Quelques temps après l'émeute du 08 mai 1985 à NOUMEA, JACKY UICHI reçut la visite rapide d'un inspecteur de police à la QUINCAILLERIE NOUVELLE où il était employé. Ils se connaissaient, et cet inspecteur se réclamait du FRONT NATIONAL.
Ce dernier venait l'avertir de toute urgence qu'un dock situé à l'entrée de la zone industrielle de DUCOS serait perquisitionné le lendemain matin à la première heure. Il avait ensuite précisé qu'AUGUSTE TAÏB dit"POUPOU'' avait indiqué à la police que ce dock contenait des armes...
En effet, ce dock contenait tout notre matériel de combat à l'époque.
JACKY UICHI aidé par d'autres personnes procéda sans délai au déménagement des lieux qui furent effectivement perquisitionnés à la date et à l'heure prévues par la police de NOUMEA.
JACKY UICHI m'informa après coup de cette grave affaire vu l'urgence de la situation, et me donna les précisions suivantes après avoir été vivement félicité par moi-même pour sa rapidité de réaction.
- Cet inspecteur de police était sur le point de rentrer en FRANCE, son pays d'origine.
- Ce dernier avait des problèmes au commissariat central de police à cause de son étiquette politique FRONT NATIONAL.
- Il était à l'époque des faits le coéquipier d'un cousin éloigné de ma famille, l'inspecteur de police HENRY DELRIEU décédé le 26 août 1995 à la suite d'un malaise cardiaque au volant de sa voiture à KOUTIO.
Il convient de noter que l'inspecteur en question partit effectivement en FRANCE après avoir prévenu JACKY UICHI de l'imminence de la perquisition suscitée.
Après le cambriolage du coffre fort du magasin EUROMARCHE à KOUTIO les 15 / 16 juillet 1990, magasin dont la surveillance rappelons-le, était effectuée par la société de gardiennage S.G.S.P. d'AUGUSTE TAÏEB, je décidai la chose suivante :
Puisqu'AUGUSTE TAÏEB nous avait dénoncés en 1985, il devait en subir les conséquences, même des années plus tard.
Parmi plusieurs options dont certaines étaient très dures vis à vis de cet homme, j'avais retenu la plus douce en précisant que j'étais le seul responsable de celle-ci.
C'est ainsi qu'avant de m'absenter de la NOUVELLE-CALEDONIE, je donnai des instructions précises en ce sens à JACKY UICHI.
Ce dernier fit lui-même procéder aux dégradations prévues sur le bateau d'AUGUSTE TAÏEB, lequel était ancré dans les environs du virage du VALLON DU GAZ NOUMEA. De plus et toujours selon mes instructions, des paquets de pièces de monnaie et des documents comptables d'EUROMARCHE furent dispersés dans le bateau en question, afin qu'AUGUSTE TAÏEB soit fortement soupçonné dans le cadre de cette affaire non élucidée à l'époque.
Lorsque le juge d'instruction LUDOVIC FRIAT m'interrogea sur ce dossier, je lui déclarai qu'AUGUSTE TAÏEB n'était absolument pas notre complice, ce qui est vrai. Bien qu'étant connu dans notre milieu comme étant un indicateur de la police, ce dernier n'avait jamais été notre complice dans cette affaire, ni dans d'autres du reste.
Nous avait-il dénoncés en 1985, ou était-ce une manuvre de certains policiers destinée à nous laisser courir dans le cadre d'une opposition à l'indépendance kanake et socialiste ?
J'avoue très franchement que je ne suis plus sûr de rien dans ce merdier infâme !
Dès lors, il ne me servait strictement à rien de charger cette personne avec ce dossier lourd de 12 700 000 CFP.
Toujours est-il qu'AUGUSTE TAÏEB dit"POUPOU'' s'était éclipsé bien curieusement de la salle d'audience du procès d'assises des 24 / 5 / 26 avril 1996 à NOUMEA.
Il s'était pourtant constitué en partie civile pour les dommages qu'il avait subis sur son bateau, mais il est vrai que cette affaire d'inspecteur de police soi-disant du FRONT NATIONAL avait fait l'objet d'une partie de ma plaidoirie, n'est-ce pas ?
Là encore, le silence de JACKY UICHI fut plus qu'éloquent...
Qu'il ne se souvienne plus de l'identité exacte de cet inspecteur de police était concevable, mais son silence sur l'ensemble de cette affaire devenait franchement dégueulasse de sa part !
Il lui suffisait de dire devant cette cour d'assises : " Oui, ce que dit monsieur GUY DIJOU est exact !.
