LES EVENEMENTS DE LIFOU
EN 1990 - 1991

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J.W. : Ce dossier très complexe commence fin 1990 / début 1991 ( à peu près ), avec le problème de l'installation du port de WE en passant par les cases brûlées, les"tabassages'', les coups de feu, et celui-ci n'est pas encore terminé car un jugement doit être prononcé à l'encontre de CONO HAMU.

Au cours d'une réunion coutumière organisée pour régler ce problème du port de WE, CONO HAMU a été blessé une première fois.

Cette réunion ressemblait plus à une embuscade car avant qu'elle ne débute, CONO HAMU était assommé et CARLOS KATRAWA ( beau-frère de CONO HAMU ) tirait plusieurs coups de feu dont un dans ma direction, sans m'atteindre toutefois. L'arme utilisée était un fusil de chasse ( calibre 12 ou 16 ) appartenant à LOUIS KATRAWA, oncle de CARLOS KATRAWA.

Celle-ci était normalement entreposée dans le logement de fonction de FRANCK WAHUZUE, à WE LIFOU.

Une semaine avant l'embuscade, celui-ci remettait l'arme en question à CARLOS KATRAWA sur la demande de ce dernier, il faut le préciser.

Seulement trois ou quatre jours avant cette réunion-embuscade, FRANCK WAHUZUE m'avertissait que CONO HAMU ne serait pas en sécurité lors de cette rencontre à HNASSE, en omettant de me dire qu'il avait remis une arme à CARLOS KATRAWA.

Le dimanche de la fusillade, FRANCK WAHUZUE était au VANUATU, pour revenir sur NOUMEA le lundi.

L'avertissement qu'il m'avait donné auparavant n'était-il pas destiné à s'innocenter pour la suite des événements ? Pourquoi a-t-il omis de préciser qu'il avait remis une arme à CARLOS KATRAWA ?

Sa présence au VANUATU n'était-elle pas destinée à lui fournir un alibi en cas de besoin ?

Durant les années 1991 / 1992, lors de l'épisode des cases brûlées, un fait curieux s'est produit :

Un document tamponné à en-tête de la chefferie de LÖSSI a circulé parmi les gens de LÖSSI, qui étaient ainsi chargés d'incendier les habitations du clan UJICAS. Sur ce document figurait l'ordre de brûler les cases du clan sus-cité.

Celui-ci n'a jamais été retrouvé, mais le grand chef BOULA du district de LÖSSI a toujours démenti avoir donné un ordre pareil.

FRANCK WAHUZUE n'est-il pas le porte-parole officiel de cette chefferie ?

Durant l'année 1992, un colloque sur le développement avait été organisé à LIFOU par la PROVINCE DES ILES. Parmi les participants, on pouvait noter la présence de FRANCK WAHUZUE, FOTE TROLUE, BILLY WAPOTRO et MACATE WENEHOUA.

Une certaine tension régnait sur ce colloque et bizarrement trois ou quatre mois après celui-ci, une nouvelle vague de violences secouait l'île de LIFOU. Quel plan se cachait derrière ce colloque ?

Au cours de l'émission télévisée qui a couvert ce colloque, MACATE WENEHOUA avait été filmé sous tous les angles. Ne devait-il pas remplacer un peu plus tard CONO HAMU ?

Quel est le degré de complicité de la télévision locale ( RFO ) dans cette manipulation ?

Ce que tout le monde ignore à travers tous les événements de LIFOU, c'est que derrière le masque coutumier se cache des opérations dignes de la MAFFIA !

Outre l'aspect financier important du port de WE (coût réel 1.200.000.000 CFP au lieu de 600.000.000 CFP prévu initialement ) dont on connaît l'incidence sur les événements survenus dans le district de LÖSSI, un autre marché beaucoup plus important explique encore mieux une des raisons profondes.

Courant 1989 / 1990 ( la date peut être facilement vérifiée ), RICHARD KALOI, président de la PROVINCE DES ILES signait un marché de gré à gré d'un montant de 3 800 000 000 CFP avec moi JOSEPH WANANIJE, pour la construction de deux tranches de villas entièrement viabilisées à WE.

- Première tranche : 200 villas.
- Deuxième tranche : 40 villas.

