Retour au sommaire


 

DIJOU GUY

A

MONSIEUR REMY BRESIL

B.P 5049 NOUMEA

LE 09 JUIN 1996

J'ai bien reçu ta carte, mais il semblerait que tu n'aies pas bien compris, ou plutôt que tu n'aies pas voulu comprendre ce qui s'est passé devant cette cour d'assises de merde !

La différence est fondamentale, tu en conviendras toi-même.

Pour comprendre cela il n'est pas nécessaire de posséder un quotient intellectuel de 117 ou 122 arbitrairement défini par des magouilleurs, ceux-là même venus me demander"d'arranger'' ce procès afin que ‘'ça ne sente pas trop mauvais''...

Un peu à ta manière lorsque dans la cour du bloc A, tu m'as dit un jour peu avant ce procès d'iniquité :

" Ah ! Tu sais, je n'ai même pas envie de dire"là-haut'' que j'ai vu les cartouches de 5,56 mm de l'armée française... ".

J'aurai pu t'obliger à le faire en allant encore plus loin moi-même, mais cela ne m'intéressait pas :

J'aime bien voir ce que les gens ont dans le ventre, et... j'ai vu !

Ou encore :

" Moi, j'ai dit que tu m'avais donné 40 000 CFP seulement, pour refaire les freins du TOYOTA... ".

Comme ils ont été efficaces ces 40 000 CFP... Ils ont même réussi à bloquer ta dignité !

Et ne parlons pas de ce dossier de plainte demandé après ce procès, ou de cette petite phrase qu'un crapaud de gendarme t'a dite :

" Est-ce que tu ne veux pas travailler pour la D.G.S.E ? ".

‘'Là-haut'' tu t'es levé, oh oui ! tu t'es levé pour t'abaisser un peu plus, pour ajouter toi aussi encore plus d'humiliation à celle que nous recevions tous, à celle qui était la mienne comme si elle n'était pas suffisante !

" Je veux travailler pour rembourser... ".

C'est beau, oui, c'est très beau mais cependant tu oublies une chose :

LE PROCES DE TIENDANITE ET TOUTES LES AUTRES SALOPERIES !

Celui-ci s'est déroulé de la même façon devant le même type de crapules habillées en rouge / noir / blanc, ou noir / blanc seulement, de l'injustice française !

Voilà devant quoi tu t'es humilié, et ne vient surtout pas me dire que tu n'étais pas informé !

Rassure-toi pourtant, tu n'es pas le seul dans ce cas et il en est un qui est en train de boire la coupe jusqu'à la lie.

Je ne lui dis rien et je l'observe, mais je ne peux même plus lui toucher la main en signe de bonjour :

Il pue de trop, de cette puanteur intérieure, la pire de toutes !

Peut-être que lorsque vous vous regardez dans un miroir, vous n'y voyez plus RAOUL, JOSE, TUAL ou tant d'autres visages kanaks ou non kanaks qui se sont fait rouler comme nous par ce drapeau français ; malheureusement ils sont morts.

Et les vivants, ceux qui savent tout ou en partie comme toi, se taisent...

Alors je n'ai plus qu'une dernière chose à te confier :

" Continue tes"coups de pêche'', continue tes"coups de chasse'', continue à penser à ton pays avec ton ventre et oublie-moi ! ".

C'est le plus grand service que tu puisses me rendre à présent.

Je ne te souhaite pas de malheurs loin de là, non plus que je ne possède l'exclusivité de la foi sur la forme et sur le fond ; mais si le symbole que tu portes au cou si vaillament brandi à travers les barreaux de l'infirmerie, pouvait te rendre un jour ta dignité que tu as toi-même perdue, ce serait bien.

On ne plaisante pas avec ces choses-là et tu voulais sortir ; alors tu es sorti !

Et quand je pense que des"hommes'' n'ayant pas eu le courage de se lever véritablement pour demander une vraie justice, se permettent d'envoyer des messages d'encouragements à travers les radios, je me dis :

" Heureusement que le ridicule ne tue plus... ".

Il est vrai qu'en astrologie asiatique, c'est l'année du rat.

Rats comme ces personnages aux noms soi-disant honorables portant uniformes, titres prestigieux, politiques, religieux ou autres, qui refusent de prendre leurs responsabilités, rats à l'intérieur d'eux-mêmes !

JOSEPH, avec qui tu aurais pu parler un peu à travers le grillage du"terrain'' de football, disait bien souvent :

" Ce qui était permis ne le sera plus ! ".

Je rajouterai :

" Le propre de la merde, c'est de pourrir un peu plus avant de disparaître ! ".

N'oublie jamais la signification profonde du symbole que tu portes au cou, sois-en digne ou enlève-le !

Ne fais surtout pas comme ceux qui viennent prêcher ici, et cachent leurs desseins en feignant de ne pas être au courant de toutes ces saloperies.

Ne fais pas cela, pour toi-même avant tout.

GUY DIJOU.

NOTE SUPPLEMENTAIRE

Il convient tout d'abord de préciser les points suivants au sujet de cette lettre :

Celle-ci a été rédigée en réponse à la carte postale envoyée par ce coïnculpé peu de temps après sa libération du CAMP-EST les autres se contentant d'envoyer des messages bidons sur RADIO RYTHME BLEU ou autres foutaises du même genre.

J'avais même demandé à ma mère de bien préciser à la compagne de JACKY UICHI mon refus de toute forme d'encouragement.

En fait, je ne voulais surtout plus entendre parler des ex-membres de ce groupe de ‘'CONS-BAS'' dont j'avais été le chef.