J'ai effectivement été prévenu de l'imminence de cette perquisition par cet inspecteur de police à l'époque ".
Mais peut-être ne serait-il pas sorti de prison le 11 juin 1996, dans ce cas...
Les motos assassines...
D'autre part et comme il est indiqué précédemment dans ce dossier, nous avions volé une moto de marque SUZUKI au VAL PLAISANCE.
Cette action figure sur la trop longue liste des faits auxquels nous nous sommes livrés dans le cadre de l'organisation de ce groupe de combat.
Il est d'ailleurs précisé :
" Vol d'une moto SUZUKI au VAL PLAISANCE NOUMEA pour rapidité des déplacements et plus si nécessaire " ( Voir note supplémentaire de la plainte du 02 juillet 1994 ).
La même annotation figure à la date 14 / 15 juin 1992 : " Vol de deux motos SUZUKI dans la société AUTOCAL NOUMEA pour déplacements rapides et plus si nécessaire ".
Avant de développer les mentions et plus si nécessaire, il convient de raconter la petite anecdote suivante, encore une...
Comme il est indiqué ci-dessus, nous avions volé une moto de marque SUZUKI au VAL PLAISANCE, il y a plusieurs années. Ne disposant pas de local approprié pour l'y dissimuler à l'époque, une ancienne fortification de NOUVILLE fut utilisée à cette fin.
Celle-ci étant munie d'une épaisse porte métallique, un verrou à clef y fut posé par JACKY UICHI et moi.
Lors d'un contrôle de ma part, je constatai que la porte avait été forcée et que la moto avait disparu...
Le voleur volé en quelque sorte, mais certainement pas dans le même but, j'en suis absolument sûr !
C'est ainsi que quelque temps plus tard, BENOIT SAURAY me posa la question suivante alors qu'il travaillait encore à la mairie de NOUMEA : " Est-ce que vous n'avez pas volé une moto SUZUKI pour la cacher du côté de NOUVILLE, par hasard ? POUPOU TAÏEB l'a trouvée et il aurait essayé de la revendre...
Il paraît qu'il est dans la merde, car il a les flics au cul pour cette histoire ".
Tel est pris qui croyait prendre, ceci étant valable pour moi aussi bien entendu.
Je crois pourtant savoir qu'AUGUSTE"POUPOU'' TAÏEB n'a jamais fait l'objet de poursuites judiciaires pour cette histoire de moto, ce qui est plus que normal...
Cette petite anecdote étant close, les mentions et plus si nécessaire peuvent maintenant être expliquées.
En effet, lors de ce procès trafiqué, le procureur général BERNARD DE GOUTTES m'avait posé la question suivante : " Qu'aviez-vous l'intention de faire avec ces motos, monsieur DIJOU ? ".
Réponse : " C'était pour des déplacements rapides d'un point à un autre, en cas de besoin... ".
Après avoir découvert l'implication honteuse de la FRANCE dans les événements de NOUVELLE-CALEDONIE et bien au-delà, après avoir déposé des plaintes jamais instruites, comment pouvais-je dire devant cette cour d'assises bidon :
" C'ETAIT EGALEMENT POUR ELIMINER DES LEADERS INDEPENDANTISTES OU DES STAGIAIRES LIBYENS SI NECESSAIRE, CAR C'EST PLUS FACILE EN MOTO ! ".
J'étais même en train d'étudier des modifications à apporter à certains fusils de chasse de calibre 12 modèle WINCHESTER 1500 XTR semi-automatique, plus précisément. Ils provenaient du stock de l'armurerie BALLANDE dévalisée au cours de deux nuits successives, les 29 / 30 novembre et 1er décembre 1986.
Ces modifications auraient peut-être permis de tenir d'un seul bras cette arme terriblement efficace, en tant que passager d'une moto par exemple...
Ceci bien sûr en cas de nouveaux événements.
Pourquoi aurais-je donné toutes ces précisions au procureur général BERNARD DE GOUTTES, alors que ce dernier cachait et cache encore des assassins dans les replis du drapeau bleu / blanc / rouge et de sa soutane rouge / blanche / noire ?
Cela étant également valable pour tous ses prédécesseurs, du reste.
Pourquoi aurais-je donné toutes ces précisions à ce procureur général n'ayant lui-même jamais ordonné une réelle instruction des faits terribles dénoncés dans toutes les plaintes de ce dossier ?
Le destin et la vie en laquelle j'ai foi n'ont pas permis que je devienne un assassin au cours d'événements créés de toutes pièces dans les arcanes du drapeau français.
JE LES REMERCIE MILLE FOIS POUR CE DON !