AFFAIRE DE TIENDANITE

10 KANAK ABATTUS DANS UNE EMBUSCADE

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D.G.

En 1984, le mouvement indépendantiste s'engageait dans le boycott actif des élections du 18 novembre de cette même année ; celle-ci voyait entre autre la mort de 10 militants kanaks dont deux frères de JEAN-MARIE TJIBAOU, alors président du F.L.N.K.S.

Toutes ces personnes étaient tuées à TIENDANITE, par différents membres des familles LAPETITE - MITRIDE - SINEIMENE. Ces derniers étaient incarcérés au CAMP-EST durant deux ans environ, et pour obtenir leur libération je faisais sauter le tribunal de NOUMEA par deux fois.

Je précise que je ne connaissais absolument pas les personnes en question mais en tant que guerrier, je devais tout faire pour les faire sortir de prison, eux, symboles de notre résistance.

En 1987, ils étaient jugés dans la salle de la F.O.L. et au cours du procès, un nom très intéressant était prononcé sans jamais livrer son secret : LE PLAN ARAIGNEE.

- Que contenait ce plan ?

- Qui l'avait élaboré ?

- Qui l'avait mis en place ?

- Qui l'avait réellement exécuté ?

- Quel a été le rôle de la poste de HIENGHENE dans cette affaire tragique ?

Autre détail très important pour la suite de la présente plainte : FRANCK WAHUZUE avait été appelé à la barre, comme témoin en faveur des auteurs de la fusillade, mais était-ce seulement à ce titre ?

Il me semble utile de rappeler que RAOUL LAPETITE est un métis avec du sang kanak de la chefferie BOUARATE dans les veines, qu'il a longtemps été membre de l'U.C. et que son fils JEAN-CLAUDE était membre du PA.LI.KA au moment des faits.

De plus cette famille était un modèle d'intégration dans la société kanake, qu'elle côtoyait pratiquement journellement les gens de la tribu de TIENDANITE, y jouissant de leur estime et de leur respect sinon de leur amitié. Comment donc dans ces conditions une chose pareille a-t-elle pu se produire ?

Une"coutume'' basée sur la parole sacrée avait pourtant été acceptée, donc scellée, et liait de ce fait cette famille aux gens de la tribu de TIENDANITE.

Cette coutume avait pour objet la préservation des biens appartenant à la famille LAPETITE et à leurs amis.

Dans ces conditions, qui a mis le feu dans une de ces maisons"couvertes'' par la coutume acceptée, déclenchant de la part des familles sus-citées une réaction extrêmement violente qui devait faire dix morts par contrecoup.

Etait-ce là le but du fameux plan araignée ?

Après leur sortie de prison, j'ai fait la connaissance des familles LAPETITE et MITRIDE, et j'ai toujours entendu le même son de cloche sur le déroulement de l'affaire, surtout dans la bouche de RAOUL LAPETITE, mon ami et symbole.

Combien de fois l'ai-je entendu dire :

" JEAN-MARIE TJIBAOU devait être avec les autres, et c'est à cause de lui si tout cela est arrivé... ".

Comment pouvait-il connaître ce détail ?

Je sais car il me l'a dit lui-même, qu'il était en relation téléphonique par la poste de HIENGHENE avec le haut-commissariat de NOUMEA avant la fusillade, et qu'un ce ses interlocuteurs était FRANCK WAHUZUE.

- Quel était le rôle exact de cette personne au haut-commissariat ?

- Etait-ce en tant que membre du B.E.L-D.G.S.E. ?

- FRANCK WAHUZUE n'a-t-il pas connu de manière très intime le clan LAPETITE, dans sa jeunesse à HIENGHENE ?

 

L'année dernière ( fin 1993 ), toujours soucieux de savoir ce qui s'était réellement passé ce jour-là à TIENDANITE, j'ai été amené à prendre un verre au snack-bar LE JAMICO en compagnie de NADINE PIDJOT, de PAULETTE IXECO et de BEALO WEDOYE, tous indépendantistes.

Cette rencontre était en autre destinée à me faire connaître BEALO WEDOYE, conservateur au Musée de Nouméa, originaire de HIENGHENE (Werap), pour discuter de tout et de rien.

Au cours de la conversation qui avait pour thème le problème foncier en NOUVELLE-CALEDONIE, j'ai parlé de l'affaire de TIENDANITE, ce qui a énervé un tant soit peu les deux femmes.

J'ai néanmoins continué pour finalement poser la question suivante à BEALO WEDOYE : " Qui a mis le feu dans une des maisons pour lesquelles une coutume avait été acceptée, donc scellée de part et d'autre ? ".

Réponse de BEALO WEDOYE : " C'est vrai qu'une coutume avait été acceptée, que la maison a brûlé, mais malgré toutes nos recherches nous n'avons jamais découvert l'auteur de cet incendie... ".

J'ai répondu : " Et pour cause, l'auteur de l'incendie de cette maison est directement responsable de la fusillade de TIENDANITE. ".

L'incendie de cette maison inoccupée au moment des faits était-il un des éléments principaux du plan araignée destiné à déclencher la fusillade ?

La discussion sur ce sujet s'est arrêtée et je suis resté sur ma faim car ces questions sont toujours sans réponse.

Plus tard, un commando du F.L.N.K.S. abattait JOSE LAPETITE dans la chaîne centrale, en représailles de l'affaire de TIENDANITE.

- Ce commando a-t-il agit vraiment seul ?

- Cette action de représailles a-t-elle été conçue uniquement par le F.L.N.K.S, ou a-t-elle été soufflée au bon moment, au bon endroit ?

La mort de JOSE LAPETITE devait être suivie d'un attentat qui aurait pu être meurtrier, mais qui n'a fait que deux blessés légers dieu merci, une personne âgée et un enfant. De la grenaille avait pourtant criblé les murs du couloir d'un immeuble dans la cité PIERRE LENQUETE, et comme par"hasard'', j'avais été prévenu de l'identité de ces personnes...

Celles-ci, toujours selon ma source, devaient être interrogées par les forces de l'ordre, mais chose curieuse ne l'ont jamais été…

Pourquoi ?

Je les avais donc prévenues à mon tour et l'une d'elles, furieuse d'être découverte m'avait déclaré : " Si tu continues à me parler de cette affaire, je te fous un coup de calibre 12 en pleine gueule ! ".

Je l'avais laissée se calmer pour finalement lui expliquer qui j'étais, ce que j'avais fait, ce que je faisais, mais surtout la manière de le faire:

Détruire matériellement avec beaucoup de puissance, pour influencer le cours des choses par la peur, sans faire couler de sang pour ne pas déraper vers la guerre civile ! Suivant la tournure des événements je dois reconnaître qu'en dernière extrémité, j'aurai tué !