Le symbole fièrement brandi par REMY BRESIL à travers les barreaux de l'infirmerie du CAMP-EST, n'était autre qu'une médaille de la Vierge Marie des chrétiens, la Mère Divine ou Primordiale aux nombreux noms dans tous les cultes de l'humanité, sous une forme ou une autre...

Cette médaille lui avait été offerte par son amie lors de son incarcération et il en était très fier, me précisant également qu'elle était en argent.

Un symbole n'est jamais qu'un symbole et possède la puissance que l'on veut bien lui accorder, mais il doit être respecté dès lors qu'il a été adopté !

Encore une fois, je ne possède pas l'exclusivité de la foi tant sur la forme que sur le fond, loin de là !

Chacun est libre d'avoir foi en ce qu'il veut ou ressent, mais par rapport à celle-ci je ne supporte pas l'hypocrisie, le mensonge ou la connerie tout simplement.

Bien qu'une statue de cette Vierge trône sur les hauteurs de NOUMEA, je ne pense pas qu'elle apprécie beaucoup les agissements cachés de la FRANCE en NOUVELLE-CALEDONIE...

Je ne pense pas non plus qu'elle ait beaucoup apprécié ton silence corrompu à ce sujet, comme cette parole du gendarme CHRISTIAN GODEFROY :

" Est-ce que tu ne veux pas travailler pour la D.G.S.E ? ".

Devant cette cour d'assises, je t'ai simplement entendu dire d'une voix très émue :

" Je veux travailler pour rembourser... ".

Cette petite phrase me démontre l'état d'esprit dans laquelle tu avais parfois participé aux opérations de vols de coffres-forts... Il y avait toujours une petite prime au bout... Le ventre, toujours le ventre...

Sinon tu te serais beaucoup plus battu pour que la vérité éclate au cours de ce procès-bidon, comme tu te battais soi-disant ‘'POUR LE PAYS''...

‘'Là-haut'', j'ai pris mes responsabilités et pourtant je ne t'avais pas demandé de venir à TEMALA chez"POUPOUNE'' DEBIEN, après que nous ayons dégagé les barrages du F.L.N.K.S. pendant les événements de 1984...

Je ne t'avais pas dit non plus d'incendier la station service d'ANDRE DANG, toujours dans cette période trouble...

Très fier, tu m'avais même déclaré à l'époque :

" On a été obligés de s'y reprendre à 2 ou 3 fois pour qu'elle brûle ! ".

Oui REMY BRESIL, le courage ne t'a pas étouffé"là-haut''.

Et je me souviens d'une anecdote, encore une, s'étant déroulée dans le dock de la lutte anti-moustique de NOUMEA en mai 1988, au lieu-dit"LA FLOTILLE''.

Les gens, les journaux, les radios, la télévision parlaient sans cesse de l'affaire d'OUVEA et des 19 morts kanaks du F.L.N.K.S.

Dans un mouvement d'humeur, tu t'étais exclamé :

" Il y en a marre d'entendre parler de cette histoire ! Ils n'avaient pas besoin de faire ça, aussi ! ".

Je t'avais aussitôt répondu :

" REMY, je n'approuve pas ce que les kanaks ont fait là-bas, mais ils sont morts pour leurs idées, sans se rendre.

Je les respecte pour cela mais toi qui parles maintenant, es-tu capable d'en faire autant pour ton pays ?

Es-tu capable de mourir comme eux l'ont fait pour leur cause ? ".

Tu n'avais pas pu me répondre, et j'avais alors rajouté :

" Alors tais-toi ! Ne parle pas d'eux si tu n'es pas capable d'en faire autant pour ton pays ! ".

Bien sûr, tu n'avais même pas remarqué les yeux embués de notre Vieux SEBASTIEN WAHIO, originaire de POUEBO.

Et ce n'était pas par l'alcool loin de là ; il était assis à la grande table en attendant tout simplement l'heure de repartir au travail.

J'ai toujours gardé dans mon cœur l'image de ce Vieux à cet instant précis, et elle ne ressort que maintenant sur du papier.

Les 24 / 25 / 26 avril 1996, je ne t'en demandais pas autant REMY BRESIL, mais ce n'était pas pour rien que vous aviez tous été regroupés dans la cellule n° 1 du bloc A, quelques jours avant ce procès.

Ceci bien sûr"par mesure de sécurité'' et à l'exception de JACKY et moi...

Et pour finir avec toi REMY BRESIL, te souviens-tu de ta petite phrase juste après le cambriolage commis les 11 / 12 mai 1993 chez J.K.R. MARINE :

" Ouais, vous avez fait le coup chez KREMER pendant que j'étais en congé, mais j'espère que je serai là pour le prochain coffre…".

La prime, toujours la petite prime, et le ventre, surtout le ventre...

Et toi PHILIPPE COURTOT, c'était bien nécessaire chez RAOUL LAPETITE là-bas dans la chaîne, de me promettre " un coup de 12 en pleine gueule " lorsque je t'avais parlé de votre prochaine arrestation, arrestation qui n'a jamais eu lieu du reste... (voir épisode de l'affaire de TIENDANITE dans la plainte du 30 juillet 1994 ).

Souviens-toi PHILIPPE COURTOT, c'était au sujet de la bombe que vous aviez placée ton cousin JEAN-PIERRE COURTOT et toi, dans un immeuble de la cité PIERRE LENQUETTE à MONTRAVEL.

Il y avait eu 4 blessés légers.

C'était le 19 mai 1988, et vous vouliez ainsi venger votre cousin JOSE LAPETITE, abattu par des kanaks le 29 avril 1988 dans la région de VOH.