Ce document est bien entendu gardé en lieu sûr, et je suis prêt à le remettre à la justice pour confirmer mes dires.

Fort de ce document, je décidais de mettre en place une structure coutumière originale de développement en associant les clans fonciers UJICAS, IWA du district de LÖSSI, et les clans WAEGEN, WANANIJE du district de GAÏCA.

Une société fut créée légalement, la SO.MEL.BAT dont le capital était réparti comme suit :

- Société MODUCO 49 %
- Les 4 clans suscités 49 %
- Monsieur PATRICK GRAU 2 %

Cette société une fois constituée devait permettre l'obtention des prêts bancaires nécessaires à la construction desdites villas, lesquelles auraient été rentabilisées ensuite par la PROVINCE DES ILES.

Cette rentabilité sous forme de loyers perçus directement par la PROVINCE DES ILES avait l'avantage d'éviter une circulation financière susceptible de créer des tensions à l'intérieur même des clans cités précédemment.

Une règle précise avait été adoptée, à savoir que seul le travail fourni par les clans lors de la construction des villas constituerait une source de revenus.

Après la constitution de la SO.MEL.BAT, j'ai contacté Monsieur VERNAUDON à la B.C.I., avec le document du marché.

Celui-ci ne pouvant débloquer que 500 000 000 CFP par an, je me suis tourné vers l'I.C.A.P. dont les possibilités financières étaient à la hauteur du projet.

Les moyens financiers acquis, il ne me restait plus qu'à trouver les moyens de construction ; pour cela, contacté par NOEL WAHUZUE, je me dirigeais vers une entreprise locale (BAT. 2000 il me semble ) constituée par une association de NOEL WAHUZUE et d'ALFIO ZUCCATO.

NOEL WAHUZUE me demanda une photocopie dudit document de marché, afin d'en vérifier la valeur juridique auprès de GUY AGNIEL, dont les compétences en la matière sont notoires. ( GUY AGNIEL est docteur en droit ).

Assuré de la valeur du document, NOEL WAHUZUE me déclara : " Cela m'intéresse ; si tu me donnes le marché tu as 100 000 000 CFP pour toi... ". Je lui répondis : " Non merci, je ne mange pas de ce pain-là ", et je suis parti. ( Il convient de préciser que NOEL WAHUZUE est le frère de FRANCK WAHUZUE ).

Peu de temps après les problèmes commencèrent, surtout pour les clans UJICAS et IWA situés dans le district de LÖSSI, et des rumeurs malsaines circulaient à LIFOU sur mon compte, mais je reviendrai ultérieurement sur ce point.

Au sujet de à ce document de 3.800.000.000 CFP, on peut s'interroger sur la valeur d'un tel marché conclu de gré à gré, mais je tiens à préciser que je n'étais absolument pas au courant de la législation en vigueur, à savoir qu'en aucun cas un président de province ne peut dépasser la somme de 600 000 CFP pour ce type de dépenses.

Je n'ai su que plus tard qu'un tel marché aurait dû faire l'objet d'une délibération provinciale et non d'un simple contrat de gré à gré.

A la suite de cette découverte, PATRICK GRAU consulta un représentant juridique de la société LEFEBVRE, lequel déclara : " Vous déposez une plainte au tribunal avec ce document et vous êtes sûrs d'obtenir une compensation financière comprise entre 3 et 5 % du montant total du marché " ( entre 140 et 160 millions CFP à peu près ).

Devant les tensions et les rumeurs persistantes qui régnaient à LIFOU, nous n'avons jamais construit les villas en question, mais je suis toujours en possession du document de 3,8 milliards CFP.

NOTE SUPPLEMENTAIRE

Dans le cadre des violences décrites au début de ce volet, CONO HAMU, JOSEPH WANANIJE, EVANESIE BOULA et d'autres personnes dont je n'ai pas les identités ont fait l'objet d'un jugement décentralisé à LIFOU, le 11 août 1994.

Des condamnations avec sursis avaient été prononcées par ce tribunal en signe d'apaisement, comme"ils'' disaient…

De retour au bloc C d'isolement du CAMP-EST, JOSEPH WANANIJE rédigea une lettre d'appel de cette décision de justice qui n'était qu'une mascarade à ses yeux !