Mais tous les attentats dont je suis l'auteur n'ont jamais fait couler une seule goutte de sang et pourtant les charges étaient puissantes.

Explosion du tribunal de NOUMEA ( 1ère fois ) :

Ce n'était qu'un simple avertissement.

Explosion du tribunal de NOUMEA ( 2ème fois ) :

" POUR LES YEUX DE GAUZERE, POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DES LAPETITE / MITRIDE / SINEIMENE / TRICARD, SINON… ", et contre la loi d'amnistie, loi scélérate ! ( merci au F.L.N.K.S., car c'est grâce à lui si j'ai pu reprendre mon poste à la mairie de NOUMEA après ma sortie de prison en 1987, celui-ci ayant obtenu une loi d'amnistie dont je devais bénéficier par contrecoup. Ceci est dit sans fanfaronnade, en toute sincérité, mais ma peur devait subsister cependant ).

Explosion de l'office foncier ( par deux fois ).

L'objectif était de détruire complètement cet organisme qui empêchait les calédoniens d'acheter ou de vendre les terres acquises légalement, à la sueur de leur front pour la plupart.

( je sais qu'il existe une autre solution que celle des explosifs au problème épineux qu'est le foncier en NOUVELLE-CALEDONIE ).

Explosion du service des impôts.

Pourquoi payer des impôts destinés à des"fainéants'' qui travaillent quand ils en ont envie.

( 420 000 000 CFP des bénéfices pour la S.M.S.P.! Belle leçon que vous me donnez là, RAPHAEL PIDJOT... ).

Indépendamment de ce récit, pourquoi FRANCOIS SEMUR, juge d'instruction chargé du dossier de TIENDANITE s'est-il retrouvé juge pour enfants dans un trou perdu en FRANCE, après l'affaire qui devait également porter le nom"d'AFFAIRE LAPETITE'' ?

Il convient de préciser que quelque temps avant ce drame, JEAN-MARIE TJIBAOU avait prononcé dans la région un discours politique assez virulent, propre à déstabiliser psychologiquement les"métis'' que sont les membres du clan LAPETITE.

Ce discours comportait en outre un appel à la cessation des relations avec tout non-kanak, et loin d'expliquer cette affaire, a néanmoins été très important pour eux.

 

NOTE SUPPLEMENTAIRE

Avant de développer en profondeur une des plus sanglantes affaires des événements de 1984, il convient de rectifier certaines erreurs involontaires : Celles-ci sont dues en partie à des informations incomplètes de ma part car n'est pas enquêteur qui veut, surtout à contre-courant de l'histoire officielle...

Ne parlons pas de la difficulté naturelle de la circulation de l'information, quand celle-ci n'est pas carrément tronquée voire falsifiée suivant les intérêts du moment d'une communauté de ce pays, quelle qu'elle soit.

Et quand bien même cette information serait objective, la nonchalance innée et la passivité latente des habitants ne risqueraient pas de créer une révolution.

Une révolution des consciences pour le moins serait tout de même la bienvenue !

Ceci dit, il faut se remémorer la fusillade de OUEGOA le 30 novembre 1984 où EMILE MEZIERES (loyaliste) et MICKAEL DAOUILO ( indépendantiste ) furent abattus et 6 autres personnes blessées.

L'état de tension extrême dans lequel nous vivions tous à l'époque était plus que propice aux rumeurs publiques les plus folles, certaines faisant état d'une dizaine de morts au minimum à OUEGOA.

Dès lors, le carnage de TIENDANITE trouve malheureusement sa place dans l'histoire officielle et tragique de cette période trouble.

Trouble sur de très nombreux points, et en particulier sur le fameux plan araignée qui, aux dires de la gendarmerie nationale n'avait rien à voir avec la fusillade de TIENDANITE.

Mais tout d'abord, quelques précisions chronologiques succinctes :

18 novembre 1984 : Boycott extrêmement actif des élections territoriales par le F.L.N.K.S.

30 novembre 1984 : Fusillade de OUEGOA.

04 décembre 1984 : Arrivée en NOUVELLE-CALEDONIE d'EDGARD PISANI, avec le titre de délégué du gouvernement et de haut-commissaire de la république française. Il venait remplacer le préfet JACQUES ROYNETTE à ce poste.

05 décembre 1984 : Comme par"hasard'', EDGARD PISANI ne portant vraiment pas bonheur à la NOUVELLE-CALEDONIE, le carnage de TIENDANITE se produit vers 20 heures.

10 décembre 1984 : MAURICE MITRIDE se rend aux"forces françaises de l'ordre'' - il était l'un des auteurs de cette fusillade.

11 décembre 1984 : RAOUL LAPETITE et ses fils JOSE, JACQUES, JESS et JEAN-CLAUDE ainsi que ROBERT SINEIMENE se rendent également. Ces 7 personnes sont immédiatement incarcérées au pénitencier du CAMP-EST.

14 mai 1985: Premier attentat contre le palais de justice de NOUMEA.

02 décembre 1985 : Deuxième attentat contre le palais de justice de NOUMEA Pour les yeux de GAUZERE, pour la libération immédiate des LAPETITE/MTRIDE / SINEIMENE ( avec une faute d'orthographe ) /TRICARD, sinon... ".

29 octobre 1986 : Le juge d'instruction FRANCOIS SEMUR en charge de ce dossier rend une ordonnance de non-lieu fondée sur la présomption de légitime-défense ( Article 329-2 du code pénal français).

01 novembre 1986 : Les 7 personnes sus-citées sont libérées du CAMP-EST.

20 novembre 1986 : La chambre d'accusation de la cour d'appel de NOUMEA infirme le non-lieu du juge d'instruction FRANCOIS SEMUR. Les 7 inculpés restent libres mais devront faire l'objet d'un procès en cour d'assises.

19 octobre 1987 : Procès en cour d'assises de NOUMEA pour homicides commis avec préméditation. Les 7 inculpés sont acquittés et une manifestation indépendantiste est organisée devant le haut-commissariat pour dénoncer les pratiques de la justice coloniale. Il est à noter que ce procès avait eu lieu dans les locaux de la F.O.L. à NOUMEA, le palais de justice étant en reconstruction.

29 avril 1988 : Assassinat de JOSE LAPETITE à VOH, en pleine prise d'otages des gendarmes de FAYAOUE - OUVEA par des indépendantistes.

19 mai 1988 : Attentat à MONTRAVEL, dans la cité PIERRE LENQUETE NOUMEA. Celui-ci eut lieu en représailles de l'assassinat de JOSE LAPETITE.

20 septembre 1991 : Mort de JACQUES LAPETITE dans un accident de la circulation à VOH.