Le sang appelle le sang bien souvent et malheureusement…

29 Avril 1998, en pleine prise d'otages de GOSSANAH comme par un ''sanglant hasard''...

Je vais maintenant te confier un secret, un vrai secret, pas un secret de polichinelle comme vos identités connues depuis fort longtemps dans un certain milieu indépendantiste, juste après votre attentat.

Non, c'est bien plus fort que cela encore...

Le sang kanak, ce sang kanak qui coule dans tes veines de métis, ce sang kanak dont tu as tant honte, ce sang kanak qui te vient de ta mère, femme du clan CEDARE-UMIE, vous a protégés tous les deux !

Cela, je tiens directement de la bouche d'un kanak"libyen'' qui vous a reconnus tout de suite.

Vous étiez derrière les grilles du CAMP-EST, dans un couloir grillagé plus exactement, et vous vous rendiez à une visite de vos familles.

" Voilà les deux personnes qui ont posé la bombe à MONTRAVEL ! ", a-t-il dit en me regardant ensuite.

J'ai essayé de lui mentir pour vous couvrir au maximum, mais le lendemain je lui ai dit la vérité.

Il m'a alors répondu : " Je savais que tu ne voulais pas me le dire, mais nous les connaissons depuis longtemps...
Si nous ne les avons pas touchés, c'est à cause du sang kanak de leur mère, là-haut... ".

Je peux te dire une chose PHILIPPE COURTOT, c'est que mon interlocuteur a vraiment fait un stage en LIBYE et qu'il n'est pas allé jouer au football, comme d'autres parfois…

C'est de plus un vrai coutumier qui défend sa culture.

Je doute tout en espérant, que tu comprennes un jour la véritable signification du nom de clan de ta mère ; respecte-le en attendant d'en être fier plus tard...

N'oublie jamais que ce sang kanak vous a protégés tous les deux !

 

En dehors de cela, te souviens-tu de ton profond malaise le samedi matin 27 avril 1996, dans la cour du bloc A ?

C'était le lendemain de cette foutaise de procès et tu avais mal au ventre n'est-ce pas ?

Lorsque je t'avais demandé les raisons de ce malaise ( alors que je les connaissais, bien sûr ), tu m'avais répondu d'un air embarrassé : " Ca ne va pas ; hier j'aurai dû parler un peu plus"là-haut''... La mort de JOSE et tout ça... ".

Je t'avais alors dit : " DANS LA VIE IL Y A DES MOMENTS DE VERITE ; AVANT L'HEURE CE N'EST PAS L'HEURE ET APRES L'HEURE CE N'EST PLUS L'HEURE ! ".

C'était pourtant bien toi qui m'avais lancé en plein visage : " Si tu continues à me parler de cette affaire, je te fous un coup de calibre 12 en pleine gueule ! ".

Ou encore, bien sèchement : " Le vieux RAOUL est mort maintenant ! Il est bien là où il est et il faut respecter sa mémoire !
Je ne veux plus entendre parler de ça maintenant ! ".

Souviens-toi PHILIPPE COURTOT, c'était dans le"boyau de chat'' où nous sommes toujours parqués même quand il fait chaud, juste avant les visites d'une demi-heure de nos familles.

Non, je n'ai pas oublié, rien oublié, aucune de tes paroles, aucune de tes attitudes.

Mais maintenant je te pose une question PHILIPPE COURTOT :

" Qui de nous deux honore le plus le nom de RAOUL LAPETITE ? ".

Toi le membre de sa famille, ou moi l'étranger qui me suis battu pour"l'affaire piège de TIENDANITE-plan araignée'' et pour laquelle je me bats encore, pour la vérité cachée derrière les apparences...

Quelle a été ta réaction après avoir lu les principales plaintes figurant dans ce dossier, bien avant ce procès fantoche ?

As-tu seulement essayé, je dis bien essayé d'expliquer à un seul jeune kanak ce que tu y avais découvert ?

Non, rien de cela, car je t'ai observé pendant tout ce temps comme un rat dans une cage... un rat m'ayant chargé des pires soupçons dans sa tête, n'est-ce pas ?

Je vais même te confier encore une autre chose, une chose qui pèse très lourd dans mon cœur :

C'est également au nom de gens comme toi, comme vous tous réunis, que j'ai demandé à être banni de ma terre natale et du drapeau français !

Bien que vous n'en soyez pas l'unique cause, loin de là, vous me dégoûtez tout simplement !

Et que dire de ton mutisme, JEAN-PIERRE COURTOT ?

Que cachait donc ton unique phrase prononcée dans les douches du bloc A ?

" Moi je ne comprends rien dans cette histoire ! ".

Attitude peut-être partiellement sincère, mais surtout bien pratique au cours d'une instruction bidon ou encore mieux, devant une cour soi-disant d'assises...

Rassure-toi pourtant, tu n'étais pas le seul à avoir adopté cette attitude de facilité, comme celle de poser une bombe à MONTRAVEL n'est-ce pas ?

Du fond de ma cellule, j'ai parfois quelques nouvelles de l'extérieur et ainsi il y aurait de"l'eau dans le gaz'' entre vous deux, au sujet de votre caisse de soutien mise en place pendant votre incarcération, paraît-il...

Vous étiez pourtant bien unis tous les deux, dans le silence et la famille...

Comme l'histoire est étrange, à toujours resservir les mêmes plats...

Souvenez-vous de la caisse du"comité de soutien des MITRIDE / LAPETITE''...

Eux aussi avaient eu des problèmes financiers, une très grande partie des sommes collectées ayant été détournées de leur destination finale pendant leur incarcération... ( pour ne pas dire la totalité ).

