HISTOIRES DE FAMILLE...
DIDIER LEROUX, JACQUES LAFLEUR, PHILIPPE PENTECOST
ET LES AUTRES....

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Selon BENOIT SAURAY avec qui je travaillais à la mairie de NOUMEA à l'époque des événements, l'homme politique DIDIER LEROUX, entrepreneur calédonien, président de la Fédération Patronale, propriétaire du journal "Le Quoitidien Calédonien" et depuis quelque temps opposant politique à Jacques Lafleur - aurait une famille très importante en FRANCE.

En plus des fonds qu'elle accorderait très généreusement au R.P.R. de JACQUES CHIRAC, celle-ci serait la principale actionnaire d'un très gros laboratoire français de fabrication pharmaceutique ( ROUSSEL-UCLAF ).

J'avoue que ces renseignements sont anciens mais néanmoins, cela expliquerait la position de DIDIER LEROUX à la tête de l'O.C.D.P., la plus importante société privée de distribution de produits pharmaceutiques en NOUVELLE-CALEDONIE...

Encore une"histoire de famille'' en quelque sorte... L'une fabrique des médicaments, et l'autre participe à la vente de ces produits mais il n'y a rien d'illégal dans cette pratique, précisons-le.

Cette société a son siège social dans le complexe EDOUARD PENTECOST PK5 NOUMEA.

C'est d'ailleurs le fils de feu EDOUARD PENTECOST, PHILIPPE PENTECOST qui a racheté le journal de DIDIER LEROUX, au mois d'août 1996 il me semble ; ce journal avait été lancé par ce dernier au mois de décembre 1995.

Il y a pourtant un fait qui est passé pratiquement inaperçu à NOUMEA, c'est la disparition pure et simple de la PHARMAPRO dans les années 1989 / 1990, période où les médecins militaires en poste en NOUVELLE-CALEDONIE ont été tous remplacés par des médecins civils.

C'était sans nul doute une des clauses des fameux accords de MATIGNON...

Il convient de préciser que la PHARMAPRO était un vrai office administratif territorial d'approvisionnement en produits pharmaceutiques.

Celui-ci desservait les hôpitaux et dispensaires territoriaux en produits et matériels de base nécessaires à la bonne marche de ces organismes de santé publique.

Installé dans les locaux de l'ancienne prison civile du BOULEVARD EXTERIEUR, en contrebas du tribunal de NOUMEA, cet office fonctionnait sans aucune marge bénéficiaire.

Les prix de vente des produits couvraient uniquement les frais de cet office : Salaires du personnel, achats des marchandises, frais de gestion etc.

De ce fait, le coût de ces produits étaient beaucoup plus bas que dans le secteur privé et l'on peut dire à présent que la disparition de la PHARMAPRO a été la bienvenue pour certains...

DIDIER LEROUX s'était retiré des listes du R.P.C.R. le 10 avril 1988 avant la suppression de cet office administratif, car il faut être objectif n'est-ce pas ?

Il avait exercé un mandat électif sous cette étiquette politique et l'on peut dire sans se tromper lourdement que les dissensions publiques LEROUX / LAFLEUR ne sont que les transpositions locales des dissensions LAFLEUR / CHIRAC.

Encore une"histoire de famille'' en quelque sorte...

Je précise que BENOIT SAURAY me donnait de nombreux renseignements de ce genre, car il avait confiance en moi. Lorsqu'il avait besoin de quelqu'un pour l'aider sur son ancienne propriété de OUACO, j'étais toujours là, surtout dans les moments difficiles où beaucoup se"débinaient''.

Nous avions eu du reste notre"baptême du feu'' en même temps à TEMALA, sur le barrage mis en place à la suite du boycott actif des élections prôné par le F.L.N.K.S. le 18 novembre 1984.

Nous étions assez nombreux à être venus par avion de NOUMEA, afin de renforcer les populations calédoniennes locales. C'est ainsi que j'avais été accueilli chez FRANCE DEBIEN dit"POUPOUNE'', celui-là même qui affirmait ne pas me connaître devant la cour d'assises de NOUMEA les 24 / 25 / 6 avril 1996, tout comme HENRI MORINI du reste…

Fameux témoins de"moralité'' que ces deux là, en vérité !

Le soir de notre arrivée sur les lieux, LUCIEN DEVAMBEZ et deux autres militants kanaks du F.L.N.K.S. nous tiraient dessus. Ils étaient dans la montagne surplombant le barrage routier, et après une salve importante de tirs nocturnes de notre part principalement, nous avons procédé à l'enlèvement de tous les barrages du F.L.N.K.S. dans la région le lendemain matin.

