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DIJOU GUY

A

MONSIEUR LE PROCUREUR

DE LA REPUBLIQUE

EN NOUVELLE-CALEDONIE

LE 02 JUILLET 1994

Par la présente, j'ai l'honneur de porter à votre connaissance les faits suivants :

Le vendredi 24 juin 1994 à 06 heures, je faisais parvenir à MARTINE VARACHE juge d'instruction chargé de mon dossier, une correspondance dont vous trouverez copie.

Dans ce courrier, j'exposais un certain nombre de faits constatés au cours de l'enquête menée personnellement par le chef de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER, surtout en ce qui concerne les dernières heures de garde à vue passées dans cette fameuse brigade.

Ces faits sont au nombre de trois :

1°/ Dans le bureau de ce dernier, celui-ci a incité JACKY UICHI et moi-même à faire de fausses déclarations quant au nombre exact de personnes ayant participé aux actions, ALBERT KREYER et JEAN-CLAUDE POGNON n'étant que des lampistes n'ayant rien à voir avec les opérations de vols.

Peu après nous avoir gentiment soufflé ces deux noms, celui-ci nous a déclaré :

" Vous remarquez"qu'on'' oublie le coffre-fort de la S.L.N. de THIO... ".

Pourquoi cette attitude sinon pour des raisons de basse politique ?

Ne serait-ce pas à cause de l'inscription raciste peinte sur mon ordre, à l'aide d'une bombe aérosol sur un mur de l'étage du bâtiment S.L.N. ? ("KANAKY XCRA‘' avec une faute"d'orthographe‘' car il manquait un X à XCRA : XXCRA = VAINCRA ).

Si ce détail était insuffisant, je suis prêt à en fournir d'autres pour la simple et bonne raison que j'ai moi-même effectué cette opération, et au cas où vous auriez des doutes je pose la question suivante :

Pourquoi y a-t-il un trou dans la procédure d'audition entre le premier vol de coffre-fort, celui de la GUINGUETTE à L'ANSE VATA et le deuxième qui est en fait le troisième, celui d'EUROMARCHE à KOUTIO ?

C'était pourtant la gendarmerie qui était chargée de l'enquête, et je veux bien qu'il puisse exister des problèmes de communication entre les différents services de l'ordre, mais au sein de la gendarmerie ce serait un peu gros…

2°/ Ce même vendredi 24 juin 1994, à 9 heures 30 / 10 heures, alors que j'étais en audition avec MARTINE VARACHE, j'ai déclaré : " Je vous mens, mais moi j'ai le courage de le reconnaître, pas comme d'autres... ".

( voir le procès-verbal d'audition de ce jour dans le dossier d'instruction ).

Lorsque MARTINE VARACHE m'a demandé d'éclaircir mes propos, je lui ai répondu que tout était dans ma lettre qui ne tarderait pas à lui être délivrée.

A la fin de l'audition, je lui ai déclaré que je détenais la preuve de ce que j'avançais, à savoir que les services de gendarmerie mais plus particulièrement le chef de la brigade de recherches avait trafiqué toute l'enquête.

Cette preuve, c'est le coffre-fort de THIO volontairement oublié dans la procédure à cause de l'inscription sur le mur qui sert à merveille une certaine politique, politique que je dénonce dans de nombreux procès-verbaux d'audition.

Dans ma lettre déposée chez ce juge d'instruction, j'ai également dénoncé le point suivant :

3°/ Au cours d'un entretien qui s'est déroulé au CAMP-EST dans le bureau du chef PASCAL WACAPO, le chef de brigade MARC REVAULT m'a personnellement demandé d'établir un faux témoignage pour"mouiller'' comme il disait, PIERRE MARESCA, élu du R.P.C.R. ( rassemblement pour le maintien de la NOUVELLE-CALEDONIE dans le sein de la république française ).

Les détails de cette affaire sont exposés dans la lettre jointe, et le motif bidon de cette entrevue était soi-disant un permis de visite ; le registre d'entrée du CAMP-EST doit en préciser la date.

