L'AFFAIRE BONDALETOFF : TRAFICS D'ARMES EN AUSTRALIE

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D.G. :

Dans le périodique bimensuel COMBAT OUVRIER, organe officiel de l'U.S.T.K.E., un article très intéressant intitulé O.A.S. dans le numéro 28 du 20 mars 1994 fait référence à l'affaire BONDALETOFF.

JEAN-NICOLAS BONDALETOFF alors skipper d'un voilier appartenant aux frères DOMINIQUE et PAUL VUVIET, était arrêté en AUSTRALIE pour trafic d'armes en 1985.

JEAN-NICOLAS BONDALETOFF étant calédonien de souche européenne de même que l'équipage, il était tout à fait normal de penser que les armes étaient destinées au camp loyaliste, ce que tout le monde a cru nous y compris.

Là où le bât blesse, c'est que ces armes ont été achetées par EDMOND NEKIRIAÏ alors leader de l'U.P.M., et que les transactions ont été effectuées dans l'habitation de JOACHIM WAHEMUNEME, dans le voisinage du pont de SYDNEY.

JOACHIM WAHEMUNEME dit JOE, est un kanak originaire de LIFOU connu comme étant salarié de la CAFAT, plus particulièrement chargé de l'assistance des malades calédoniens se faisant soigner en AUSTRALIE.

JOACHIM WAHEMUNEME ne savait absolument pas se qui se passait dans sa maison, et il eut de ce fait quelques ennuis avec la police australienne qui se sont heureusement arrangés par la suite.

C'est une personne correcte et non-violente, qui a été profondément déçue par cette affaire.

Fait important :

Si les armes étaient achetées et destinées aux troupes du F.L.N.K.S. par le biais d'EDMOND NEKIRIAÏ indépendantiste notoire, comment se fait-il que toute l'infrastructure mise en place pour ce trafic ait été composée de nombreux calédoniens"loyalistes'' ?

De plus, aucune arme n'a été fournie au F.L.N.K.S. puisqu'elles ont toutes été saisies par la police australienne.

Fait également important :

J'ai été contacté par GERARD LUDEAU, employé au port autonome de NOUMEA, juste avant l'arrestation de JEAN-NICOLAS BONDALETOFF en AUSTRALIE.

Il est inutile de préciser l'appartenance de GERARD LUDEAU au camp"loyaliste'', celui-ci s'étant trouvé en même temps que moi sur la propriété de PATRICK DEVAUD à BOULOUPARI, pendant les événements de 1984.

Au cours de ce contact, ce dernier me posa la question suivante : " GUY, est-ce que tu es au courant d'un achat d'armes pour notre cause en AUSTRALIE, est-ce que tu connais les frères VUVIET, propriétaires d'un voilier ( BRIEU 2 il me semble ), ils vont être arrêtés... ".

Je lui avais répondu : " Je ne suis pas au courant de cette opération mais je les connais, ils sont de notre bord ; je vais tout de suite les prévenir et merci pour les renseignements... ".

J'étais allé ensuite au magasin LA COLOMBE sis 1 rue PAUL LEYRAUD - VALLEE DES COLONS afin de prévenir un des frères qui était resté pour gérer le magasin. ( je confonds toujours les prénoms, mais c'est le plus âgé que j'avais prévenu ).

C'était pratiquement trop tard car l'affaire éclatait au grand jour peu de temps après, et nous portions le chapeau pour un trafic d'armes destinées et achetées par le F.L.N.K.S.!

Il n'y a qu'à se remémorer les journaux de l'époque ainsi que les émissions télévisées sur F.R.3 ( R.F.O. maintenant ).

J'ai découvert la vérité partielle sur cette affaire il y a un an et demi seulement, à savoir qu'EDMOND NEKIRIAÏ était l'acheteur véritable de ces armes. Cette opération, chef-d'œuvre de manipulation, avait été menée de main de maître les kanaks n'ayant jamais reçu les armes et nous, camp"loyaliste'' étions responsables aux yeux du monde ! ( nous avons bien reçu quelques armes d'AUSTRALIE, mais pas par cette filière ).

Je connais suffisamment les kanaks pour savoir qu'ils ne sont pas aussi vicieux, aussi pourris et manipulateurs pour monter un chassé-croisé aussi parfait, mais peut-être qu'EDMOND NEKIRIAÎ que je respecte en tant que guerrier, voudra s'il le désire, éclairer les zones d'ombres de cette affaire qui précisons-le, est couverte par une loi d'amnistie.

Il y a un an et demi, j'avais pensé : " Les fumiers de Viets, ils nous ont bien baisés ! ".

A la lumière de tout ce que je sais à présent, je peux affirmer : " Kanaks, caldoches, médias, nous nous sommes tous fait avoir ! ".

NOTE SUPPLEMENTAIRE

En ce qui concerne les médias et vu leur utilisation actuelle, j'ai de très sérieux doutes qu'ils se soient faits rouler comme nous... En fait, se serait plutôt le contraire en contribuant très largement à l'imposture dont le camp loyaliste a fait l'objet dans cette affaire de trafic d'armes en AUSTRALIE.

Le 05 mars 1985, en pleine période des événements, JEAN-NICOLAS BONDALETOFF, VUVIET CHUAN PAUL, VU NGOC LY et ALAIN GRELIER étaient arrêtés près de BRISBANE, en AUSTRALIE.

