J.W. :
C'est après mon premier marché interrompu de 3 800 000 000 CFP, que je me suis intéressé à ce système.
J'ai pu y découvrir des choses très intéressantes comme celle-ci :
Avant l'établissement d'un marché, il y a un projet qui découle bien souvent d'une volonté politique, par exemple : projets routiers ou maritimes, immobiliers, achats d'avions, de bateaux etc.
L'état français, à l'écoute des besoins politiques confie le projet à un bureau d'études bien souvent métropolitain, qui est parfois assisté par un bureau d'études local.
Le bureau d'études procède à l'évaluation du projet sous différents angles, mais l'un des plus importants est financier.
Le circuit simplifié en est le suivant :
1°/ ETAT FRANÇAIS.
2°/ BUREAUX D'ETUDES METROPOLITAINS. BUREAUX D'ETUDES CALEDONIENS.
3°/ INTERMEDIAIRES.
4°/ HOMMES POLITIQUES A L'INTERIEUR DES COMMISSIONS DES MARCHES.
5°/ SOCIETES DIVERSES.
6°/ PROJET TERMINE.
Les intermédiaires peuvent être soit des personnes physiques soit des personnes morales, mais bien souvent ce sont des personnes gravitant autour du monde politique ( NOEL WAHUZUE, par exemple...).
Une commission financière variant de 5 à 10 %, plus souvent 8 % du montant total du marché, est répartie entre les différents échelons du circuit décrit plus haut sur le schéma.
Ce procédé bien que non prévu par la loi est une pratique courante, mais l'on peut s'interroger sur les dossiers suivants :
Note : 1000 CFP = 55 FRF
A°) PORT DE WE
Budget prévu pour le projet 600 000 000 CFP
Coût final 1 200 000 000 CFP
Une soi-disant"erreur topographique'' et, ou une mauvaise évaluation du coût de réalisation a"gentiment'' fait doubler le montant de ce projet.
B°) HOTEL DE LA PROVINCE DES ILES.
Superficie approximative 2 400 m2
Coût final 2 400 000 000 CFP
Soit 1 000 000 CFP le m2, sans commentaire !
C°) ROUTE TRANSVERSALE KONE / TIWAKA.
Budget prévu pour le projet 3 000 000 000 CFP
Coût actuel 13 000 000 000 CFP
Et elle n'est toujours pas finie malgré 10 années de travaux !
Il semblerait que le tracé suivi par cette route ne soit pas vraiment idéal, vu le nombre d'éboulements, mais certaines sociétés françaises y trouvent leur compte !
D°) FERRY-BOAT PRESIDENT YEIWENE.
Prix d'achAT 600.000.000 CFP
Coût final 1 200 000 000 CFP
Après aménagement et mise aux normes de navigation pour le trajet NOUMEA / ILES LOYAUTES.
Les dernières réparations des moteurs du ferry-boat ont coûtées 60 000 000 CFP.
Le sous-préfet des îles JEAN-JACQUES MOULINE était opposé à l'achat de ce bateau, car il affirmait qu'il ne répondait pas aux normes de navigation imposées par la loi.
Il a été muté pour son opposition à l'achat de ce bateau, à ce qu'il paraît... (mais cela reste à vérifier ).
Il est intéressant de constater que ce bateau portant un nom lourd de souffrances est un symbole de problèmes sans fin !
Quand on connaît l'importance des symboles dans le monde kanak, on peut se demander si l'origine des problèmes est bien matérielle.
De l'étude de ces quatre dossiers ( mais il y en a certainement d'autres, dans une autre direction ), il s'avère que le coût initialement prévu a carrément doublé, atteignant ainsi des sommes astronomiques !
On pourrait se contenter d'une analyse superficielle mais il s'avère que la filière des marchés est la principale source de discorde, de corruption et de chantage par contrecoup ( lettres M.C.E. de l'effet"M.I.C.E.'' ).
En effet les sommes recueillies servent, avec la complicité active et passive du gouvernement français, à tenir et entretenir certaines personnes ( dont je réserve les identités pour les prochains dossiers ).
