LE SABOTAGE DE L'INSTALLATION MINIERE
DU CAMP DES SAPINS

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THIO-LA-HONTE, mais aussi THIO-LA-MEURTRIE, THIO-CAMP-DES-SAPINS dont les installations minières S.L.N. furent grandement sabotées le 21 janvier 1985 par l'équipe CHEDORGES / VALENTI. Il paraît que ce sabotage remontait en réalité au 16 janvier 1985.

A l'époque, JACKY UICHI m'avait donné les précisions suivantes au sujet de cette affaire :

Il m'avait averti que le commanditaire de ce sabotage n'était autre que le maire de THIO ROGER GAILLOT, mais cette information s'avéra fausse par la suite.

CHRISTIAN CHEDORGES et JEAN-PIERRE VALENTI devaient recevoir une certaine somme d'argent pour cette mission de sabotage, mais il semblerait qu'ils aient eu quelques difficultés pour se faire payer ensuite...

C'est ainsi, toujours selon JACKY UICHI devenu"amnésique'' maintenant, que CHRISTIAN CHEDORGES avait menacé HENRI MORINI au KUENDU BEACH à NOUVILLE.

Ses paroles auraient été les suivantes : "J'ai fait le travail, maintenant il faut payer sinon boum ! ".

En disant " boum ! ", il aurait pointé son interlocuteur en imitant une arme avec sa main.

Si mes souvenirs sont exacts, il aurait perçu une somme de 2 000 000 CFP pour ce sabotage en provenance de JACQUES LAFLEUR, et non de ROGER GAILLOT cité précédemment.

JEAN-PIERRE VALENTI n'aurait quant à lui rien perçu, et ayant fait sa connaissance beaucoup plus tard, il ne voulut rien me dire sur cette affaire sinon qu'il n'avait jamais rien reçu.

CHRISTIAN CHEDORGES était un ancien militaire ayant exercé les fonctions de restaurateur au COQ HARDI, sis 16 rue BOUGAINVILLE - FAUBOURG BLANCHOT, et ses affaires n'étaient pas très florissantes.

Un avocat calédonien maître ERIC LAFLEUR, s'était même retrouvé en possession de photographies aériennes du site minier du CAMP DES SAPINS, mais très curieusement on n'entendit plus parler de cette étrange affaire de sabotage.

Une première loi d'amnistie avait finalement couvert les auteurs de cette action, comme d'autres personnes du camp opposé dans d'autres affaires.

Après ma libération du pénitencier, je fus amené à contacter ROGER GAILLOT afin de comprendre ce sabotage du CAMP DES SAPINS.

Celui-ci m'accorda un entretien le 04 février 1999, et me précisa qu'il avait effectivement été mêlé à cette affaire, mais en tant que victime.

En effet, c'était après avoir hébergé l'équipe CHEDORGES / VALENTI pendant une semaine environ sur sa propriété de OUENGHI, que ses ennuis commencèrent.

Cet hébergement avait eu lieu dans le cadre du renforcement de la sécurité des colons isolés par des volontaires, une pratique courante à cette époque où les maisons brûlaient plus vite qu'elles ne se construisaient.

Bien loin d'être innombrables, ces volontaires étaient acceptés avec soulagement par les colons en question, sans avoir à présenter de papiers d'identité ou un extrait de casier judiciaire…

Le sabotage sus-cité ayant été commis après ledit hébergement c'est tout"naturellement'' que la maréchaussée débarqua chez ROGER GAILLOT…

Je passe sur bien des détails, hormis sur l'acharnement dont fit preuve le colonel de gendarmerie MARCHASSON à l'égard de ROGER GAILLOT, lequel finit tout de même par être lavé de tout soupçon.

Un colonel MARCHASSON qui eut bien du mal à expliquer la passivité de ses troupes lors du procès de l'affaire de TIENDANITE le 19 octobre 1987 à NOUMEA, soit dit en passant…

Mais revenons plus particulièrement à l'ancien baroudeur qu'était CHRISTIAN CHEDORGES.

En effet, alors qu'il était en cavale car formellement identifié dans cette affaire de sabotage minier, celui-ci se rendit seul et sans véhicule dans la cour de l'habitation de ROGER GAILLOT, au crépuscule. Il venait demander de l'argent à ce dernier, ainsi qu'un moyen de quitter le territoire pour aller en AUSTRALIE. (ROGER GAILLOT possédait un avion personnel à l'époque, en plus d'être pilote ).

Devant un refus plus que catégorique, CHRISTIAN CHEDORGES demanda à son interlocuteur de le conduire lui-même vers un autre endroit.

Réponse de ROGER GAILLOT : " Je ne vous ai jamais rien demandé et surtout pas de saboter le CAMP DES SAPINS ; je vous trouve seul la nuit et à pied dans ma cour, alors retournez d'où vous venez ! ".

Et CHRISTIAN CHEDORGES s'en alla comme il était venu, sauf que le lendemain matin ROGER GAILLOT fut convoqué par le juge d'instruction en charge de ce dossier de sabotage.

ROGER GAILLOT ne put alors s'empêcher de dire : " Là c'est un peu gros ! CHEDORGES était dans ma cour hier soir, et vous me convoquez ce matin… ".

Quelque temps plus tard, ROGER GAILLOT apprit que des personnes"un peu spéciales'' l'avaient attendu cette nuit-là à la sortie de sa propriété. Elles auraient été très heureuses de"découvrir'' CHRISTIAN CHEDORGES à ses côtés…

Ceci étant dit, je me rendis ensuite à THIO par deux fois pendant les événements de 1984.

- Une fois pour aider au déménagement de RENE ANDRY habitant THIO-BOTA-MERE en tant qu'employé du centre minier de la S.L.N. / THIO.

Il s'était fait"tabasser'' par des jeunes du F.L.N.K.S., et avait reçu quelques coups de barre de fer dans le dos. Je ne connaissais pas les raisons exactes de ce"tabassage'', mais j'avais aidé sa famille à déménager vers NOUMEA, tout l'ameublement ayant été déposé dans un dock de la S.L.N. à NOUMEA. Là encore je précise que je ne connaissais pas cette famille.

Sur le chemin du retour, la gendarmerie plus que pointilleuse procéda à un contrôle d'identité dans le col de NASSIRAH. Oui on peut dire qu'elle a vraiment brillé cette gendarmerie, surtout pendant les événements !

- Une autre fois pour livrer 600 ou 700 kilogrammes de farine à la boulangerie MOULEDOUS à THIO.

En effet, après la libération de cette région , aucun colporteur ne voulait se rendre là-bas.

C'est ainsi qu'un ami, ROY CHEVAL époux de MICKAELA MOULEDOUS, me demanda de l'aider à transporter cette farine dans un fourgon RENAULT de NOUMEA vers THIO.

Cet approvisionnement se fit sans encombre, mais l'ambiance était tendue, plutôt morose.

Cette même boulangerie fut détruite le 15 novembre 1986 à la suite d'une réunion publique du R.P.C.R. ayant dégénéré sur le chemin du retour, à la hauteur de la tribu de SAINT-PHILIPPO 1

C'est du reste ce jour-là que le jeune TOURNIER-FELS âgé de 15 ans fut abattu, et que GEORGES MERER fut blessé par arme à feu également.

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