D.G.
Tout commence en 1981, année du raz-de-marée socialiste lors des élections en FRANCE, avec l'assassinat de PIERRE DECLERCQ, européen indépendantiste, ancien camarade de séminaire de Jean-Marie Tjibaou, et secrétaire général de l'Union Calédonienne.
Lors de l'enquête et sur les déclarations plus que douteuses de MICHEL CAPUANO, un jeune calédonien de souche européenne DOMINIQUE CANON était incarcéré au CAMP-EST pour être libéré plus tard, innocenté après bien des souffrances inutiles.
L'assassin véritable de PIERRE DECLERCQ n'a jamais été identifié, mais déjà le nom de la D.G.S.E. ( ou plutôt de la D.S.T. ) circulait dans le monde calédonien, sans preuve bien sûr...
D.G.S.E. sont les initiales de la direction générale de la sécurité extérieure, les fameux services secrets français qui se sont illustrés lors de l'affaire du RAINBOW WARRIOR en NOUVELLE-ZELANDE.
B.E.L. sont les initiales du bureau d'étude et de liaison qui s'est illustré lors de la guerre d'ALGERIE avec la fameuse"PAIX DES BRAVES'', qui s'est soldée par la mort de nombreux guerriers du F.L.N. exécutés par le F.L.N. lui-même.
L'assassinat de PIERRE DECLERCQ devait être le point de départ d'une autre forme de lutte de la part du mouvement indépendantiste local, et par contrecoup de notre part ; ce qui explique mon incarcération actuelle pour une dizaine d'affaires différentes, et une incarcération précédente en 1987 pour le vol de matériel de transmission chez HAM TRONIQUE.
JOSEPH WANANIJE est quant à lui incarcéré pour plusieurs affaires, dont entre autres :
- Événements de LIFOU.
- Attentat d'AIRCAL.
- Attentat contre RICHARD KALOI.
De 1981 à 1984, des incidents plus ou moins graves avaient eu lieu dans différents endroits de la NOUVELLE-CALEDONIE ( blocage du tour cycliste au col de la pirogue,"caillassages'',"tabassages'', bavures, etc ).
Il est indéniable que l'assassinat de PIERRE DECLERCQ ait eu une très grande répercussion sur la suite des événements qui se sont produits en NOUVELLE-CALEDONIE.
Un leader indépendantiste assassiné, un calédonien soupçonné puis relâché :
- Où est le véritable assassin ?
- Qui est-il ?
NOTE SUPPLEMENTAIRE
La chronologie et les dates suivantes sont issues de deux ouvrages : Le Mémorial Calédonien Tomes 8 et 9, et le QUID 1996.
En plus d'être secrétaire général du parti indépendantiste appelé UNION CALEDONIENNE, PIERRE DECLERCQ était conseiller territorial.
Celui-ci a été abattu par arme à feu le 19 septembre 1981 à 21 heures 30 à son domicile du lotissement BERNUT ROBINSON.
DOMINIQUE CANON était interrogé depuis 48 heures au moment où PIERRE DECLERCQ était inhumé le 23 septembre 1981 au cimetière de la CONCEPTION, l'office religieux étant mené par monsaigneur MICHEL CALVET lui-même, 10 prêtres et 1 pasteur devant près de 5 000 personnes.
Le 23 septembre 1981 DOMINIQUE CANON fut présenté devant le juge d'instruction CREZE qui ordonna son incarcération en détention préventive au CAMP-EST en cellule d'isolement.
A cette époque le procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE était JACQUES GAUTHIER.
Il convient de préciser que GASTON DEFFERRE alors ministre de l'intérieur au sein du gouvernement socialiste de FRANCOIS MITTERAND, avait dépêché en NOUVELLE-CALEDONIE le commissaire divisionnaire GENTIAL, pour l'obtention rapide de résultats...
Et quels résultats !
C'est en subissant le témoignage fallacieux d'un soi-disant détective privé, MICHEL CAPUANO, que DOMINIQUE CANON connut la prison pendant 10 longs mois.
Le 23 juillet 1982 il fut libéré sur un non-lieu, et reçut la somme de 2 720 000 CFP à titre d'indemnisation par la suite.