Cette corruption du monde politico-financier entretenue et encouragée par la FRANCE permet à celle-ci de mieux contrôler ou plutôt d'influencer certains comportements, certaines décisions actuelles, mais surtout à jeter les bases de la CALEDONIE de 1998 où elle compte bien avoir sa place, en continuant d'exploiter le nickel calédonien moyennant une petite ouverture du capital de la S.L.N. aux investisseurs locaux, par exemple.
Cette solution lui permettrait de"rayonner'' à l'intérieur d'une sphère d'influence pro-française dans l'OCEAN PACIFIQUE, mais l'on peut se poser des questions sur la nature de ce rayonnement, n'est-ce pas messieurs les polynésiens ?
" Pourquoi ne pas citer de noms ? " me direz-vous.
Je vous répondrai à mon tour :
" Pourquoi en citer ? Les brigades financières sont là pour ça, mais sont peut-être utilisées à autre chose n'est-ce pas ? ".
De plus, si elles travaillent comme la brigade de recherches de la caserne MEUNIER... ( voir dossier ).
Pourquoi n'y a-t-il pas une cour des comptes s'occupant efficacement de problèmes comme le port de WE par exemple ?
Pourquoi certains dossiers informatisés de contribuables possèdent-ils un code spécial d'accès que seul le chef des services fiscaux détient, et non les employés chargés de ce travail ?
Serait-ce pour entretenir la corruption ou mieux dissimuler des choses ( que je connais pour certaines personnes ).
Que la brigade des finances de la gendarmerie nationale fasse le travail pour lequel elle est prévue, en auscultant ces dossiers au lieu de se contenter de menu fretin.
A-t-elle oui ou non fourni directement ou indirectement les éléments nécessaires à la troisième section de manipulation du B.E.L.- D.G.S.E., permettant à celle-ci de déclencher à distance une véritable guerre des communiqués ( guerre des fax ) entre deux hommes puissants, GASPARD"BILL'' RAVEL et JACQUES LAFLEUR, afin de fragiliser ce dernier en tant que leader du R.P.C.R. ?
Celui-ci attaquant le premier la PROVINCE DES ILES par l'intermédiaire du fameux dossier du ferry-boat PRESIDENT YEIWENE, a reçu une formidable riposte.
- Qui en a fourni les éléments ?
- Qui a intérêt à ce que kanaks et non-kanaks ne s'entendent pas, mais plutôt se tolèrent en laissant un no man's land propice à l'exploitation du nickel calédonien par une certaine FRANCE ?
NOTE SUPPLEMENTAIRE
Lorsqu'il était au bloc C d'isolement, JOSEPH WANANIJE m'avait affirmé les choses suivantes :
- Après la signature des accords de MATIGNON le 26 juin 1988, CONO HAMU a reçu de l'argent de son"sponsor'' officiel qui était l'entreprise de construction LEOPOLD GUYENNE, via des marchés publics aux ILES LOYAUTES.
Il n'était pas le seul dans cette situation, car c'était une pratique courante à l'époque.
- LA MAISON DE LIFOU, organe municipal servant de devanture à des pratiques politico-économiques douteuses était gérée par JOEL ADREY, un sympathisant de monsieur CONO HAMU.
C'est du reste JOEL ADREY qui donna la somme de 150 000 CPF à JOSEPH WANANIJE, somme qu'il flamba aussitôt avec certains militants de L'U.C. / LIFOU.
L'argent"facile'' était le grand drame de cette période d'opulence où économie,"tranquillité'' et racket faisaient bon ménage !
Cette méthode qui gangrenait le monde politique de LIFOU fut ensuite appliquée au monde coutumier, tout en précisant que ce n'était pas là une exclusivité de l'île en question
Par la suite, CONO HAMU subit des dégâts matériels importants.
- Environ 15 jours avant sa libération, maître GERALD MEYER rendit visite à JOSEPH WANANIJE détenu au CAMP-EST. Cet homme de loi, dont l'étude se situe au n° 87 bis route de L'ANSE VATA - NOUMEA, vint l'informer que la S.L.N. lui offrait la somme de 1 100 000 CFP pour financer l'achat d'une maison sociale au lotissement PAIMBOUE à KONE, au titre de 1er versement.
La réponse de JOSEPH WANANIJE fut alors la suivante : " Le temps est fini où l'on achetait les gens avec de tels procédés ! ". Après bien des difficultés, JOSEPH WANANIJE obtint une maison dans ce lotissement, sans aucun passe-droit ni magouille. La traite mensuelle fut doublée pour compenser le fameux apport initial de 1 100 000 CFP dont il ne disposait pas.