Il n'en avait guère vu la couleur, un peu comme leurs stocks de cartouches dilapidés par des"hommes de confiance'' alors qu'ils étaient toujours emprisonnés...

Ils en avaient pourtant bien besoin à leur libération, car ils craignaient à juste titre pour leur sécurité...

La mort de JOSE en a été la preuve le 29 avril 1988, malheureusement pour eux...

C'est également cela, la CALEDONIE PROFONDE... un grand cœur avec un gros portefeuille dessus !

Ce n'était pas pour rien que certains membres de la famille LAPETITE s'étaient retirés à l'époque de ce fameux"comité de soutien MITRIDE / LAPETITE'' ; ils y avaient vu des choses pas claires du tout au sujet de l'utilisation par certaines personnes des quelques millions CFP collectés...

Des années plus tard, le suicide de CLAUDE BOURELLI y était-il pour quelque chose ?

Il avait été un membre important dudit comité...

Et toi ALBERT KREYER le boucher dont je massais parfois le dos au bloc A, car tu souffrais n'est-ce pas ?

Et la souffrance que tu m'as infligée un jour en me disant dans cette même cour :

" Tu as déposé toutes ces plaintes avec l'autre, et quel est le résultat ?
On reste ici encore plus longtemps au lieu d'être jugés, voilà le résultat ! ".

Tu les avais pourtant bien lues toi aussi, ces fameuses plaintes mettant en cause la responsabilité indéniable de la FRANCE dans ce merdier infâme, FRANCE le pays d'où tu viens !

Il est parfois bien difficile de regarder la vérité en face, alors autant faire l'autruche et se taire, n'est-ce pas ?

Te taire comme au sujet de cette fumisterie de pistolet BERETTA 9 mm appartenant comme"par hasard'' à PIERRE MARESCA, devant cette cour d'assises... Il t'aurait pourtant suffi de déclarer :

" J'ai moi-même donné cette arme à GUY DIJOU, et il ne pouvait pas savoir qu'elle appartenait à PIERRE MARESCA car je ne le lui ai jamais dit ! ". Mais toi, l'ignorais-tu vraiment ? Encore un point obscur...

Et toi JEAN-CLAUDE POGNON, réellement dépassé par l'ampleur de ce merdier, je te remercie au moins d'être resté simple.

Bien sûr et comme tous les autres, tu es resté bien silencieux sur l'existence du matériel militaire français"trouvé'' en notre possession dans le garage de OUEMO... matériel militaire français comme toutes ces cartouches aux amorces rendues encore plus étanches par l'application d'une couche supplémentaire de vernis.

Cette opération assez fastidieuse avait eu lieu dans la villa en construction de JACKY UICHI à KOUTIO DUMBEA, et tu y avais participé.

Une opération parmi tant d'autres du même genre parfois menées dans mon petit garage de LOGICOOP DUCOS, comme la fabrication de chevrotines, de balles diverses, de restaurations ou de modifications d'armes.

J'espère seulement une chose JEAN-CLAUDE, c'est que tu auras quand même rapporté mes paroles à ta compagne, le soir de ta libération du CAMP-EST.

" Je lui demande pardon de t'avoir enlevé si longtemps, pour une cause complètement faussée dès le départ. Je lui demande pardon de ne pas avoir vu tout cela en tant que chef ".

JEAN-CLAUDE POGNON, tu es bien le seul de ce groupe pour qui il me reste encore quelque chose...

Et toi JACKY UICHI, celui qui en savait parfois plus que moi dans certains domaines pour avoir été très proche des groupes d'autodéfense de 1984, eux-mêmes bien proches des partis politiques loyalistes de l'époque.

Tu auras bien compris dans cette lettre du 09 juin 1996 adressée à REMY, que les phrases suivantes t'étaient destinées n'est-ce pas ?

‘'Et il en est un qui est en train de boire la coupe jusqu'à la lie. Je ne lui dis rien et je l'observe, mais je ne peux plus lui toucher la main en signe de bonjour : Il pue de trop, de cette puanteur intérieure, la pire de toutes ! ''

Je t'avais même fait parvenir une copie de cette lettre, afin que tu saches bien ce que je pense de toi à présent.

Tant d'années pour que ton masque tombe, pour que ta vraie nature de judas me soit enfin révélée de manière incontestable.

Que tu ne m'aies pas suivi pour ces plaintes qui n'étaient pas toutes conjointes à JOSEPH WANANIJE, je le conçois.

Tes arguments bien relatifs " à ta femme et tes gosses " pour reprendre ton expression, étaient encore recevables à mes yeux.

Ton vieux père malade surtout, et non ta famille de PONERIHOUEN tout à coup...

Mais que tu te prêtes avec autant de complaisance à cette pseudo-instruction et pire encore, à cette foutaise de procès d'assises me dégoûte au plus haut point.

Tu t'es vautré avec une putain qui tue et fait tuer ses propres enfants, et je ne parle pas uniquement de ton ami JOSE LAPETITE, fils de RAOUL LAPETITE, lequel t'avait dit un jour en 1987 :

" JACKY, tu es maintenant mon septième fils ! ".

JACKY alias"JAPONAIS'', comme il aimait t'appeler...

Souviens-toi bien, à cette époque j'étais en prison pour l'affaire HAM TRONIQUE, affaire où tu étais mêlé sans jamais avoir été dénoncé.

Tu avais pris seul l'initiative de donner à RAOUL LAPETITE un 357 MAGNUM de l'armurerie BALLANDE, en gage de preuve pour l'attentat commis en sa faveur contre le tribunal de NOUMEA le 02 décembre 1985.