Les tireurs du F.L.N.K.S. avaient même été remis par les autorités coutumières de la tribu aux forces de gendarmerie apparues comme par"miracle'' après la"guéguerre'' de la veille… Une attitude courante à cette époque !

Il faut bien avouer que ces autorités coutumières subissaient la pression"loyaliste'' armée,"loyalistes'' qui barraient à leur tour les accès de cette tribu en plus de l'encerclement de celle-ci.

Je précise que cette action dont nulle trace ne figure dans le MEMORIAL CALEDONIEN co-rédigé par PIERRE MARESCA, avait été décidée par JACQUES LAFLEUR lui-même.

En effet, son exploitation minière de nickel située non loin était un point stratégique pour lui. Il avait les moyens de louer entièrement les avions d'AIRCAL, alors pourquoi ne pas en profiter pour un but beaucoup plus noble, qui était pour moi la protection de notre communauté par tous les moyens !

C'est juste après le drame de TIENDANITE le 05 décembre 1984, que JEAN-MARIE TJIBAOU prit la très sage décision de faire lever tous les barrages routiers mis en place par le F.L.N.K.S. en NOUVELLE-CALEDONIE et aux ILES LOYAUTES.

Il avait pourtant perdu dans cette fusillade deux de ses frères, TARCISSE et LOUIS dit"LOULOU'' en plus de huit autres militants.

Malgré cela, la pression persistait car du sang avait coulé de part et d'autre, le bilan étant beaucoup plus lourd du coté indépendantiste, trop lourd pour ce petit pays !

Le 16 décembre 1984, un incendie criminel ravageait le magasin COURTOT à BOURAIL, causant la mort et des blessures atroces aux personnes qui tentaient de récupérer du matériel dans les locaux.

Bilan : trois morts :

Trois blessés graves :

Bien sûr, le F.L.N.K.S. fut tout de suite incriminé et des barrages routiers"loyalistes'' s'érigèrent à l'entrée et à la sortie de BOURAIL.

Ces barrages furent enfoncés par les forces de l'ordre le 26 décembre 1984, sur demande expresse de JACQUES LAFLEUR et non du maire de BOURAIL JEAN-PIERRE AÏFA.

Motif : Les cuves de mazout nécessaires à l'exploitation de sa mine de OUACO étaient pratiquement vides.

Il faut rendre à CESAR ce qui appartient à CESAR, et JACKY UICHI avait été le témoin accidentel de la conversation téléphonique durant laquelle JACQUES LAFLEUR ordonnait l'enlèvement par la force de ces barrages qui gênaient beaucoup ses affaires, en plus de la libre circulation bien sûr…

De même, l'incendie tragique du magasin COURTOT n'était absolument pas le fait du F.L.N.K.S., mais bien dû à certains loyalistes de BOURAIL.

Ces derniers n'appréciaient pas du tout que le couple ROUSSEAU gérant ce magasin, vende du ravitaillement aux kanaks pendant cette période pré-insurectionnelle, paraît-il...

Ils n'avaient certes pas prévu la tournure dramatique de cette action où leurs propres amis allaient perdre la vie. J'ai appris des années plus tard le nom de famille d'un des auteurs de cet acte aux conséquences tragiques et incontrôlées, mais il lui reviendra d'en parler lui-même.

 

Quant à LUCIEN DEVAMBEZ qui m'avait tiré dessus à TEMALA, c'était un"copain'' du lycée LAPEROUSE à NOUMEA. En effet, nous étions assis exactement sur le même banc en 6ème M 5.

Il est mort le 03 décembre 1996 à 18 h 05 mn dans l'attentat de la ligne B du R.E.R. station PORT-ROYAL à PARIS. Étrange destin que celui de cet homme mort à 22 000 km de sa terre natale, lui qui avait été happé par la pourriture politique et les mensonges des événements de NOUVELLE-CALEDONIE.

Qu'il repose en paix maintenant, loin de ce merdier !

 

Après l'épisode moins tragique de TEMALA où il n'y eut"seulement'' que des dégâts matériels, il y eut celui de POYA, beaucoup moins glorieux à tout point de vue...

En effet, c'est sur la propriété de CLAUDE METZDORF sise CREEK AMIK MOINDAH POYA que je retrouvais BENOIT SAURAY. D'après les renseignements qui nous avaient été donnés, HENRI MORINI était dans la région et avait besoin de renforts.