Pour les raisons sus-citées, j'ai l'honneur de déposer une plainte auprès de vos services pour qu'enfin la vérité éclate au grand jour, vérité qui a suffisamment été occultée dans ce pays.

Veuillez agréer monsieur le procureur de la république, l'expression de mon profond respect.

GUY DIJOU.

NOTE SUPPLEMENTAIRE

Ne sachant pas qu'à toutes fins utiles, il était absolument nécessaire de faire une copie personnelle de chacun de mes écrits, il m'est impossible de fournir un exemplaire de la lettre du 24 juin 1994 adressée par courrier interne du CAMP-EST au juge d'instruction MARTINE VARACHE en charge de ce dossier.

Celle-ci doit normalement se trouver dans le dossier d'instruction, néanmoins les faits principaux sont exposés dans la présente plainte adressée le 02 juillet 1994 au procureur de la république en NOUVELLE-CALEDONIE, YVES LEBOURDON à l'époque.

Il convient cependant de préciser les points suivants :

Au début de cette correspondance j'ai déclaré : " ALBERT KREYER et JEAN-CLAUDE POGNON ne sont que des lampistes n'ayant rien à voir avec les opérations de vols ", ce qui est faux comme ils l'avouaient eux-mêmes un peu plus tard.

M'étant rendu compte des malversations françaises en NOUVELLE-CALEDONIE grâce à la mise en commun des connaissances de JOSEPH WANANIJE et des miennes, je décidais de couvrir au maximum les deux personnes en question.

Celles-ci faisaient partie d'une liste de 12 prénoms découverte dans le dépôt clandestin situé à OUEMO MAGENTA, lequel aurait été localisé par les gendarmes grâce aux renseignements fournis par un anonyme…

En face de ces 12 prénoms étaient inscrites les tailles des vêtements et les pointures des chaussures correspondantes à ces derniers. Cette procédure était destinée à la préparation en urgence de la panoplie complète de chacun des membres de ce groupe de combat.

Celui-ci, indépendant de tous les partis politiques bien que proche de ceux-ci, visait à la préservation des intérêts de notre communauté et à assurer la présence de cette dernière sur cette terre de NOUVELLE-CALEDONIE, par tous les moyens !

Comme convenu avec le gendarme MARC REVAULT dans le bureau de la caserne MEUNIER de NOUMEA, les quatre personnes suivantes uniquement devaient être arrêtées et jugées : GUY DIJOU JACKY UICHI ALBERT KREYER JEAN-CLAUDE POGNON. Cette liste s'allongeait après chaque dépôt de plainte de ma part, comme par"hasard''…

Autre détail important que j'ignorais au moment de la rédaction de ma plainte du 02 juillet 1994, JACKY UICHI ne m'en ayant pas parlé à l'époque :

Ce n'est pas un dossier qui a été escamoté ( coffre-fort de la S.L.N. / THIO ) mais bien deux !

Le deuxième dossier escamoté concerne un vol d'armes et de munitions de chasse dans une petite armurerie de BOURAIL, la SODICAL dont le propriétaire était XAVIER ALLIZON.

Là encore dans la nuit du 21 au 22 février 1990, une inscription " LA LUTTE CONTINU " ( sans e ) avait été peinte à l'aide d'une bombe de peinture sur la propre initiative de JACKY UICHI, ce dont il ne se souvient plus à présent...

Cette inscription était destinée à orienter les enquêteurs vers le milieu indépendantiste, comme celle de THIO les 07 / 08 février 1990.

Je précise toutefois que le dossier SODICAL / BOURAIL a été escamoté en dehors de ma présence, à la suite d'un accord intervenu initialement entre le gendarme MARC REVAULT et JACKY UICHI, dans un bureau de la caserne MEUNIER de NOUMEA.

J'étais par contre présent pour la suite, à savoir :

- Escamotage du dossier du coffre-fort de la S.L.N de THIO.

- 4 arrestations uniquement : GUY DIJOU JACKY UICHI ALBERT KREYER JEAN-CLAUDE POGNON.