Comme tu étais la troisième ou la quatrième personne à venir lui dire en être l'auteur, RAOUL LAPETITE ne savait plus qui croire...

D'où cette preuve en forme de 357 MAGNUM dérobé parmi tant d'autres armes les 29 et 30 novembre 1986, et 1er décembre également...

Là encore je t'avais félicité pour cette démarche à ma libération, d'autant plus que cette arme lui avait sauvé la vie lors de l'assassinat de son fils JOSE le 29 avril 1988, dans la chaîne centrale. En effet, un tir kanak l'ayant rasé de près, RAOUL LAPETITE avait riposté avec sa carabine semi-automatique 222 MANURHIN, laquelle s'était enrayée à ce moment crucial.

Selon lui, il n'avait eu la vie sauve que grâce à ce 357 MAGNUM, d'où la plus grande valeur de sa phrase sacrée prononcée pour toi en 1987.

" JACKY, tu es maintenant mon septième fils ! ".

Maintenant, en es-tu toujours aussi digne ?

Le Vieux est parti seul d'une crise cardiaque dans une chambre de cardiologie de l'hôpital GASTON BOURRET, le 17 septembre 1995…

Auparavant, il avait été perquisitionné par"ses copains'' de la gendarmerie qui lui tournaient autour sans cesse, comme de grosses mouches malsaines.

Là haut dans la chaîne centrale, ils lui avaient même enlevé ce 357 MAGNUM ainsi que des armes en règle, et son poste radio-émetteur grâce auquel il correspondait avec sa famille du village de VOH, elle aussi équipée du même appareil.

C'était vraiment pratique en cas de coup dur.

Pourtant, ces deux postes avaient été achetés par moi-même avec les fonds généreusement accordés par une de ses très riches amies.

Celle-ci m'avait d'ailleurs remis en main propre une somme de 500 000 CFP en billets de banque.

Après l'avoir honteusement réduit au rang de pion dans le piège mortel de TIENDANITE le 05 décembre 1984,"ses amis'' les gendarmes lui avaient de plus enlevé ses moyens de défense, eux qui avaient été incapables de les protéger auparavant...

Mais s'il n'y avait que cela à leur reprocher, à ces gendarmes...

Oui, qu'il était beau le"septième fils'', surtout là-haut devant la cour d'assises...

Le silence sur tout ce qui t'arrangeait, n'est-ce pas ?

‘'Kanaky xxcra'' à THIO,"la lutte continue'' à BOURAIL, les cartouches de 5,56 mm et les grenades françaises, les photographies"singes à exterminer'',"du sang noir va couler, on vous demande de ne pas mettre d'huile sur le feu'', et j'en passe...

Est-ce que tu t'es seulement rendu compte à quel point tu étais ridicule à mes yeux, lors de ce procès d'iniquité ?

Crois-tu que je n'avais pas observé ton petit manège avec ton avocat"maître'' CHRISTIAN BOISSERY ?

A chaque fois qu'un kanak se levait pour figurer parmi les jurés, tu touchais rapidement le bras de ce dernier et cette andouille se mettait aussitôt à brailler bien fort : " Récusé ! ".

Pourtant, tu n'avais pas bougé lorsque JEAN-PIERRE BRESSLER s'était levé et avançait vers la cour pour faire partie des 9 jurés.

Il est vrai qu'il nous avait fourni"quelques'' bons de cartouches et de poudres récoltés à droite et à gauche…

Curieusement c'est ton avocat qui l'avait récusé, lui rendant ainsi un fier service en ne lui permettant pas de prendre une part de responsabilité dans cette foutaise de procès.

Par contre il ne m'a jamais été possible de récuser mon propre cousin HUBERT BRINON ; je ne voulais absolument pas qu'il endosse une quelconque responsabilité dans ce procès truqué, comme JEAN-PIERRE BRESSLER.

Voilà pourquoi je souhaitais qu'un de ces kanaks que tu faisais vicieusement récuser par ton avocat prenne sa place parmi les jurés.

INDEPENDANCE KANAKE ET SOCIALISTE au pied du mur !

" Du sang noir va couler,"on'' vous demande de ne pas mettre d'huile sur le feu ".

Je voulais voir comment ce juré kanak allait réagir face à toutes ces vérités sanglantes et pour ma part, je me foutais totalement du verdict en plaidant moi-même.

Alors quand d'une voix vibrante d'émotion tu as lancé devant la cour : " Ma porte sera toujours ouverte pour lui... ", je me suis dit : " Tiens, il retrouve sa langue ce crétin, maintenant ! ".

Souviens-toi JACKY UICHI,, c'était pour faire suite à la lettre d'un de tes ex-collègues indépendantistes de la QUINCAILLERIE NOUVELLE, lequel t'ouvrait encore sa maison malgré tout...

Une lettre sortie de derrière les fagots au bon moment n'est-ce pas ?

Une lettre lue avec délectation par"maître'' CHRISTIAN BOISSERY devant la cour…

Etait-elle sincère au moins…

Je l'espère pour toi !

Et que penses-tu de l'attitude de"POUPOUNE'' DEBIEN et d'HENRI MORINI, que tu connaissais si bien pour être allés ensemble dans les mêmes endroits, pendant les événements de 1984.

J'étais là aussi, à TEMALA ou bien à BOULOUPARI…

Ils ne nous reconnaissaient plus d'un seul coup… une"amnésie'' sans doute…

quelle épidémie, ne penses-tu pas?

La tienne battant des records, c'est sûr !