C'est ainsi que des militants"loyalistes'' de NOUMEA et de LA FOA décidèrent de renforcer par leur présence les habitants de cette région. Avant de me joindre à ces troupes, j'avais aidé au chargement en vivres et en carburants d'un camion destiné à cette zone.

Nous déchargeâmes tous ensemble ces marchandises dans un dock situé à coté de l'habitation de CLAUDE METZDORF, au crépuscule. Grâce à BENOIT SAURAY qui connaissait bien ce dernier, je pus quand même dîner mais les militants de LA FOA n'eurent pas cette chance, bien qu'ils aient grandement contribué au déchargement en question.

De plus, ils étaient venus tout à fait bénévolement contrairement à certaines personnes qui étaient payées pour assurer la sécurité de quelques propriétés privées ; bien sûr les sommes versées à ces chômeurs d'origine walisienne principalement n'étaient pas élevées, entre 20 et 30 000 CFP par mois...

Quand elles n'étaient pas détournées !

Mais pour certains, c'était tout de même mieux que rien en cette période plus que"trouble''.

Je m'inquiétai donc de cette situation auprès du propriétaire des lieux qui me répondit alors : " Ben...regarde ce qu'il reste sur la table... Il n'y a pas assez à manger pour tout le monde... ".

Je précise encore une fois que des cartons remplis de vivres divers avaient été entreposés à cet endroit.

Voyant cela, je dis à BENOIT SAURAY en aparté : " BENOIT, je vais descendre à NOUMEA avec les gars de LA FOA. ". En effet, ces derniers avaient pris cette décision entre eux, vu l'accueil qui leur avait été réservé en ces lieux...

BENOIT SAURAY déclara alors : " C'est dommage car dans la nuit ou demain matin, il risque d'y avoir du grabuge dans la région et il faudra des gens sûrs... ". C'est ce qui me décida à rester au moins jusqu'au lendemain matin, tandis que les hommes de LA FOA rentrèrent chez eux.

Après être venus de bon gré, ils repartirent déçus, sans même avoir eu droit à un simple casse-croûte et encore moins à un plein d'essence pour le chemin du retour... Pourtant, des fûts de 200 litres d'essence et de mazout étaient là, tout près dans le dock...

J'étais moi-même dégoûté, et ayant effectué une garde nocturne à l'extérieur de la maison de CLAUDE METZDORF, je pris également le chemin du retour vers NOUMEA en compagnie de BENOIT SAURAY. La veille j'avais eu droit à un vrai spectacle genre RAMBO local avec toute sa petite panoplie : Treillis, chapeau, rangers, fusil, revolver, poignard etc. pour protéger sa propriété...

C'est d'une bonne table de l'hôtel BANU à LA FOA que BENOIT SAURAY et moi vîmes passer de nombreux camions militaires bourrés de gendarmes mobiles, avec tout leur attirail également. ; ils se dirigeaient justement vers POYA.

En fin d'après-midi, les"forces de l'ordre'' avaient été vraiment efficaces car environ une dizaine d'habitations de"loyalistes'' étaient parties en fumée"grâce'' au F.L.N.K.S. Dans la soirée, la télévision locale d'état présenta un reportage sur les événements survenus dans cette région : Gros plans sur"l'efficacité'' des gendarmes mobiles, fumées des gaz lacrymogènes, bruitage etc. et surtout un calédonien aux cheveux blonds qui pleurait et hurlait à l'écran : " Donnez-moi un fusil, mais donnez-moi un fusil ! ".

C'était trop tard, et plus jamais je ne revins dans cette région.

Douze années plus tard, au cours d'une conversation avec l'un des hommes de LA FOA s'étant rendu sur la propriété METZDORF à l'époque, je lui avais demandé : "Te souviens-tu encore de l'accueil que vous avez eu là bas ? ". Réponse de celui-ci : " Et comment ! Comme des cheveux dans la soupe, rien à bouffer etc.

Mais au passage on est reparti avec quelques cartons qu'on avait déchargés... C'est normal non ?

Et toutes les maisons qui sont parties en fumées ensuite ! ".

Ces phrases ont été prononcées par THIERRY COLEUX aujourd'hui gardien dans le pénitencier du CAMP-EST, celui-là même qui me maintenait au sol le 25 juin 1998 à 08 h, lors de ma libération forcée et pour le moins musclée…

Il convient tout d'abord de préciser que quelques mois auparavant, j'avais déchiré les feuillets de remise de peine me concernant, lorsque le greffier était venu dans ma cellule pour me les faire signer.