En effet, il savait à présent que les événements de LIFOU de 1990 à 1993 avaient été téléguidés, comme ceux de 1984 du reste. Il n'accepta donc pas les 3 mois de prison avec sursis ni l'amende de 150 000 CFP.

A titre indicatif, les copies certifiées conformes du document de 3,8 milliards CFP sont jointes au présent ouvrage ( voir chapitre " PHOTOS ET DOCUMENTS " ).

De même le procès verbal établi à WE LIFOU le 19 août 1990 est clair :

Les clans y ayant apposé leurs signatures ont été les premiers à subir des incendies criminels.

L'ARGENT, ENCORE L'ARGENT, TOUJOURS L'ARGENT !

L'ARME DE LA RUMEUR...

J.W. : La rumeur publique parfois soigneusement dirigée et entretenue, est une arme des plus redoutables ; celle-ci a été très largement utilisée à LIFOU, brûlant plus sûrement les cases que les incendiaires dans un pays pourtant appelé DREHU"le pays des esprits'', où la coutume est respectée comme la parole qui accompagne cette coutume, esprit vivant de la terre mais aussi du monde kanak.

Dans ce contexte, comment comprendre que nous ayons pu être traités de"voleurs à la mairie'', que nous étions"contre la coutume'' en plus d'être"des pourris'', CONO HAMU et moi, et j'en passe...

Pourtant, un contrôle administratif de la gestion de la mairie effectué à la demande du nouveau maire MACATE WENEHOUA, ne permit de découvrir aucune irrégularité.

- Quels ont été les rôles de MACATE WENEHOUA, de JOSEPH WAITREU, de SIWAN QENENOJ, de MELENE QENENOJ du conseil de district de GAÏCA dans le colportage de ces rumeurs indignes de nous, gens de LIFOU ?

- Quel a été le rôle véritable de ce métropolitain, professeur d'université détaché auprès de la province des îles, dans ses conseils donnés à MACATE WENEHOUA ?

Mais au-delà de la rumeur publique, de l'attrait de l'argent qui est une des raisons sous-jacentes des problèmes de LIFOU, des rivalités coutumières, n'y a-t-il pas une autre raison plus vicieuse, plus perfide ?

Après OUVEA où deux leaders kanaks étaient abattus par un autre kanak indépendantiste lui aussi dans l'enceinte sacrée d'une chefferie, c'était le tour de LIFOU, cœur de l'U.C. et TERRE-MERE de kanaks de valeur quelles que soient leurs opinions politiques.

Cette raison ne s'appelle-t-elle pas manipulation, manipulations destinées à affaiblir le monde kanak dans un plan bien conçu, prévu longtemps à l'avance et appliqué de manière méthodique ?

- Quel a été le rôle de FRANCK WAHUZUE dans les causes réelles des événements de LIFOU ?

- Pourquoi le F.U.L.K. a-t-il tenu un congrès à KUMO LIFOU, le 24 septembre 1992, en pleine période de tension, prenant ainsi le risque ( calculé à l'avance ) de provoquer des dérapages ?

Celui-ci annonçait sa dissolution, mais aussi sa renaissance sous le nom de CONGRES POPULAIRE.

FRANCK WAHUZUE et le F.U.L.K. ne sont-ils pas liés par l'envoi de stagiaires kanaks en LIBYE, par l'intermédiaire de YANN CELENE UREGEI, travaillant tous les deux pour les services secrets français du B.E.L.- D.G.S.E. ?

Cela expliquerait l'assurance affichée par YANN CELENE UREGEI quant à sa sécurité sur le territoire mais aussi à l'étranger, ainsi que ses ressources financières !

 

NOTE SUPPLEMENTAIRE

Il est difficile de définir avec exactitude les liens unissant FRANCK WAHUZUE, instigateur de la filière d'envois de kanaks en LIBYE et YANN CELENE UREGEI.

Ce dernier agissant au grand jour, se permettait de réserver lui-même les billets d'avion destinés à ses stagiaires kanaks en formation au terrorisme en LIBYE.

Quant à la rumeur publique, c'est une arme qui a été largement utilisée en NOUVELLE-CALEDONIE, se déclenchant parfois elle-même et sans l'aide de services spéciaux quelconques...

 

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