Et le sieur FRANCOIS DE ROUGET assis à côté d'une grande blonde de 45 / 50 ans environ, juste sur le même banc que les deux ténors du faux témoignage"POUPOUNE DEBIEN / HENRI MORINI AND CO''…

Ce couple était très proche de toi, à quelques mètres seulement…

Dis-moi franchement JACKY UICHI, mais alors vraiment franchement, au moins pour une fois…

As-tu vu toi aussi toutes les simagrées ridicules de FRANCOIS DE ROUGET pour me faire comprendre de ne pas parler, de ne rien dire sur tout ce que j'avais appris et compris au CAMP-EST, grâce aux connaissances mises en commun avec JOSEPH WANANIJE.

Je crois que si FRANCOIS DE ROUGET avait pu se mettre les deux mains et les deux pieds devant la bouche, comme dans une ultime position de YOGA signifiant " Silence ne parle pas ", il l'aurait fait à coup sûr !

Il était revenu spécialement de FRANCE pour les deux COURTOT… Tu parles !

" SI TU VEUX LA PAIX, PREPARE LA GUERRE ! ".

Un spécialiste de ce genre de saloperie en 1984, le ‘'COLONEL FRANCOIS'' DE ROUGET…

Un spécialiste que de trop nombreux cons avaient applaudi dans la salle.

Après avoir été menés comme du bétail à l'abattoir pendant les événements par ce genre de personne, ils applaudissaient et en redemandaient… bis, bis encore du sang, encore la guerre !

Elle avait été bien pratique pour certains cette"guéguerre'' de 1984, les maris trompant les épouses sous couvert de COMITES DE QUARTIERS OU GROUPES D'AUTO DEFENSE, les épouses se faisant sauter par d'autres comme les C.R.S. ou les GENDARMES MOBILES par exemple…

Ah !, qu'elle était belle notre CALEDONIE DU BAS-VENTRE !

Et la grande blonde pas mal conservée à côté de lui, m'adressant sourires et hochements de tête à n'en plus finir…

Est-ce que tu as vu cela JACKY UICHI ?

A moins qu'après ces longs mois d'isolement la berlue ne m'ait subitement frappé… et toi aussi !

Là encore, JOSEPH WANANIJE m'avait bien prévenu au bloc d'isolement du CAMP-EST :

" GUY, quand tu verras une grande blonde de 45 ans environ, pas mal, fais très attention… SIDA ! ". (une manière bien kanake pour indiquer le danger).

Encore un beau couple ces deux-là, sulfureux à souhait… " Si tu veux la paix prépare la guerre, et sida-danger…"

Les singeries de FRANCOIS DE ROUGET destinées à me faire taire n'ayant donné aucun résultat, j'eus droit au regard qui tue de la part de cet"homme-à-tout-faire-la-guerre'', juste après ma plaidoirie…

Il est vrai que les deux livres de lois françaises traînaient ça et là sur le sol de ce pseudo-tribunal, pour quelques heures encore…

Donc"FRANCOIS DE ROUGET-au-regard-qui-tue'', et"blonde-au-visage-très-constipé'' pour quelques heures également ; c'est qu'elle n'avait vraiment pas apprécié la séance, la ‘'Madame-je-ne-sais-qui''…

Je n'ai qu'une seule chose à vous dire à tous les deux, et particulièrement à vous FRANCOIS DE ROUGET :

J'ai senti la mort dans votre regard, mais je vous ai bien regardé en face, car à mes yeux vous êtes mort depuis longtemps !

Vous êtes morts tous les deux depuis les premières magouilles de ce genre auxquelles vous vous êtes livrés dans votre vie !

Encore une chose, JACKY UICHI :

As-tu remarqué les deux"barbouzes'' sentant à plein nez les R.G. ou la D.S.T. assis à quatre ou cinq rangées derrières les"POUPOUNE'' DEBIEN / HENRI MORINI / FRANCOIS DE ROUGET / JEAN-CLAUDE GAUCI /"MISS MONDE'' ?

Toujours par paire comme les baloches, l'un brun, mat de peau et le regard qui pue, l'autre bien dégarni avec le crâne en capot de VOLKSWAGEN…

Et toujours l'éternelle sacoche de cuir en bandoulière, pour l'un deux au moins.

Ca puait dur dans cette salle de cour d'assises n'est-ce pas, et pas forcément le plus du côté des inculpés !

L'as-tu seulement remarqué JACKY UICHI, ou étais-tu dans tes sordides calculs pour t'en sortir avec le moins possible, n'en ayant strictement rien à foutre de la vérité cachée de ce pays, de ses morts et de son sang ?

Peut-être les deux à la fois, n'est-ce pas ?

A chaque fin de séance de ce procès-bidon, une autre épreuve m'attendait dans l'arrière-cour du tribunal et celle-ci avait pour visage tous les membres de vos familles respectives…

Comment leur expliquer que j'allais au-delà de mes responsabilités réelles dans bien des cas, pour vous faire sortir de ce merdier et ne plus vous voir, pour ne plus subir vos soupçons et vos attitudes qui me blessaient tellement malgré ma désinvolture ?

Comment leur expliquer que notre histoire était faussée depuis le départ des événements de 1984, et même bien avant ?

Comment expliquer le vrai visage de son père à ton fils WILFRID venu se jeter en larmes dans mes bras, après le verdict ?

JACKY UICHI, tu me disais très souvent en le montrant :

" C'est pour eux que nous nous battons, pour nos gosses ! ".

Je ne voudrais pas être à ta place lorsqu'il découvrira lui-même ta lâcheté envers ce pays que tu étais censé défendre, envers la vérité cachée de son histoire, envers ton fils tout simplement.