Son avocat était maître JEAN LEDER, tandis que maître GUSTAVE TEHIO représentait la partie civile.
Lors de la reconstitution de l'assassinat de PIERRE DECLERCQ qui eut lieu le 06 mai 1982, maître GUSTAVE TEHIO fut assisté par maître FRANCOIS ROUX du barreau de MONTPELLIER ( voir affaire de TIENDANITE ).
MICHEL CAPUANO, dénonciateur de DOMINIQUE CANON, fut arrêté le 23 octobre 1984 seulement et connut la prison du CAMP-EST à son tour, mais pour peu de temps bien sûr...
Le 23 octobre 1984 soit quelques jours avant le boycott actif des élections du 18 novembre 1984 par le F.L.N.K.S... En effet, un deuxième juge d'instruction dont je n'ai pas l'identité avait décidé de rouvrir ce dossier au bon moment, comme par"hasard''...
Il convient de préciser qu'à la suite de l'assassinat de PIERRE DECLERCQ, un barrage indépendantiste bloquait le tour cycliste de NOUVELLE-CALEDONIE au sommet du col de LA PIROGUE le 20 septembre 1981.
Les régions de KOUAOUA et de CANALA connaissaient également l'installation de barrages routiers, et des personnes étaient"tabassées'' ( européens et touristes australiens principalement ).
Le 22 septembre 1981, le terrain d'aviation de l'île OUEN était bloqué.
Le 24 septembre 1981, jour anniversaire de la prise de possession de la NOUVELLE-CALEDONIE par la FRANCE ( 24 /.09./ 1853 ), des barrages routiers étaient mis en place dans les régions suivantes : SAINT LOUIS - LA CONCEPTION - THIO - - FONWHARY - COL DES ROUSSETTES - POINDIMIE - TOUHO HIENGHENE - POUEBO - KONE - POUM.
Des violences eurent lieu à KONE ( incendies de propriétés ) mais les forces de l'ordre s'interposèrent entre les indépendantistes et les non-indépendantistes.
Après le 24 septembre 1981, la tension retombait graduellement mais des bandes de jeunes kanaks saccagèrent la manifestation commerciale appelée"Grande Braderie de NOUMEA''.
Ce sont tous ces faits qui me firent déclarer devant la cour d'assises de NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996 :
" JE SUIS"MORT'' EN MEME TEMPS QUE JOSE LAPETITE, MAIS J'ETAIS DEJA BIEN"MALADE'' DEPUIS LA MORT DE PIERRE DECLERCQ ".
Cela me valut l'ironie de la radio indépendantiste RADIO DJIIDO lors du compte-rendu radiophonique de la séance du 24 avril 1996.
Au sujet de l'assassinat de PIERRE DECLERCQ, la liste des hommes politiques appartenant à la franc-maçonnerie placés à de très hautes fonctions d'état est plus qu'intéressante ( voir chapitre " ROSE-CROIX ET FRANC-MAÇONNERIE " ).
L'annonce de cette funeste nouvelle engendrait les réactions politiques suivantes, entre autres :
- Le président FRANÇOIS MITTERAND exprimait sa vive émotion...
- LIONEL JOSPIN, 1er secrétaire du parti socialiste dénonçait le lâche attentat et demandait aux autorités gouvernementales de tout mettre en uvre pour identifier les auteurs de ce crime provocateur...
- Par la bouche d'HENRI EMMANUELLI, le gouvernement se déclarait profondément indigné par le lâche assassinat de PIERRE DECLERCQ.
- GEORGES MARCHAIS, secrétaire général du parti communiste français écrivait quant à lui : " Il s'agirait que tout soit mis en uvre afin que les auteurs de l'attentat soient arrêtés et châtiés le plus vite possible".
- Lors des obsèques, BERNARD GAUDILLERE alors directeur de cabinet du secrétaire d'état aux DOM-TOM déclarait entre autre : " Si la violence peut détruire un homme, elle reste impuissante contre les idées... ".
Quel baratin !