Accusés de préparer une livraison d'armes aux loyalistes, ils étaient jugés puis libérés le 17 avril 1985.

BRISBANE, et non SYDNEY où eut lieu la transaction menée paraît-il par EDMOND NEKIRIAÏ dans la maison de JOACHIM WAHEMUNEME...

Au tout début de la mise en commun de nos connaissances au bloc C d'isolement, j'avais dit à JOSEPH WANANIJE : " JOSEPH, je ne te mens pas et je vais te le prouver d'une manière incontestable ! ".

Cette preuve était en fait cette affaire de trafic d'armes en AUSTRALIE, trafic mené par EDMOND NEKIRIAÏ, leader indépendantiste de l'UNION PROGRESSISTE MELANESIENNE ( U.P.M. ).

JOSEPH WANANIJE et moi-même savions parfaitement que nos conversations avec les gardiens"kanaks et caldoches'' étaient répétées à l'extérieur du pénitencier.

YVES DUPAS, directeur du CAMP-EST, m'avait d'ailleurs convoqué un jour pour me dire : " Je ne veux pas que vous parliez aux gardiens... Nous avons les moyens de vous faire taire... ".

La vérité était dérangeante, trop dérangeante même, et pour beaucoup plus de monde que nous ne le pensions initialement tous les deux...

Cela, nous devions le découvrir à nos dépens beaucoup plus tard, quand aucun leader politique dûment informé ne fit le nécessaire pour faire apparaître toute la vérité au grand jour !

Ce fut même le contraire qui se produisit, car tout, je dis bien tout fut mis en place pour l'étouffer, cette vérité trop dérangeante !

Peu de temps après ces fuites volontaires le père de JOSEPH, ALPHONSE WANANIJE, rencontra par hasard EDMOND NEKIKIAI dans un café du centre-ville.

Ce dernier dit alors au père de JOSEPH : " Mais pourquoi ton fils a-t-il attendu d'être en prison pour dire tout cela maintenant ? ". La réponse était pourtant bien évidente car JOSEPH WANANIJE ne pouvait ni savoir ni comprendre tout ce qui se cachait dans le monde politique pourri. ( tout comme moi d'ailleurs ! )

C'est grâce aux renseignements de CHRISTIAN BOUCHAUD résidant à SYDNEY AUSTRALIE que je parvins à découvrir ce pot aux roses, et JOACHIM WAHAMUNEME est un de ses amis.

Au-delà de ce petit chef-d'œuvre de manipulation, une question de taille se pose : Comment se fait-il qu'un obscur militant caldoche ait découvert ce pot aux roses, et que les enquêteurs australiens n'aient jamais rien dit au sujet du F.L.N.K.S., le véritable acheteur de ces armes ?

JOACHIM WAHEMUNEME dont le domicile à SYDNEY avait été utilisé sans qu'il en ait su la finalité, avait pourtant bien été interrogé par ces mêmes enquêteurs australiens, et nul ne me fera croire à présent que la police australienne n'avait pas découvert bien avant moi toute la vérité sur cette affaire.

Dès lors, pourquoi les autorités australiennes sont-elles restées silencieuses sur l'identité du véritable acheteur de ces armes, en laissant le camp loyaliste être accusé de tous les vices de la terre ?

Quels que soient les drapeaux et les hommes politiques, ceux qui sont au sommet des pyramides du pouvoir se rendent parfois de"petits services'' comme celui-ci, surtout quand il s'agit de laisser la masse populaire d'un pays se baigner dans sa propre ignorance...

Le 05 mars 1985, date de la découverte de ce trafic d'armes, les personnes ci-dessous occupaient les fonctions suivantes :

FRANÇOIS MITTERAND président de la république.

LAURENT FABIUS premier ministre.

ROBERT BADINTER ministre de la justice.

PIERRE JOXE ministre de l'intérieur.

GEORGES LEMOINE ministre des DOM-TOM.

EDGARD PISANI haut-commissaire de la république en NOUVELLE-CALEDONIE

et délégué du gouvernement.

La station locale de télévision d'état F.R. 3 est devenue R.F.O. le 1er janvier 1983, ceci étant précisé en rectification de l'erreur figurant dans la présente affaire.

Le jeudi 07 janvier 1999, j'ai moi-même appelé CHRISTIAN BOUCHAUD à son domicile de SYDNEY.

Celui-ci ne m'a absolument pas confirmé qu'EDMOND NEKIRIAI était l'unique acheteur des armes sus-citées.

Par contre, il m'a affirmé que le trafic en question avait bien été mené en AUSTRALIE par les plus hautes instances dirigeantes du F.L.N.K.S.

Or à l'époque des faits, EDMOND NEKIRIAI faisait partie des instances dirigeantes du F.L.N.K.S., en tant que leader de L'UNION PROGRESSISTE MELANESIENNE, l'U.P.M. étant une composante du F.L.N.K.S., parmi d'autres.

Y eut-il non pas une mais deux tentatives séparées et opposées de trafics d'armes en AUSTRALIE, au même moment ?

J'en doute personnellement au regard des capacités plus que machiavélique des services spéciaux français et de la pourriture locale, mais dieu seul le sait encore une fois…


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