Ne voulant pas ajouter de larmes à son chagrin, je lui avais dit :

" Ton père est quelqu'un de bien ".

Un pieux mensonge, mais il est vrai que vous aviez tous vos qualités respectives, sans aucun doute.

Pourtant, la vérité cachée des drames de ce pays aurait pu éclater au grand jour si nous avions été unis :

Sept hommes debout et dignes réclamant une vraie justice, mais surtout la vérité !

Ne l'ayant pas fait en m'abandonnant lâchement, je n'éprouve plus que mépris à votre égard !

Et ta mère, JACKY UICHI, qui parlait sans cesse des kanaks à chaque fois qu'il y avait un conflit quelque part, même syndical :

"Mais qu'est-ce que vous foutez là tous les deux, les kanaks sont là-bas et pas ici ! "

Ce refrain, je l'ai entendu bien trop souvent quand nous parlions d'autres choses devant le garage de ton habitation, à LOGICOOP.

Souviens-toi, car je n'ai rien oublié !

Vers la fin de ce procès, ta mère avait pu entrer dans la pièce réservée aux cellules du tribunal, et m'avait dit :

" Viens que je t'embrasse… ".

J'étais derrière les barreaux et j'avais alors répondu :

" Je ne peux pas, il y a les barreaux ".

Tu ne peux pas savoir comme j'ai aimé ces barreaux à ce moment-là, à quel point je les ai vraiment aimés car ils empêchaient une tendresse dont je ne voulais pas et dont je ne voudrai plus jamais !

Par ma plaidoirie destinée à ne plus vous voir en vous déchargeant au maximum, j'étais soudain redevenu digne d'un peu de tendresse et d'une embrassade, après n'avoir été bon qu'à jeter aux chiens !

C'était faire bien peu de cas des doutes honteux que vous aviez eu à mon égard, tous et toutes !

Crois-tu JACKY UICHI que j'ai oublié la phrase lancée par le gendarme MARC REVAULT, et reçue en plein visage en FRANCE :

" Tu voulais te faire construire une maison… ", sous-entendu avec l'argent du bon au porteur de 29.millions CFP provenant de chez J.K.R. MARINE…

Comment pouvait-il savoir en FRANCE, que je voulais réellement construire une maison ?

Comment, sinon par… Toi !

N'ayant pas l'intention d'utiliser toute cette somme pour les achats de matériel nécessaire à notre groupe de combat, je t'avais pourtant bien prévenu de mon intention de contracter un emprunt en EUROPE, grâce au reliquat d'argent de ce bon au porteur.

Ce reliquat d'argent aurait ainsi constitué une base et une garantie de cet emprunt personnel, en plus d'être"une poire de la soif'' en cas de grabuge en NOUVELLE-CALEDONIE.

Ceci était valable pour tous les membres du groupe de combat, si ton"amnésie'' t'a laissé ce souvenir intact…

Ainsi il manque de l'argent dans les comptes, mais toi tu sais exactement , quand et comment il a été perdu.

En effet, je t'ai toujours tenu informé de mes démarches et de mes difficultés, à moins qu'il ne soit nécessaire de te rafraîchir la mémoire avec un certain repas asiatique ayant eu lieu dans le restaurant JADE PALACE à la BAIE DES CITRONS, par exemple…

Toujours dans ta ligne de conduite plus que veule, le lendemain du procès et à l'occasion d'une promenade, tu m'appelais déjà dans le couloir commun des différents blocs :

" GUY je vais écrire dans les journaux pour nous deux, pour le pardon…".

Là encore tu avais une tronche bizarre, un peu comme dans l'escalier de la prison de METZ-QUEULEUE…

Souviens-toi JACKY UICHI, tu venais juste de donner l'emplacement du container de DUCOS ( SOLAR EDWARDS ), " Pour éviter l'arrestation de REMY, tout ça… "

Oui, tu avais encore la même tronche…

Je t'avais alors répondu : " Je ne veux pas être mêlé à ta démarche et fais ce que tu veux de ton côté, mais ne mets pas mon nom là-dedans ! ".

Tu m'avais aussi très sérieusement"gonflé'' avec une histoire de geste coutumier soi-disant échangé avec les auxiliaires kanaks d'un autre bloc du CAMP-EST.

Tu étais gêné en face d'eux, car vos avocats respectifs avaient rappelé à la mémoire des jurés une affaire sanglante où des kanaks étaient mêlés.

Je ne t'avais même pas répondu, me contentant d'écouter tes conneries.

Toi si muet sur des faits graves concernant la vérité cachée de ce pays, tu devenais bien bavard au sujet de ton soi-disant geste coutumier…

Une foutaise de plus à ton actif car le cœur et les pensées sont très importants dans pareil geste sacré, et tu étais loin d'être propre de ce côté-là, J'en sais quelque chose !

Le pire s'était produit dans ma cellule du bloc A, lorsque tu avais débarqué sans crier gare avec le 1er surveillant PHILIPPE DION, quelques jours après le procès…

Tu m'avais serré la main de reconnaissance, ayant été fort surpris par la teneur de ma plaidoirie…

Tu avouais en quelques mots avoir pensé que j'allais tous vous"enfoncer'', mais tu constatais aussi que vous vous en étiez bien sortis grâce à moi…

Je ne fais que reporter tes paroles sur le papier, sans plus.

Cette scène s'étant produite devant un gardien, savais-tu exactement quelles étaient mes pensées à ce moment précis ?

Il te suffira de lire ces lignes te concernant pour les connaître !

