LA MORT DE JACQUES "Ié" IEKAWE

et la "flambée de violence" ayant détruit le supermarché Barrau.

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J. W. :

Qui ne se souvient pas de JACQUES IEKAWE, figure célèbre dans le monde administratif, se battant d'arrache-pied pour l'installation d'un futur siège de la COMMISSION DU PACIFIQUE SUD en NOUVELLE-CALEDONIE.

Hospitalisé au cours d'un voyage en NOUVELLE-ZELANDE, celui-ci décédait très rapidement dans un hôpital de ce pays, avant même d'avoir pu exercer les fonctions de secrétaire général de la COMMISSION PACIFIQUE SUD auxquelles il venait d'être nommé.`

Il convient de préciser que l'obtention de ce poste était discrètement mais fortement encouragée par l'U.C. qui voyait là un excellent moyen de rayonner à travers toute la zone couverte par la COMMISSION DU PACIFIQUE SUD, les pays du FORUM DU PACIFIQUE, les pays du"FER DE LANCE‘' pour des motifs évidents de stratégie politique.

JACQUES IEKAWE était membre de l'U.C., tout comme son père avait été conseiller territorial sous cette étiquette politique.

La rapidité de cette maladie à l'extérieur de la NOUVELLE-CALEDONIE étant suspecte, LEON BAKO, CHARLY WASSAKUA et moi ( tous de l'U.C. / LIFOU / NOUMEA ) nous sommes rendus chez le secrétaire général du territoire THIERRY LATASTE, afin de lui demander des comptes sur cette mort à savoir une autopsie du corps et une expertise.

Celui-ci, gêné, nous répondait alors que c'était très éprouvant pour la famille en deuil, celle-ci étant obligée d'assister à l'exhumation du corps, ravivant ainsi les souffrances de la famille seule habilitée à exiger cette procédure, et que JACQUES IEKAWE était un de ses amis intimes.

Il convient de noter que JACQUES IEKAWE était suivi par un médecin de famille qui n'avait pas décelé d'anomalies susceptibles d'entraîner une telle mort.

 

.... et comme par hasard, le supermarché Barrau, criblé de dettes, prend feu...

Après avoir parlé de cette mort bizarre, nous avons exprimé nos soupçons sur l'incendie du supermarché BARRAU survenu pendant la période de deuil, à savoir :

1 / L'étendue des sinistres.

2 / La lenteur du service incendie.

3 / L'arrestation de nombreux jeunes kanaks, et la procédure expéditive avec laquelle l'enquête de police avait été menée.

Nous lui avons également fait remarquer la coïncidence qui existait entre cet incendie et les graves difficultés financières de ce magasin qui étaient connues de tout le monde.

C'était trop flagrant et pour nous,"quelqu'un'' se servait de la présence de nombreux kanaks à NOUMEA à l'occasion du deuil de JACQUES IEKAWE, et peut être de la douleur engendrée par sa disparition.

THIERRY LATASTE nous répondit alors que tout était normal, que c'était un accident, et que s'il y avait quelque irrégularité cela se saurait.

L'entretien s'est terminé là, mais pour moi c'était flagrant et mes doutes étaient confirmés après tout ce que j'ai découvert maintenant.

A ce sujet, il me revient à l'esprit une anecdote : JEAN-MARIE TJIBAOU en mission à l'extérieur de la NOUVELLE-CALEDONIE à l'O.N.U. (U.S.A.), avait été subitement pris de malaises juste après avoir absorbé de la nourriture dans l'hôtel de la délégation indépendantiste.

JEAN-MARIE TJIBAOU avait été forcé de vomir par les autres membres de la délégation, dont PAUL NEAOUTYINE à ce qu'il paraît. Bien sûr, cela reste à vérifier.

NOTE SUPPLEMENTAIRE

Le préfet délégué JACQUES IEKAWE décédé le 10 mars 1992 en NOUVELLE-ZELANDE avait été le premier kanak à accéder au grade de chef d'administration le 25 août 1971.

Il avait occupé les fonctions de chef du département administratif de la S.L.N. / NOUMEA le 1er janvier 1986 avant d'être nommé secrétaire général de la NOUVELLE-CALEDONIE le 29 juin 1988.

Le magasin BARRAU avait été complètement rénové avant d'être détruit par le feu les 14 / 15 mars 1992.

Le 10 mars 1992, date de la mort plus qu'étrange de JACQUES IEKAWE les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :

FRANÇOIS MITTERRAND président de la république.

EDITH CRESSON premier ministre jusqu'au 2 avril 1992.

HENRI NALLET ministre de justice jusqu'au 2 avril 1992.

PHILIPPE LEMARCHAND ministre de l'intérieur jusqu'au 2 avril 1992.

LOUIS LE PENSEC ministre des DOM-TOM.

ALAIN CHRISTNACHT haut-commissaire de la république et délégué du gouvernement en NOUVELLE-CALEDONIE.

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