17 septembre 1995 : Mort de RAOUL LAPETITE d'une crise cardiaque dans le service de cardiologie de l'Hôpital GASTON BOURRET.

Incarcéré du 03 mars 1987 au 28 novembre 1987 pour la tentative de vol de matériel de transmission dans la société HAM TRONIQUE, j'avais suivi avec beaucoup d'intérêt les comptes-rendus radiophoniques de RADIO DJIDO sur le procès d'assises du 19 octobre 1987.

Bien qu'étant loin d'être objective, cette station de radio avait été la seule à couvrir en détail ledit procès. Du reste, je ne vois pas du tout comment l'information pourrait être objective en NOUVELLE-CALEDONIE...

RADIO DJIDO étant indépendantiste, RADIO RYTHME BLEU pro-française à 100 %, RADIO FRANCE OUTRE-MER propriété de l'état français, et LES NOUVELLES CALEDONIENNES propriété du groupe français d'édition HERSANT, trier le bon grain de l'ivraie dans tout cela relève de la plus pure gageure !

Quoi qu'il en soit, c'est tout de même RADIO DJIDO qui avait révélé sur les ondes l'existence du "Plan Araignée" dans l'affaire de TIENDANITE, au cours du procès d'assises du 19 octobre 1987.

Comme il est indiqué auparavant, la gendarmerie nationale avait tout de suite trouvé une explication valable n'ayant strictement rien à voir avec la toile d'araignée en question... Une toile d'araignée dans laquelle JEAN-MARIE TJIBAOU aurait dû tomber à TIENDANITE et mourir. ( par contre à OUVEA le 04 mai 1989... ).

Connaissant les méthodes de cette même gendarmerie française pour les avoir vécues, je me dis simplement que c'est un mortel mensonge de plus. Un de plus, un de moins, ils ne sont pas à"ça'' près...

Entre un mensonge et une erreur, il y a un gouffre n'est-ce pas ?

Le premier étant volontaire et calculé, la seconde pouvant n'être que le fruit d'informations incomplètes et erronées ; informations involontairement erronées comme les phrases suivantes figurant dans la présente plainte : " Cette coutume avait pour objet la préservation des biens appartenant à la famille LAPETITE et à leurs amis. Dans ces conditions, qui a mis le feu dans une des maisons"couvertes'' par la coutume acceptée, déclenchant de la part des familles sus-citées une réaction extrêmement violente qui devait faire 10 morts par contrecoup. Etait-ce là le but du fameux plan araignée ? ".

S'il y a vraiment eu un geste coutumier accepté donc scellé, c'est celui effectué il y a près de 70 ans maintenant ; il concernait uniquement la propriété de la famille LAPETITE dans lequel le sang de la chefferie BOUARATE coule.

C'est sur une de ces terres coutumières que RAOUL LAPETITE avait construit son habitation, une parcelle appartenant à un de ses frères, ALAIN LAPETITE plus exactement.

Si les biens de la famille LAPETITE ne furent jamais détruits à ce qu'il me semble, il n'en fut pas de même de la maison d'ODETTE MITRIDE dont les vestiges fumaient encore le 03 décembre 1984.

C'est en effet de cette maison dont il est question dans la plainte, et que je sache celle-ci n'était pas couverte par un quelconque geste coutumier.

Il faut savoir reconnaître ses erreurs n'est-ce pas ?

Je n'ai pour seule excuse qu'ayant suivi cette affaire uniquement sur RADIO DJIDO et ne connaissant que partiellement les faits, je pensais qu'il s'agissait d'un bien appartenant à la famille LAPETITE, d'où la fusillade mortelle.

Comme il est exposé dans ce dossier, ce n'est que bien plus tard que je fis la connaissance de la famille LAPETITE et de MAURICE MITRIDE.

Une petite précision au passage : Jamais je ne me suis vanté auprès de RAOUL LAPETITE de l'attentat commis contre le palais d'injustice de NOUMEA, afin d'obtenir sa libération.

Même assis près de lui autour d'une bonne table chez JACKY UICHI, j'avais toujours gardé le silence ; il n'apprit la vérité sur cette action que lors de mon incarcération en 1987.

Ces faits sont amplement détaillés ultérieurement. Ayant profité de son hospitalité à plusieurs reprises dans la chaîne centrale à VOH, je lui avais posé la question suivante :

" RAOUL, est-ce que c'est vous qui avez mis le feu dans la maison avant la fusillade ? ".

Réponse de RAOUL LAPETITE, alors très peiné et en colère :

" Mais ça va pas non ! Tu ne crois pas que nous avons mis le feu dans cette maison pour tirer ensuite, ça non alors ! ". Et de rajouter : " Ce sont les kanaks qui ont mis le feu, pas nous ! Pour moi, ils sont devenus moins que des chiens car ils n'ont pas de parole ! ".

En fait, il était très difficile de parler de cette tuerie avec lui, mais jamais il n'a changé d'un pouce ses déclarations durant toutes les années ou je l'ai côtoyé.

Il y avait méprise de ma part sur l'identité du propriétaire de la maison en question, laquelle avait fait l'objet de déclarations contradictoires sur RADIO DJIDO.

En effet, selon certains"témoignages'', celle-ci n'aurait brûlé qu'après la fusillade, laissant sous entendre que les"assassins'' l'avaient de plus incendiée afin de justifier leurs actes.

Les déclarations de cette radio étant plus que sujettes à caution, comme d'autres radios du reste, un médecin militaire de la région aurait indiqué que la maison en question n'était pas brûlée lors de son passage ; il avait porté secours aux victimes kanakes de la fusillade de TIENDANITE paraît-il...

Il convient de rappeler que ce drame s'était produit après les incendies criminels d'une dizaine de maisons du
18 novembre au 05 décembre 1984.

Certains habitants avaient été évacués par hélicoptères militaires, mais eux avaient choisi de rester et c'est ainsi qu'ils s'étaient regroupés chez MAURICE MITRIDE, que le clan LAPETITE était venu soutenir.

En faisant un bond dans le temps, il est pour le moins étrange que des troupes d'élites de l'armée française ( 11ème choc parachutiste, commando HUBERT et spécialistes du lance-flammes ) soient intervenues le 05 mai 1988 à GOSSANAH OUVEA, dans une opération de police judiciaire.

Il est vrai que"l'honneur'' de la FRANCE et de ses"gens-d'armes'' était en jeu en plus des élections présidentielles françaises n'est-ce pas?

En 1984, c'était une population entière qui tremblait, souffrait et pleurait sur des maisons calcinées, quand ce n'était que cela !

