone à KOUTIO ( n° 41.11.49 ) au cas où vous voudriez vérifier l'authenticité de toute cette affaire.
Je vous signale toutefois que ce numéro de téléphone doit être sur table d'écoute car sa famille a eu des problèmes de filatures, d'appels anonymes, de courriers ne parvenant pas à destination ou avec beaucoup de retard, d'enveloppe différente de celle expédiée etc.
Je vous assure maîtres, que cette histoire n'est absolument pas un mauvais roman"d' OSS.117" mais bien la pure et triste vérité, vérité dont nous n'avions aucune conscience JOSEPH et moi, trop aveuglés par notre endoctrinement respectif et je le répète antagoniste.
Il aura fallu le fruit de plusieurs coïncidences vraiment étranges pour que nous ne soyons plus aveugles, mais cette vérité m'a meurtri, m'a brisé intérieurement, car j'ai été vendu par ma mère, cette putain qui a sacrifié ses enfants au dieu nickel, au dieu argent, et cette putain s'appelle la FRANCE !
Pourtant c'est encore vers elle que je me tourne, à travers vous, pour que tous les habitants de cette"île de lumière" et TERRE SACREE connaissent la vérité sur les agissements"occultes" des services spéciaux français sur son sol.
Etant un ( ancien ) partisan acharné de la CALEDONIE FRANCAISE, vous serez certainement surpris d'une telle démarche de ma part et de mon choix sur vos personnes, mais il me semble qu'ayant vécu dans l'erreur depuis treize ans ( date du meurtre jamais résolu de PIERRE DECLERCQ, secrétaire général de l'U.C. ), ou plutôt dans la manipulation inconsciente et subtile, qu'ayant lutté de toutes mes forces contre le peuple kanak pour son indépendance, je rectifie ma position.
Ce changement radical de façon de penser et d'agir est dicté par la soif de vérité, à la communication de celle-ci à tous les extrémistes comme moi afin de neutraliser la structure de type"petite O.A.S" à laquelle j'appartenais, et qui n'est autre qu'une marionnette dans les mains des services spéciaux français comme la D.G.S.E.
Etrange"remake" d'un passé sanglant de l'ALGERIE, passé malheureusement d'actualité que je ne veux pas voir ici
Il faut toutefois préciser que cette même main"occulte" sévit dans le monde kanak en utilisant des moyens tels que la corruption et l'idéologie syndicale ( entre autres moyens... ), mais JOSEPH WANANIJE pourra vous donner de plus amples renseignements dans ce domaine.
Quant à moi, je peux vous affirmer que je ne m'avance pas dans ce domaine sans preuve ni argument de poids, dont la finalité n'est autre que la jonction des extrêmes noire et blanche autour de cette vérité pour la construction de ce pays, ce que nous symbolisons à présent et à notre échelon mon frère JOSEPH et moi-même.
Veuillez agréer maîtres, l'expression de mon profond respect.
GUY DIJOU.
NOTE SUPPLEMENTAIRE
Cette lettre pourtant sincère ET DIGNE DU GRAND CON QUE JE SUIS n'a reçu qu'une réponse du style :
" Je suis désolé de ne pouvoir assurer votre défense dans cette affaire, mon emploi du temps ne me le permettant pas.
Veuillez vous adresser à mon confrère maître JEAN-MARC FLORAND ".
Cette réponse est partie à la poubelle et on devine bien pourquoi, il ne m'est donc pas possible d'en fournir une copie.
JOSEPH WANANIJE ayant conservé la sienne en date du 07 décembre 1994, celle-ci figure dans le présent dossier : C'est exactement la même réponse !
En effet d'un commun accord il avait adressé à cet avocat une demande d'assistance peu de temps après la mienne, mais Il convient de préciser le point suivant :
Le 07 septembre 1994, j'avais envoyé une lettre pratiquement identique en recommandé avec accusé de réception à maître STANLEY CROSS, tribunal de PAPEETE POLYNESIE FRANCAISE.
Le récépissé original d'expédition ne m'a été remis par les autorités du CAMP-EST que le 25 juin 1998, car il ne faut pas être trop pressé n'est-ce pas ?
Par contre j'ai bien reçu l'original de l'avis de réception, lequel faisait partie du lot de documents subtilisés à cette même date.
Il porte le numéro 8271 en date du 20 septembre 1994 comme l'atteste le tampon de la poste de PAPEETE.
Ce qui est plus étrange, c'est que la signature du destinataire date du 18 / 08 / 94 ou du 19 / 09 / 94, les chiffres étant très mal formés.
Toutefois, dans ces deux cas de figures, la signature du destinataire précède le tampon de la poste de PAPEETE ce qui est techniquement impossible !
A MOINS QUE LES AVOCATS NE RECOIVENT LEUR COURRIER AVANT LA POSTE EN POLYNESIE FRANCAISE
Par ailleurs le 11 octobre 1994, la radio indépendantiste RADIO-DJIDO annonçait le départ de YANN CELENE UREGEI pour l'O.N.U. ( USA ).
Ce dernier devait y annoncer la proclamation unilatérale d'indépendance du 24 septembre 1994 décidée au CONGRES POPULAIRE d'ARAMA, une charte ayant été signée dans ce sens par 27 chefs coutumiers du territoir