Une lettre recommandée en ce sens avait également été expédiée au président de la république le 22 mai 1996. ( voir chapitre " PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE " ).

C'est toujours dans cette ligne de conduite que je refusai de signer le document de levée d'écrou ainsi que la prise d'empreintes digitales du pouce gauche, le 25 juin 1998.

Je m'étais alors débattu lorsque les gardiens JOHN ROBSON et ERIC BOGEY parmi tant d'autres tentaient par la force de me faire remplir ces formalités.

Agrippé de toutes parts et plaqué au sol, je me souviens très bien avoir vu le gardien THIERRY COLEUX ( qui n'avait pas encore revêtu l'uniforme réglementaire de gardien ) placer son genou et ses deux mains sur mon bras droit, tandis que le gardien ERIC BOGEY s'en donnait à cœur joie pour ouvrir mon poing fermé et prendre ces fameuses empreintes digitales.

A ce moment précis, j'avais encore trouvé la force de dire :

" Alors toi aussi THIERRY, merci pour ce que tu fais, merci ! ".

Et dans ma tête, une petite phrase : " Ils vont tous payer cela un jour ".

Cette formalité expédiée par la force du nombre, je m'étais relevé en disant :

" Vous pouvez être très fiers de ce que vous venez de faire aujourd'hui, 15 gardiens pour ça ! ".

Oui, encore merci à vous aussi LAURENT RIDEL GERARD LAVIGNE EDMOND QUENNEVILLE MICHEL COLLANGE GEORGES OVIDE et autres courageux !

Une question reste en suspend pourtant : " Lequel d'entre vous a subtilisé tous les récépissés de mes principales lettres recommandées figurant dans le présent ouvrage ? ".

Ce n'est certes pas de cette façon que les fautes des uns et des autres seront"effacées'', n'est-ce pas ?

 

Ce long détour pour préciser que je revis CLAUDE METZDORF et son épouse des années plus tard au SURF HOTEL, à l'occasion du mariage de BENOIT SAURAY. JACQUES LAFLEUR figurait parmi les invités et celui-ci était en grande conversation avec le couple METZDORF. M'étant approché de ce petit groupe, j'avais compris qu'il était question d'un prochain meeting du R.P.C.R. à POYA.

JACQUES LAFLEUR avait déclaré à un moment :

" Il faudra qu'il y ait beaucoup de monde, et on va prévoir un grand buffet froid... ".

Réponse des époux METZDORF : " Ne t'inquiètes pas JACQUES, il y en aura beaucoup. ".

La conversation s'étant arrêtée un peu plus tard, je m'étais retrouvé seul quelques secondes avec JACQUES LAFLEUR et je n'avais pas pu m'empêcher de lui dire : " Vous savez bien prendre les calédoniens, monsieur LAFLEUR… ", tout en me frottant le ventre. Réponse de JACQUES LAFLEUR : " Oh ! mais ils savent bien prendre eux aussi… ", tout en frottant la poche droite de son pantalon, là où il y a le portefeuille.

Comme il avait malheureusement raison ! ( et moi aussi du reste... ).

C'était la seule et unique fois où j'avais adressé la parole à cet homme qui, rappelons-le avait interdit tout acheminement d'armes à POYA juste avant les incendies de toutes ces maisons.

Ces armes avaient été déposées au domicile de son frère JEAN LAFLEUR au VAL PLAISANCE, au cours d'une réunion avec les renforts tant attendus par un HENRI MORINI complètement coincé à POYA.

C'est dans un COMBI VOLKSWAGEN blanc appartenant à la mairie de NOUMEA que celles-ci furent acheminées du VAL PLAISANCE à l'aérodrome de MAGENTA.

Un hélicoptère devait ensuite les transporter chez CLAUDE METZDORF à POYA, et dans un même temps les renforts s'en allaient par la route sans arme, ceci afin d'éviter tout problème avec les"forces de l'ordre''.

C'est en revenant d'une tournée d'inspection avec ce même hélicoptère que JACQUES LAFLEUR déclara :

" Tout est calme et ces armes ne sont pas justifiées. Je ne suis pas d'accord pour les envoyer à POYA ! ".

On connaît la suite, mais peut-être que le sang aurait coulé pour rien sinon pour abreuver un peu plus les saloperies de l'état français en cette période plus que trouble…

 

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