Toutes les forces militaires n'avaient reçu aucun ordre, alors qu'une mission de protection ( et non de guerre ) aurait très largement suffi à assurer la sécurité des biens et des personnes quelle que soit la couleur de leur peau. En effet les calédoniens de souche européenne n'avaient pas l'exclusivité de la souffrance.

Mais n'était-ce pas là une inactivité volontaire ?

Quoi qu'il en soit, la fusillade de TIENDANITE n'a pas révélé tous ses secrets, et ce dans toutes les directions.

Ainsi, les tireurs n'étaient pas 7, mais bien 8 !

Un autre point très obscur :

Qui a tiré le premier coup de feu du plan araignée ? Un indépendantiste, un non-indépendantiste ou quelqu'un d'autre qui avait un intérêt caché dans l'exécution parfaite de ce plan mortel ?

Celui-ci est décrit de la façon suivante dans le tome 9 du MEMORIAL CALEDONIEN à la page 292 plus précisément :

" Sur la fameuse détonation initiale dont parlent les inculpés pour expliquer le déclenchement du feu. LUCIEN COUHIA avait signalé au cours de l'enquête une détonation juste après l'arrêt des deux véhicules. Mais la matérialité de ce fait pourtant capital ne pourra être établie. ".

Je ne cherche pas à charger des gens que je respecte, et encore moins à salir la mémoire de RAOUL, JOSE et JACQUES LAPETITE, mais comment RAOUL LAPETITE pouvait-il être informé de la présence certaine de JEAN-MARIE TJIBAOU dans l'un des deux véhicules en question ?

Combien de fois l'ai-je entendu dire :

" JEAN-MARIE TJIBAOU devait être avec les autres, et c'est à cause de lui si tout cela est arrivé ! ".

Si JEAN-MARIE TJIBAOU avait une part indéniable de responsabilité dans les événements de 1984 en tant que leader du F.L.N.K.S., la première affirmation est pour le moins étrange. Etrange car confirmée par le milieu indépendantiste, dont JEAN-MARIE TJIBAOU lui-même.

Or NUMA MONNIER, le postier de HIENGHENE à l'époque, confirme 13 années plus tard tous les appels téléphoniques de détresse de RAOUL LAPETITE aux endroits suivants :

1°) Au lieutenant-colonel BENSON, illustre personnage de l'indépendance des NOUVELLES-HEBRIDES en 1980, surtout pendant la rébellion pro-française de SANTO.

Il fut également pressenti pour l'affaire d'OUVEA du 22 avril 1988, mais la gendarmerie étant dessaisie de ce dossier sanglant, c'est le général VICTOR J. VIDAL qui le rendit encore plus sanglant ( voir affaire d'OUVEA ).

2°) Au commandement des forces armées françaises en NOUVELLE-CALEDONIE, là où sévit une saloperie appelée deuxième bureau militaire.

3°) Au haut-commissariat de la république à NOUMEA, là où sévit une autre saloperie appelée B.E.L. dont FRANCK WAHUZUE fait partie par le biais de la troisième section de manipulation ( voir plainte du
09 juillet 1994 ).

Bien sûr cette liste n'est pas exhaustive, mais laquelle de ces trois sources polluées était à l'origine de ce renseignement nécessaire au bon fonctionnement du plan araignée dans lequel JEAN-MARIE TJIBAOU devait tomber ?

Dans le climat de peur, de feu, de larmes et de sang qui régnait à cette époque en NOUVELLE-CALEDONIE, je vois mal RAOUL LAPETITE obtenir seul cette information essentielle.

D'autant plus que pour téléphoner, il lui fallait accomplir cette démarche à partir de la poste de HIENGHENE, ce qui n'était pas facile.

Les"forces de l'ordre'' n'ayant volontairement aucune instruction précise, la toile d'araignée se tissait au rythme des maisons brûlées dans cette vallée que devait emprunter JEAN-MARIE TJIBAOU, car n'oublions surtout pas que ce drame s'était produit sur le chemin du retour d'une réunion politique F.L.N.K.S. Celle-ci s'était déroulée au centre culturel de HIENGHENE.

" J'avais prévenu que si "on" touchait une de nos maisons, j'allais tirer ! ".

Encore une des phrases de RAOUL qui résonnent à mes oreilles, comme elles doivent encore résonner à d'autres"zoreilles'' en d'autres lieux...

L'habitation d'ODETTE MITRIDE faisait-elle partie de ces maisons, je l'ignore ; toujours est-il que la fusillade s'était produite aux abords de la maison de MAURICE MITRIDE.

Fort de ce que je sais maintenant, fort d'avoir subi moi-même les malversations de la gendarmerie française ainsi que les magouilles judiciaires de ce drapeau, certaines phrases-clés de RAOUL LAPETITE et de MAURICE MITRIDE prennent à présent toute leur valeur ; ce sont autant de pièces de ce puzzle sanglant.

Ainsi MAURICE MITRIDE que j'estime en tant qu'homme, me posa un jour la question suivante à son domicile du MONT DORE : " Dis-moi mon ami, toi qui as connu le CAMP-EST, qu'est-ce que tu penses de GERARD PERRAUDIN, l'ancien directeur ? ".

Réponse : " Bof ! ".

Commentaire de MAURICE MITRIDE :

" Ah si ! C'était quelqu'un de bien ; quand j'étais déprimé, il venait parfois dans ma cellule pour me remonter le moral... ".

Plutôt curieux qu'un directeur de prison se déplace lui-même pour remonter le moral défaillant d'un"certain détenu'', alors qu'un autre comme ANGELO WAHOO pourra tranquillement se suicider dans une cellule de punition du bloc E le 10 juin 1994.

Pourtant en y réfléchissant à deux fois, ce n'est pas si curieux que cela...

En effet, contrairement aux apparences de cette sanglante affaire, MAURICE MITRIDE n'a pas le profil d'un assassin en puissance, mais plutôt celui d'un travailleur exceptionnel, toujours en mouvement et à la tâche…

Il ne faut pas oublier qu'il avait été le premier à se rendre"aux forces de l'ordre'' le 10 décembre 1984, et qu'il constituait le maillon psychologique faible de cette machination française.

Il ne fallait pas qu'il craque et c'est à ce titre, et uniquement à ce titre que le directeur GERARD PERRAUDIN l'assistait si"généreusement''.

Je n'oublie pas que ce même directeur de prison m'avait placé dans la cellule d'ENOKA POAPALE, un kanak originaire de POINDIMIE s'étant rendu en stage en LIBYE.

Un stagiaire kanak au physique plus qu'imposant mais pourtant très courtois et correct sous bien des aspects.

C'était en 1987, et le gardien JOHN ROBSON chargé de ma mutation au bloc 4 avait eu la réflexion suivante :

" Je ne sais pas pourquoi"ils'' te placent dans la cellule du"LIBYEN''... Tu vas voir la carrure ! ".