Face à cet assassinat jamais élucidé, et pour cause, les phrases suivantes prononcées le 11 août 1981 à l'assemblée territoriale par HENRI EMMANUELLI prennent une toute autre dimension ; en voici quelques extraits :
" La FRANCE, cela s'écrit en 6 lettres mais si on va plus loin, cela s'écrit aussi en 24 lettres : liberté égalité fraternité. Cela peut aussi s'écrire en 23 lettres : injustice inégalité haine. Eh bien ! Au risque de paraître paradoxal, je dirai que beaucoup de choses se jouent sur un chiffre, sur une différence de lettre... ".
Comme vous aviez raison avant l'heure, HENRI EMMANUELLI...
Je suis blanc, et je sais ce que c'est l'injustice... FRANCAISE !
Quant aux différences de lettres ou de chiffres, il suffit de consulter avec attention les falsifications des procès-verbaux n° 369 / 94 et 362 / 94 pour savoir de quoi vous parlez, dès lors qu'il s'agit de camoufler par tous les moyens les saloperies de l'état français en NOUVELLE-CALEDONIE !
Qui a réellement abattu PIERRE DECLERCQ le 19 septembre 1981, je vous le demande avec insistance HENRI EMMANUELLI, vous qui étiez chargé des départements et territoires d'outre-mer au moment de cet assassinat ?
Je vous le demande d'autant plus que celui-ci était secrétaire général de l'UNION CALEDONIENNE, parti indépendantiste s'il en faut...
PIERRE DECLERCQ ne représentait-il pas une menace latente pour l'exploitation du nickel calédonien par la FRANCE ? HENRI EMMANUELLI, bien qu'étant socialiste vous n'avez jamais parlé d'indépendance de la NOUVELLE-CALEDONIE ; lui, si !
Deux mois avant d'être assassiné, le 23 juillet 1981 plus exactement, PIERRE DECLERCQ était reçu à l'ELYSEE par le président FRANÇOIS MITTERAND à qui il venait présenter un premier projet d'indépendance kanake et socialiste, dont la condition de base considérée comme sine qua non était la prise en compte des revendications foncières des tribus.
Revendications foncières du sol calédonien donc du nickel par voie de conséquence !
Et c'est là que le bât (bas) blesse, c'est le cas de le dire...
En effet, hormis les"petits mineurs locaux'', le nickel calédonien était exploité en exclusivité par la S.L.N. ( SOCIETE LE NICKEL ) dont le capital était constitué en majorité par le baron GUY de ROTHSCHILD jusque dans les années 1975 / 1980.
C'est en effet vers cette période d'affirmation de la revendication kanake que l'état français prit en quelque sorte la relève de cette société, si mes souvenirs sont exacts et bien qu'imprécis dans le temps.
A ce sujet, il convient de rappeler l'importance des LOIS BILLOTTE, du nom de PIERRE BILLOTTE, ministre des DOM-TOM du 08 janvier 1966 au 31 mai 1968, l'année 1963 étant généralement considérée comme le point de départ du premier"boom'' sur le minerai de nickel calédonien.
Signalons également que GEORGES POMPIDOU fut premier ministre du général DE GAULLE du 14 avril 1962 au 21 juillet 1968 avant d'être président de la république du 15 juin 1969 au 02 avril 1974.
Auparavant, il avait été membre du groupe ROTHSCHILD de 1954 à 1958 et de 1959 à 1962 où il s'était fait de très solides relations... Et hop ! fermez le cercle...
Il me semble même qu'il aurait été fondé de pouvoir de la banque ROTHSCHILD, ou quelque chose comme ça... Le nickel calédonien est donc une vieille histoire de"famille'' qui ne sent vraiment pas la rose, n'est-ce pas ?
L'état français devant ainsi prendre la suite du baron GUY DE ROTHSCHILD, la structure juridique et financière de la S.L.N. fut modifiée et accouplée par la suite au groupe ERAMET, lequel groupe fut nationalisé en 1983 par le couple MITTERAND / MAUROY.
Ce groupe fut dénationalisé à hauteur de 45 % du capital dont 30 % à des investisseurs étrangers comme le premier fonds mondial de pension américain"FIDELITY'' ( 24 % ).
Comme"par hasard'', cette dénationalisation de capital eut lieu en 1994 par les couples MITTERAND / BALLADUR et CHIRAC / JUPPE...