Et toi ALAIN LAPELERIE le"greffé'' de dernière minute dans ce procès d'iniquité, je n'ai rien à te reprocher sinon ces quelques phrases prononcées dans le couloir du bloc A, en rentrant d'une séance de cette cour d'assises-bidon :

" Tout ce que je vois, c'est que tu es en train de les enfoncer avec tes phrases adressées au procureur général, dans le genre : ‘'Etes-vous capable de me suivre sur le chemin de la vérité''…

Ce n'est pas comme cela que tu vas les sortir de là ! ".

J'avais préféré continuer mon chemin, vers ma cellule…

C'était le mieux que j'avais à faire avec quelqu'un qui ne pouvait pas comprendre la foutaise dont il était l'objet, lui aussi.

Alors quand tu as parlé"là-haut'' de l'assistance psychologique dont la NOUVELLE-CALEDONIE avait manqué après les événements de 1984, j'ai compris que tu ne comprendrais jamais rien , toi non plus.

Mon pauvre vieux, si tu savais ce que cachent parfois tous ces"pseudo-psychologues'' ou ces"pseudo-psychiatres-pipi-caca''…

Mais il te suffira de lire la rubrique consacrée à ces magouilleurs pour être définitivement fixé.

Pourtant, tu étais présent à notre sortie de l'audience civile destinée aux dommages et intérêts que je ne paierai jamais.

Celle-ci avait eu lieu quelques jours après le procès d'assises bidon, et ce n'était qu'une foutaise de plus pour moi.

Je comptais bien leur dire cela, mais nous n'avions pas le droit à la parole.

Oui tu étais à la sortie, et j'avais pu remarquer les frissons parcourant tes bras à chaque fois que tu serrais la main de l'un d'entre nous, y compris la mienne.

Il y a des signes qui ne trompent pas sur l'authenticité des sentiments d'une personne, et je t'en remercie.

Et toi JUSTIN GUILLEMARD dit"TITIN'' aperçu un bref instant tout au fond de la salle d'audience, toi"l'ardent défenseur des terres calédoniennes'' devenu bien silencieux comme tous les autres sur ces saloperies…

Ne me dis surtout pas que tu as perdu ta langue si bien pendue, dès lors qu'il s'agissait de lutter contre le F.L.N.K.S. en 1984.

Et je ne parle pas bien sûr d'un certain"coup de l'assemblée territoriale'' le 22 juillet 1982…

Et toi NADINE PIDJOT, dont la présence à ce procès d'iniquité ne m'a pas échappé, loin de là…

Franchement, crois-tu que ton mouvement de recul pour mieux te dissimuler derrière la personne précédente m'ait laissé indifférent ?

Je ne te souhaite jamais d'avoir place dans le box des accusés un jour, car tu comprendras à quel point c'est un observatoire idéal.

Eh oui ! Cela fonctionne dans les deux sens également…

Souviens-toi de ton mouvement d'humeur au snack-bar LE JAMICO en 1993.

Il y avait tes amis PAULETTE IXECO et BEALO WEDOYE, et c'était au sujet de l'affaire de TIENDANITE…

PAULETTE IXECO avait été la plus touchée, me parlant même de son amitié et de son profond respect pour JEAN-MARIE TJIBAOU.

Et cette balle ayant fait éclater une vitre de la voiture où elle se trouvait en sa compagnie, dans la région de BOURAIL il me semble ; comme ce récit avait été émouvant…

Dis-moi NADINE PIDJOT, as-tu rapporté à ton amie absente cette phrase de ma plaidoirie relative à l'assassinat de votre leader à OUVEA ?

" Du sang noir va couler"on'' vous demande de ne pas verser d'huile sur le feu ", ou bien la caches-tu peut-être comme tous ces dirigeants et militants indépendantistes… ou soi-disant indépendantistes…

Un accusé"facho'' vous donnant un élément important sur l'assassinat de votre leader, idole et ami devant une cour d'assises, on aura tout vu dans ce pays !

Ah, qu'elle est belle votre KANAKY !

Cela me laisse singulièrement perplexe quant à la place réservée au DROIT dans ce futur pays que tu prônais avec tant d'ardeur…

Mais dis-moi, que devient ton diplôme de droit dans ces sanglantes magouilles ?

Et toi PAULETTE IXECO, également militante convaincue de KANAKY m'ayant raconté ses petites misères de mutation arbitraire des services fiscaux de NOUMEA.

Souviens-toi, tu m'avais dit que c'était à cause des"fuites'' sur les déclarations de revenus erronées de JACQUES LAFLEUR, il y a quelques années de cela… CE DERNIER NE PAYAIT PAS D'IMPOT !

Accusée à tort de telles"fuites'', tu avais été mutée dans un autre service administratif.

Et je ne parle pas de tes découvertes dans le PC-RADIO du R.P.C.R. situé dans la tour de la B.I.S / WESTPAC, pendant les événements.

Oui, était-ce bien nécessaire de me raconter tout cela pour mieux te taire ensuite sur des faits très graves, comme les circonstances réelles de l'assassinat de ton ami et leader JEAN-MARIE TJIBAOU en 1989 ?

Etait-ce bien nécessaire de participer à cette manifestation de soutien des sympathisants du F.L.N.K.S. à PARIS, pendant la première affaire d'OUVEA en 1988…

Tu y figures en gros plan à la page 341 du tome 9 du MEMORIAL CALEDONIEN, et c'était à l'époque où tu travaillais pour MEDETOM si je ne me trompe.

Oui, qu'elle est belle votre KANAKY du silence !

Il est vrai que la cuisine française est excellente n'est-ce pas ?

Surtout les vins…


 

Retour au sommaire