Réponse : " On verra bien… ".

Et il n'y eut aucun problème malgré la tension qui régnait dans la prison à cette époque.

Les agissements du directeur GERARD PERRAUDIN sont amplement détaillés dans la note supplémentaire figurant au dos de la réponse du président de la république en date du 1er février 1995.

( Voir chapitre " PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE " ).

Ayant appris que je devais me rendre en FRANCE en 1994, MAURICE MITRIDE m'avait invité chez lui avant mon départ.

Je ne pus toutefois me rendre à cette invitation durant laquelle il devait me donner l'adresse du juge d'instruction FRANCOIS SEMUR,"un gars bien'' selon MAURICE MITRIDE. Un petit bonjour de sa part en provenance de la NOUVELLE-CALEDONIE aurait été certainement bien accueilli, si j'avais le temps bien sûr.

C'est en effet ce juge d'instruction qui avait été chargé du dossier de l'affaire de TIENDANITE, et après son ordonnance de non-lieu fondée sur l'article 329-2 en date du 29 octobre 1986, tous les auteurs de la fusillade avaient été libérés.

Par contre le juge d'instruction FRANCOIS SEMUR se retrouva juge pour enfants dans un bled de FRANCE, après son séjour en NOUVELLE-CALEDONIE et son fameux non-lieu tant contesté.

Là encore, je me souviens des paroles de RAOUL LAPETITE au sujet de ce juge d'instruction :

" Un gars bien qui avait une solide expérience policière, pas comme les autres qui sortent d'une école avec un diplôme... Non, lui il connaissait le terrain... Il avait même récupéré les douilles sur les lieux du drame en utilisant une poêle à frire " ( détecteur de métal )."

Et si ce brillant juge d'instruction au passé policier avait lui aussi découvert"le pot aux roses'', à savoir que JEAN-MARIE TJIBAOU était attendu sur les lieux de la fusillade en étant la proie principale du plan araignée...

Plan araignée mis en place grâce aux subtiles manipulations des services spéciaux français...

La tension montait, les maisons brûlaient les unes après les autres, les"forces de l'ordre'' n'avaient pas d'ordre, RAOUL LAPETITE appelait au secours aux endroits précités en précisant bien :

" Si on touche une de nos maisons je vais tirer! ".

Appels au secours comme celui rapporté par le gendarme CLOUE qui connaissait bien RAOUL LAPETITE pour avoir été en poste à HIENGHENE : " Il m'a appelé au secours le 05 décembre à 09 heures du matin. J'étais à NOUMEA ; j'ai transmis à mes supérieurs. J'ai dit à RAOUL de s'adresser à la brigade de HIENGHENE ".

" Il m'a répondu : " Je suis seul, je suis désespéré ".

Quand j'ai entendu le drame à la radio le lendemain, je me suis dit : c'est arrivé ! ".

Si les supérieurs du gendarme CLOUE étaient du même acabit que les gendarmes MARC FORTIER MARC REVAULT CHRISTIAN GODEFROY ou FREDERIC JAMES, je me demande bien qui a pu fournir à RAOUL LAPETITE le renseignement concernant la présence certaine de JEAN-MARIE TJIBAOU dans l'une des deux voitures…

Ayant découvert les rouages du plan araignée bien avant moi car n'ayant pas eu besoin d'un message comme : " Du sang noir va couler,"on'' vous demande de ne pas mettre d'huile sur le feu ", que pouvait faire le juge FRANCOIS SEMUR dans ce merdier politico-judiciaire et criminel ?

D'un côté le drapeau français auquel il appartient de par ses fonctions, de l'autre sept pions tombés eux aussi dans les mailles de la toile d'araignée...

Que lui restait-il donc à part l'article 329-2 du code pénal ?

Article 329-2 du code pénal : présomption de légitime défense, et non-lieu le 29 octobre 1986 pour finir.

Et si vous n'êtes pas content du résultat monsieur le procureur général, vous pouvez toujours faire appel... ( et reprenez votre dossier merdique ! ).

C'est exactement ce qui se produisit le 20 novembre 1986 ; le non-lieu prononcé par le juge d'instruction FRANCOIS SEMUR fut infirmé, car il fallait absolument sauvegarder les apparences, n'est-ce pas ?

Non-lieu infirmé et cour d'assises le 19 octobre 1987 avec acquittement général, mais absolument rien sur le plan araignée, sinon quelques mensonges...

Et les avocats dans cette histoire foireuse ? Ils étaient pourtant nombreux, tant d'un côté que de l'autre.

Maître JEAN TUBIANA et Maître FRANCOIS ROUX

Ces avocats étaient venus spécialement de FRANCE.

Maître … OTTAN et Maître GUSTAVE TEHIO du barreau local.

Ces quatre avocats représentaient les familles des dix victimes kanakes.

 

Maître HENRI-RENE GARAUD président de l'ASSOCIATION LEGITIME DEFENSE FRANCE.

Maître ... BERRUX FRANCE ?

Maître GEORGES CHATENAY du barreau local

Maître GERARD LERGENMULLER du barreau local

Ces quatre avocats représentaient la défense des sept inculpés.

 

Bien sûr, aucun de ces brillants avocats ne mit à jour ce fameux plan araignée, d'un côté comme de l'autre.

Le même genre de foutaise de procès d'assises que celui des 24 / 25 / 26 avril 1996, en quelque sorte...

En effet, nous bénéficiâmes des témoignages de personnes de"haute moralité'' comme les FRANCOIS DE ROUGET, HENRI MORINI, FRANCE DEBIEN dit"POUPOUNE'' et JEAN-CLAUDE GAUCI, un ancien gendarme sorti de derrière les fagots au bon moment…

Eux avaient bénéficié des témoignages de personnes de"très haute moralité'' comme les gendarmes CLOUE et SAURY, MARIE-JOSEE VANHALLE et mieux encore, le maire de la ville de NOUMEA JEAN LEQUES lui-même...

C'est qu'il s'agissait de bien masquer le plan araignée derrière la légitime défense, quitte à ce que la carence de l'état soit officiellement reconnue... C'était là un bien moindre mal, car il est facile d'imaginer l'énorme scandale si les tenants et les aboutissants français du plan araignée étaient apparus en pleine lumière.

D'où les paroles suivantes de l'avocat général GILLES LUCAZEAU lors du procès d'assises du 19 octobre 1987 : " L'homicide de OUEGOA, les quatre CRS blessés à SAINT-LOUIS, la séquestration du sous-préfet JEAN-CLAUDE DEMAR à LIFOU, les soixante procédures entamées pour les incendies de maisons, les dix incendies d'habitations dans la vallée de la HIENGHENE ou les environs, le retrait de l'armement collectif aux gendarmes de la brigade... La prise de la brigade de gendarmerie de THIO par ELOI MACHORO...