- Ayant surpris un jour une conversation téléphonique, JOSEPH WANANIJE possède quelques informations sur le meurtre jamais élucidé de YVES TANGUY ROLLAND. Le corps de ce dernier avait été découvert dans une villa sise 79 avenue du maréchal FOCH près du lycée LA PEROUSE à NOUMEA. Après un coma de quelques jours, YVES TANGUY ROLLAND mourut sans avoir repris connaissance.
A l'époque de ce meurtre, JOSEPH WANANIJE travaillait encore à la PROVINCE DES ILES en tant que chargé de mission ; c'était donc avant son emprisonnement le 15 avril 1993.
La teneur de la fameuse conversation téléphonique sus-citée l'ayant fortement intrigué, JOSEPH WANANIJE décida d'informer anonymement la brigade de recherches de la caserne MEUNIER.
En effet, il était question de la sécurité pour ne pas dire plus, d'un enquêteur de la brigade des finances.
Celui-ci s'intéressait d'un peu trop près aux agissements de GASPARD"BILL'' RAVEL, via un de ses"satellites'' qui était PAUL GIOVANONNI.
Pour cela, JOSEPH WANANIJE utilisa le téléphone de son bureau de la PROVINCE DES ILES, sans donner son identité, mais le résultat ne se fit pas attendre: Moins de quinze minutes plus tard, JOSEPH WANANIJE fut convoqué par la brigade de recherches de la caserne MEUNIER car son téléphone était sur table d'écoute !
Plus tard et au cours de son incarcération, JOSEPH WANANIJE fut de nouveau interrogé à ce sujet par des enquêteurs métropolitains au commissariat central de POLICE de NOUMEA. Rendu extrêmement méfiant par tout ce qu'il avait découvert en prison, il refusa toute coopération malgré les remises de peine alléchantes proposées par ces derniers.
Le ferry-boat PRESIDENT YEIWENE, objet de la"guerre des fax'' entre GASPARD"BILL'' RAVEL et JACQUES LAFLEUR, aurait été revendu 60 millions CFP aux dernières nouvelles, après avoir coûté près de 1,4 milliard CFP au total ( achat, réaménagement, mise aux normes, réparations ).
Il est à noter que GASPARD"BILL'' RAVEL a été président de la société AIR CALEDONIE INTERNATIONAL, poste dont il avait été démissionnaire le 18 septembre 1985.
En ce qui concerne la route transversale KONE / TIWAKA, les chiffres officiels seraient différents, à savoir :
-Budget prévu pour le projet 1 800 000 000 CFP
-Coût actuel 7 000 000 000 CFP
Afin d'éviter toute suspicion la cour locale des comptes veille au grain, le tout est de savoir pour qui
Pour revenir aux marchés-corruption et autres pratiques douteuses, la droite locale n'est guère plus exemplaire...
Il suffit d'examiner avec attention les conditions de privatisation de certains services municipaux de la ville de NOUMEA, et la qualité des personnes ayant mené à bien ces opérations...
Opérations financières avant tout, comme la REGIE DES EAUX qui est un véritable poème à elle seule !
Il convient de rappeler que ce service était très rentable pour la mairie de NOUMEA, trop rentable aux yeux de certains...
Elle a été la première à être"privatisée-dévorée''.
Bien sur les délits d'ingérence n'existent pas en NOUVELLE-CALEDONIE, et il y aura toujours une personne très honorable pour dire que la REGIE DES EAUX n'était pas rentable, ou que de très gros travaux étaient nécessaires sur le réseau... Ben voyons !
Tout ceci avec rapports"d'experts officiels'' ou"d'audits'' bien sûr !
D'autre part, il n'existe pas de clef informatique spéciale pour les dossiers fiscaux de"certains'' contribuables de ce pays. Ce projet avait cependant été étudié pour être abandonné ensuite. Toutefois et selon certaines sources internes au service des impôts, il n'y aurait pas moins de 250 dossiers fiscaux qui seraient essentiellement gérés par la direction de cet organisme.
Ces"dossiers fantômes'' seraient totalement inaccessibles à l'ensemble du personnel