On ne sait jamais, des fois que ça tourne mal en NOUVELLE-CALEDONIE, avec toutes ces histoires dans l'air...
Mais au risque de me répéter, il ne faut pas voir le mal là où il n'y en a pas et surtout, que l'on ne vienne pas me dire que PIERRE DECLERCQ a été assassiné pour une vulgaire histoire de fesses !
Je ne m'érige absolument pas en défenseur de ce dernier, mais le ridicule a des limites que beaucoup de gens franchissent plus par bêtise que par autre chose.
Un dernier détail important : Moins d'un mois avant l'assassinat de PIERRE DECLERCQ, AUGUSTE BLAY était assassiné puis jeté dans un feu sur sa propriété de MOINDOU ; c'était le 24 août 1981 plus exactement.
Les véritables assassins n'ont jamais été arrêtés également, à part un mélanésien travaillant sur cette même propriété, si ma mémoire ne me fait pas défaut.
Il fut très vite relâché, ce qui ne manqua pas de produire un vif sentiment d'injustice et d'incapacité des autorités dans la communauté calédonienne, sans commune mesure bien sûr avec celui engendré par l'assassinat de PIERRE DECLERCQ le 19 septembre 1981.
'On'' aurait voulu mettre tous les habitants de ce pays sous tension que"l'on'' ne s'y serait pas pris autrement! Deux assassinats en moins d'un mois dans une population plutôt paisible de 145 000 habitants environ à l'époque ( statistique incertaine : Une manie ici... ).
La mort d'AUGUSTE BLAY fut ensuite attribuée à des braconniers jamais arrêtés, des braconniers prenant le temps de mettre leur pauvre victime dans un grand feu de bois, tout en balisant les futurs recherches à l'aide de lambeaux de vêtements appartenant au défunt.
C'est ainsi que le 26 août 1981, les ruraux de LA FOA demandèrent des aggravations de peines pour les braconniers
Il est à noter que selon la rumeur publique de l'époque, AUGUSTE BLAY était fortement opposé au passage sur sa propriété de la nouvelle route devant relier les villages de MOINDOU et de BOURAIL, en passant par le"21ème'' , cette appellation étant communément utilisée pour désigner cette région.
Le 19 septembre 1981, date de l'assassinat de PIERRE DECLERCQ, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :
FRANÇOIS MITTERAND président de la république.
PIERRE MAUROY premier ministre.
ROBERT BADINTER ministre de la justice.
GASTON DEFFERRE ministre de l'intérieur.
HENRI EMMANUELLI secrétaire d'état chargé des DOM-TOM.
CLAUDE CHARBONNIAUD haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
Le 08 février 1994, date de notre arrestation et d'une partie de l'instruction, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :
FRANÇOIS MITTERAND président de la république.
EDOUARD BALLADUR premier ministre.
PIERRE MEHAIGNERIE ministre de la justice.
CHARLES PASQUA ministre de l'intérieur.
DOMINIQUE PERBEN ministre des DOM-TOM.
ALAIN CHRISTNACHT haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
En août 1994, ALAIN CHRISTNACHT était remplacé par DIDIER CULTIAUX à ce poste.
Les 24 / 25 / 26 avril 1996, date de notre procès d'assises à NOUMEA, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :
JACQUES CHIRAC président de la république.
ALAIN JUPPE premier ministre.
JACQUES TOUBON ministre de la justice.
JEAN-LOUIS DEBRE ministre de l'intérieur.
JEAN-JACQUES DE PERETTI ministre des DOM-TOM.
DOMINIQUE BUR haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE.
Le 18 août 1995, DOMINIQUE BUR remplaçait DIDIER CULTIAUX à ce poste.
A la lecture de l'ensemble du présent dossier, il est intéressant de constater que la droite et la gauche sont plus qu'intimement liées dans les mêmes mensonges !
Il convient également de préciser que les services spéciaux français appelés S.D.E.C.E. sont devenus la D.G.S.E. actuelle en 1982, sous l'impulsion du président MITTERAND ; mais cela n'a vraiment strictement rien à voir bien entendu...
S.D.E.C.E - D.S.T. - R.G. - D.G.S.E. quel mélange de saloperies !