On ne peut pas ne pas se poser de questions sur l'action, ou l'inaction des pouvoirs publics. ".

Celui-ci avait évoqué l'attitude des forces de l'ordre et de leur désarmement en ajoutant :

" L'interposition passive qui a laissé beaucoup plus de place au passif qu'à l'interposition. ".

Une vraie porte ouverte que dis-je, une voie royale pour la légitime défense de maître HENRI-RENE GARAUD, le roi en la matière...

Un roi venu en NOUVELLE-CALEDONIE par l'opération du"saint-esprit'', peut-être…

Un rappel toutefois : Les"forces de l'ordre'' n'avaient pas d'ordre !

D'où ces témoignages vitaux issus de personnes de la droite locale pro-française que sont MARIE-JOSEE VANHALLE et JEAN LEQUES du R.P.C.R. le très fameux rassemblement pour la CALEDONIE dans la république française...

Témoignages de droite en faveur de personnes de gauche, RAOUL LAPETITE étant militant de l'UNION CALEDONIENNE depuis 1962 tandis que son fils JEAN-CLAUDE LAPETITE figurait sur une liste municipale du PA.LI.KA. en 1983.

UNION CALEDONIENNE et PA.LI.KA., les deux principaux partis indépendantistes de NOUVELLE-CALEDONIE... Bizarre-bizarre... Oui… bizarre-bizarre...

Là encore, je sais de quoi je parle car j'ai subi ce genre de témoignages devant une cour d'assises, moi aussi!

 

A la page 290 du tome 9 du MEMORIAL CALEDONIEN, MARIE-JOSEE VANHALLE est décrite comme étant l'amie de MITRIDE et LAPETITE...

Si j'ignore les sentiments de MAURICE MITRIDE à ce sujet, RAOUL LAPETITE ne voulait plus entendre parler des VANHALLE, du R.P.C.R., de JACKY JACQUES et autres WAHUZUE.

Au sujet de ce dernier, il convient de rectifier une erreur bien involontaire de ma part : Ce n'est pas FRANCK WAHUZUE mais son frère NOEL WAHUZUE qui a été entendu par la cour d'assises du 19 octobre 1987, lors du procès de l'affaire de TIENDANITE.

Des investigations plus poussées après ma libération le 25 juin 1998 ont permis de relever les faits suivants :

- NOEL WAHUZUE vit depuis fort longtemps avec une nièce de SIMONE LAPETITE, l'épouse et veuve de RAOUL LAPETITE aujourd'hui décédé. Ce petit"détail'' me semble très important dans ce drame plus que sordide sur de nombreux points.

- Avant le boycott actif des élections du 18 novembre 1984 par le F.L.N.K.S., FRANCK WAHUZUE avait créé le 12 octobre 1984 un nouveau parti politique ( E P A. ) avec composition d'une liste électorale sur laquelle il espérait y faire figurer le nom de RAOUL LAPETITE.

Dans cette optique eut lieu une petite cérémonie coutumière entre RAOUL LAPETITE et NOEL WAHUZUE agissant pour le compte de son frère FRANCK.

Celle-ci se déroula en septembre 1984 au domicile de RAYMOND LAPETITE sis 2 rue BICHON LOGICOOP NOUMEA.

RAYMOND LAPETITE n'est autre que le frère aîné de feu RAOUL LAPETITE.

Il y eut des échanges de présents afin de sceller les paroles prononcées lors de cette cérémonie, RAOUL LAPETITE ayant accepté de figurer sur la liste de FRANCK WAHUZUE.

A l'inverse de son père, JEAN-CLAUDE LAPETITE ne s'associa pas à cette démarche en restant fidèle au PA.LI.KA.

Le F.L.N.K.S. s'étant publiquement prononcé pour le boycott actif des élections du 18 novembre 1984, NOEL WAHUZUE se rendit à HIENGHENE, quelques jours avant la date fatidique.

Au cours des discussions, RAOUL LAPETITE demanda de quelle manière il pouvait rester en contact avec son interlocuteur, en cas de problème.

Réponse de NOEL WAHUZUE : "Par téléphone, vous demandez"ARAIGNEE'' au S.T.A.G. et on passera immédiatement la communication. Je saurai ainsi que c'est vous qui m'appelez. ".

Araignée comme le plan mortel portant le même nom n'est-ce pas ? La conclusion s'impose d'elle-même!

Le S.T.A.G. est le service territorial de l'administration générale où NOEL WAHUZUE travaillait à l'époque des faits. Il"officiait'' au sein du bureau des affaires autochtones rattaché à ce service.

 
Plus tard, au cours du procès d'assises du 19 octobre 1987, RAOUL LAPETITE s'emporta contre un NOEL WAHUZUE très mal à l'aise en lui disant devant tout le monde : ""Araignée'' c'est toi ! ".
Ce mot clef avait été repris par un des avocats des 10 victimes kanakes, maître JEAN TUBIANA semble-t-il.

"Araignée, c'est un nom de code n'ayant rien à voir avec ce drame… ", dixit la très honorable gendarmerie…Ben voyons !

Pour plus de précision sur ce point particulier, JOSEPH WANANIJE se rendit lui-même dans les locaux de RADIO DJIIDO afin d'obtenir les copies des K7 d'enregistrement du fameux procès de TIENDANITE.

Du 28 décembre 1998 au 15 janvier 1999 le personnel de cette radio soi-disant indépendantiste se moqua de lui en lui faisant des promesses qu'il ne tint jamais, NICOLE WAIA et LUCIENNE MOEREO-SEE en particulier.

Toujours est-il que je ne sais toujours pas comment RAOUL LAPETITE avait pu obtenir ce renseignement essentiel, à savoir la présence certaine de JEAN-MARIE TJIBAOU dans l'une des deux voitures du drame.

Il me paraît toutefois utile de préciser que FRANCK WAHUZUE était autrefois marié avec une personne très proche de PAUL NEAOUTYINE.

PAUL NEAOUTYINE, l'ex-leader du F.L.N.K.S. ayant affirmé ne jamais avoir eu connaissance de tout ce que nous avions découvert JOSEPH WANANIJE et moi-même, après avoir reçu à plusieurs reprises un dossier complet de toutes nos plaintes par des moyens détournés.

Un silence parmi tant d'autres, de toute façon !

FRANCK WAHUZUE, une des têtes pensantes des actions du F.L.N.K.S. sur le terrain, comme la sanglante prise d'otages de la gendarmerie de FAYAOUE - OUVEA le 22 avril 1988.

Prise d'otages s'étant soldée par vingt cinq cadavres toutes ethnies confondues, les kanaks ayant la majorité absolue avec dix neuf morts.

Dès lors, quel rôle a-t-il pu jouer dans l'assassinat de JOSE LAPETITE par un commando du F.L.N.K.S., le 29 avril 1988 à VOH dans la chaîne centrale ?

Le fait que FRANCK WAHUZUE ait été l'un des instigateurs de la prise d'otages d'OUVEA est un secret de polichinelle. En effet, cela avait été l'objet d'un jeu radiophonique sur RADIO DJIDO, genre questions / réponses avec petits cadeaux aux gagnants. Ce jeu s'était déroulé lors d'une commémoration du drame de GOSSANAH - OUVEA, en 1994 ou 1995.

Voici quelques renseignements supplémentaires concernant l'attentat commis le 19 mai 1988 dans un immeuble de la cité PIERRE LENQUETE à MONTRAVEL, lequel est décrit dans la présente plainte.

Celui-ci avait été commis en représailles de l'assassinat de JOSE LAPETITE le 29 avril 1988 à VOH.

Il y eut 4 blessés légers et non 2 comme indiqué dans la présente plainte. JEAN-PIERRE COURTOT et PHILIPPE COURTOT en étaient les auteurs, JOSE LAPETITE étant leur cousin et ami.

Pour certains kanaks indépendantistes, c'était là encore un secret de polichinelle comme je l'affirme dans la note supplémentaire de la lettre du 09 juin 1996 adressée à REMY BRESIL ( voir chapitre " DIVERS " ).

Selon mon contact dans la police, ils n'avaient pas été arrêtés car la page du registre faisant office de main-courante des patrouilles avait été arrachée par une main anonyme. Sur cette page figurait le signalement de la voiture de PHILIPPE COURTOT, à savoir une TOYOTA CELICA de couleur bordeaux : Il avait été clairement identifié et devait être arrêté !

Ceci étant dit, à l'époque du fameux pot au snack-bar JAMICO, PAULETTE IXECO et NADINE PIDJOT étaient fonctionnaires dans un service de l'administration d'état, près du haut-commissariat de la république à NOUMEA.

WEDOYE BEALO est employé au musée de NOUMEA, et il est l'auteur d'un brillant exposé sur la chefferie de HIENGHENE dans un livre intitulé : " NOUVELLE-CALEDONIE D'AVANT 1914 ".

Celui-ci a été édité sous l'égide du ministère des départements et territoires d'outre-mer ( MEDETOM ) sis 27 rue OUDINOT 75007 PARIS FRANCE. De plus il est préfacé par l'ex-ministre des DOM-TOM LOUIS LE PENSEC.

 

Les agissements de Claude VALION

Toujours au sujet du"clan'' LAPETITE retiré dans la chaîne centrale, il convient de signaler les agissements plus qu'étranges de CLAUDE VALION.

CLAUDE VALION, maître en droit et receveur principal des douanes en FRANCE, était mandaté par GERARD FUSIL pour l'organisation du RAID GAULOISE qui s'est déroulé en octobre 1991 en NOUVELLE-CALEDONIE.

Ainsi, au cours de la préparation de ce fameux ( ou fumeux ) RAID GAULOISE, CLAUDE VALION et 3 ou 4 équipiers avaient été hébergés chez RAOUL LAPETITE. CLAUDE VALION avait fait miroiter à son interlocuteur le passage du RAID GAULOISE sur ses terres de location, ce passage étant grassement rémunéré pour l'hébergement et la nourriture fournis pour ce raid à cet endroit. RAOUL LAPETITE ne disposant d'aucun revenu à l'époque, fut très heureux de cette initiative lucrative et ponctuelle.

Et c'est ainsi que CLAUDE VALION et son équipe établirent un relevé topographique précis de tous les chemins permettant la traversée de la chaîne centrale dans cette région, de la côte ouest vers la côte est.

Un relevé topographique précis pour de multiples usages, n'est-ce pas ?

Ce"travail'' terminé, CLAUDE VALION fut"désolé'' d'annoncer à RAOUL LAPETITE que le RAID GAULOISE ne pouvait pas passer par là, à cause de l'affaire de TIENDANITE. Celui-ci avait"découvert'' avec des années de retard cette sanglante affaire qui avait défrayé les chroniques de l'époque...

Affaire ayant connu un rebondissement mortel avec l'assassinat de JOSE LAPETITE le 29 avril 1988 en pleine prise d'otages d'OUVEA, soit 3 an et demie seulement avant le RAID GAULOISE de NOUVELLE-CALEDONIE. Il s'en foutait totalement en vérité, car il avait pu effectuer le"petit travail'' qui l'intéressait auprès de RAOUL LAPETITE, à savoir :

- Relevé"topographique'' de tous les sentiers possibles et imaginables de la région.
- Aperçu du climat"psychologique'' chez les LAPETITE etc.

En effet, il ne faut jamais oublier qu'un pareil rapport d'analyse sur l'état psychologique de RAOUL LAPETITE fut"découvert'' dans notre dépôt clandestin sis 94 route de OUEMO MAGENTA.

Je sais donc de quoi je parle lorsque j‘affirme que RAOUL LAPETITE était sous haute surveillance de la part des autorités françaises.

Qui donc parmi la population de ce pays avait été suffisamment"motivé'' pour un tel passage à l'acte pendant les événements de 1984 ?

Passage à l'acte ayant coûté la vie de 10 militants indépendantistes kanaks dont deux frères de JEAN-MARIE TJIBAOU, lui-même étant plus particulièrement visé.

Passage à l'acte très fortement encouragé par la carence des autorités françaises de l'époque, en plus d'autres saloperies de services spéciaux bien tapis dans l'ombre…

C'est donc à ce titre, et uniquement à ce titre que RAOUL LAPETITE"jouissait'' d'une attention bien particulière de la part de ces derniers ; une très haute surveillance en quelque sorte…

Mais revenons au RAID GAULOISE : Après avoir abusé de la crédulité de son interlocuteur, CLAUDE VALION"bon prince au grand cœur'' accorda très généreusement à la famille LAPETITE quelques paquets de nourriture lyophilisée, en précisant bien que ces denrées étaient très coûteuses.

Dans la foulée de son départ, il fit un superbe cadeau à JOCELYN LAPETITE (un fils de RAOUL LAPETITE): une lampe dont le boîtier de piles s'accroche à la ceinture, le réflecteur étant maintenu sur le front avec une sangle élastique... Quel cadeau ! Une vraie lampe de gynécologue... Si seulement cette lampe avait pu éclairer les intentions réelles de CLAUDE VALION, cet agent des douanes françaises...

Toujours dans la même ligne de conduite hypocrite, il convient de rappeler la présence de PHILIPPE DE DIEULEVEUT et de sa"CHASSE AUX TRESORS'' dans le sud de la NOUVELLE-CALDONIE le 08 décembre 1983. PHILIPPE DE DIEULEVEUT et ses 6 compagnons disparus très mystérieusement en 1985 au ZAIRE...

Selon une déclaration vite démentie, ceux-ci auraient été éliminés par les services secrets zaïrois du président MOBUTU SESE SEKO...

PHILIPPE DE DIEULEVEUT aurait appartenu à la D.G.S.E., ce que son frère JEAN DE DIEULEVEUT cherche à élucider depuis bien des années, mais en vain ! Encore des agissements douteux et des morts mystérieuses dont JEAN DE DIEULEVEUT cherche encore à comprendre les circonstances exactes.

Une association des victimes de l'AFRIQUE s'occuperait d'affaires similaires, dans le silence total des différents gouvernements français ; celle-ci serait dirigée par un juge d'instruction français.

Il faut bien se dire que dans n'importe quel pays, les membres des services secrets ont toujours une couverture officielle et très honorable ; sinon ils ne seraient pas"secrets'' ! Ce secret peut très bien avoir une belle façade comme le RAID GAULOISE ou autre, étant entendu que tous les participants de ce genre de compétition sportive ne sont pas des agents de la D.G.S.E. ou je ne sais quelles saloperies du même acabit.

Il n'empêche que"certaines personnes'' peuvent très bien s'y greffer officiellement, mais sans avoir le sport pour unique mobile…

Quelle belle couverture que voilà pour entrer dans un pays étranger et y quérir toutes sortes de renseignements bien utiles parfois… Une façon bien discrète de joindre l'utile à l'agréable en quelque sorte…

Dans le présent dossier, il est fait mention de RAOUL LAPETITE et de"ses amis les gendarmes''... Etranges amis en vérité, bien hypocrites pour certains comme ce gradé des patrouilles de la gendarmerie à cheval...

Celui-ci était arrivé avec ses hommes sans crier gare, seuls les aboiements des chiens nous prévenant d'une présence inhabituelle dans les environs. Toujours très hospitalier, RAOUL LAPETITE les avait accueillis en leur donnant une belle épaule de cerf pour leurs repas, allant même jusqu'à faire nettoyer un emplacement dans sa cour pour leur campement.

Personnellement, je m'étais toujours méfié des forces de l'ordre et surtout de la gendarmerie au regard de l'attitude de cette dernière pendant les événements. Ils installèrent leur système de transmission et une grande antenne filaire en faisant des essais avec les différents postes de gendarmerie dans les environs.

Je les surveillais toujours du coin de l'œil, et c'est ainsi que je surpris leur chef communiquant par radio les numéros de tous nos véhicules stationnés à quelques kilomètres de là ; en effet la route menant chez RAOUL LAPETITE n'avait pas encore été aménagée à cette époque.

J'avais tout de suite prévenu les autres dont DOMINIQUE ... , celui qui allait figurer plus tard sur la fameuse liste de douze prénoms découverte dans le garage de OUEMO le 03 mars 1994.

DOMINIQUE … connu comme le"loup blanc'' et armé d'un revolver à la cuisse masqué par une veste militaire, revolver que le gendarme en question tentait de voir aux moindres mouvements de l'intéressé…

Un vrai jeu de cache-cache sur fond de pseudo amitié militaire…

Il faut dire que sans faire étalage de nos fusils, nous étions toujours sur nos gardes, des rumeurs concernant la sécurité des LAPETITE revenant sans cesse à nos oreilles ; certaines provenaient même du MONT-DORE à près de 300 kilomètres de là.

Le soir même alors que nous étions tous attablés, j'aperçus quelqu'un dans le dos du convive me faisant face, quelqu'un se tenant intentionnellement dans l'obscurité... Prétextant je ne sais quoi, je m'étais levé discrètement afin d'en avoir le cœur net et je découvris le gradé en question fumant une pipe tout en écoutant nos paroles. Il était masqué par la toiture de peaux de niaoulis descendant très bas.

Je prévins les autres prudemment, mais la moutarde me montait très sérieusement au nez.

L'hospitalité même très naïve de RAOUL LAPETITE étant sacrée chez lui, je ne dis rien à ce gradé.


Un peu plus tard, RAOUL LAPETITE alla se baigner dans la rivière en contrebas, et c'est en voulant le rejoindre que je butai sur ce gradé : Il était encore dans nos pattes !

" Vous êtes encore là, vous ! ".

Réponse du gradé : " Je surveille la baignade de RAOUL LAPETITE... On ne sait jamais... ".

Là, tout était sorti d'un seul coup, et RAOUL LAPETITE dû intervenir pour calmer les esprits.

En aparté, je lui avais dit : " Celui-là n'a qu'une seule chance, c'est d'être chez toi que je respecte, comme je respecte cet endroit. ".

Un ou deux jours plus tard, cette même brigade à cheval se perdit au cours d'une patrouille vers le col des ARABES. Là encore, RAOUL LAPETITE envoya son fils JEAN-CLAUDE pour les rechercher, tandis que j'avais déclaré : " Qu'ils crèvent tous ! ".

Il pleuvait, il faisait froid, ils étaient perdus et l'un de ceux qu'ils espionnaient sous prétexte de sécurité, l'un de ceux dont"ils ''s'étaient honteusement servis dans leur saloperie de plan araignée, les avait ramenés à bon port. Quelle dérision, mais aussi quel vice !

Une raison de plus pour dire aux jurés de notre procès d'assises en 1996 :

" Les deux gendarmes qui sont venus témoigner devant vous ont du sang de TIENDANITE sur leurs chaussures ! ".

Le 05 décembre 1984, date du massacre de TIENDANITE, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :

FRANÇOIS MITTERAND président de la république.

LAURENT FABIUS premier ministre.

ROBERT BADINTER ministre de la justice.

PIERRE JOXE ministre de l'intérieur.

GEORGES LEMOINE ministre des DOM-TOM.

EDGAR PISANI haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE

et délégué du gouvernement.

Nommé à ce poste le 1er décembre 1984, en place le 04 décembre 1984, il avait remplacé

le préfet JACQUES ROYNETTE dans ses fonctions.

 

Le 29 octobre 1986, date du non-lieu prononcé par le juge d'instruction FRANCOIS SEMUR, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes:

FRANÇOIS MITTERAND président de la république.

JACQUES CHIRAC premier ministre.

ALBIN CHALANDON ministre de la justice.

CHARLES PASQUA ministre de l'intérieur.

BERNARD PONS ministre des DOM-TOM


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