Je me demandais bien les raisons d'une telle clémence de la part des autorités françaises, mais j'ignorais tout ce que j'allais découvrir par la suite grâce aux connaissances de JOSEPH WANANIJE, militant indépendantiste incarcéré au bloc C d'isolement du CAMP-EST.

Au cours de cette garde à vue dans les locaux de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER, un général quelconque était venu tard dans la nuit, tout de blanc vêtu et décorations rutilantes en sus...

Il convient toutefois de rappeler que notre arrestation ( GUY DIJOU et JACKY UICHI ) eut lieu le 08 février 1994 à la frontière de la FRANCE et du LUXEMBOURG, lors d'un simple contrôle routier mené initialement par un seul douanier français. Nous étions tous deux porteurs de deux"vrais-faux'' passeports français et d'un bon au porteur de 29 millions de francs CFP, le tout provenant de différents cambriolages.

Une fois négocié, ce bon au porteur de 29 millions CFP aurait permis l'achat de matériel destiné au groupe de combat ( matériel de vision et de tir nocturne d'origine russe vendu en ALLEMAGNE dans un premier temps, et du matériel électronique dans un second temps ).

La garde à vue s'était déroulée dans le commissariat de THIONVILLE MOSELLE FRANCE, les interrogatoires étant menés initialement par les inspecteurs DRUART, LALEVEE et le commissaire de police EJARQUE.

A l'issue de cette garde à vue, nous avons été présentés séparément devant le juge d'instruction GUY CORTI au tribunal de grande instance de THIONVILLE, le 10 février 1994.

Nous avons ensuite été incarcérés avec interdiction de communication dans la maison d'arrêt de METZ-QUEULEUE, où j'ai porté le matricule n° 26735 / K pendant un mois et demi environ.

Transférés séparément vers la NOUVELLE-CALEDONIE à partir du 18 mars 1994 et toujours incarcérés avec interdiction de communication au pénitencier du CAMP-EST, je portais le matricule n° E 3398.

Toutefois avant ce transfert, le gendarme MARC REVAULT arrivait en FRANCE dûment muni d'une commission rogatoire émanant du juge d'instruction MARTINE VARACHE, du tribunal de grande instance de NOUMEA en NOUVELLE-CALEDONIE.

Ce dernier se présentait comme le chef de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER de NOUMEA, mais j'appris plus tard que le gendarme MARC FORTIER occupait ce poste et non le gendarme MARC REVAULT. Le gendarme MARC REVAULT ayant donc pris la relève de l'Inspecteur ... DRUART, les interrogatoires recommencèrent dans le bureau de ce dernier, à l'hôtel de police de METZ.

En tant qu'interdits de communication, monsieur JACKY UICHI et moi-même faisions l'objet d'extractions séparées de la prison de METZ-QUEULEUE, et les interrogatoires étaient uniquement menés par le gendarme sus-cité. J'avais remarqué que ce dernier s'arrêtait de parler, ou changeait de conversation à chaque fois que l'inspecteur ... DRUART entrait dans son bureau...

Une fois, le gendarme MARC REVAULT me fit la confidence suivante : " Nous savons que ça va repéter en 1998, mais après ça ira mieux... ". ( ce rôle de"prophète-gendarme'' lui allait comme un gant, je devais découvrir cela bien plus tard... ).

Il me dit également qu'il avait été voisin de palier avec le gendarme EDMOND DUJARDIN assassiné le 22 avril 1988 dans la gendarmerie de FAYAOUE OUVEA, en me précisant que celui-ci était un ancien motard bien qu'étant jeune à l'époque où il l'avait connu.

C'est au cours d'un de ces interrogatoires menés par le gendarme MARC REVAULT que JACKY UICHI avait donné l'emplacement de notre premier dépôt clandestin, malgré une conversation que nous étions parvenus à avoir tous deux dans les cellules de garde à vue du commissariat de THIONVILLE, juste après notre arrestation à la frontière.

Cet entretien s'était déroulé en langue arabe, grâce à deux algériens placés peu après dans nos cellules respectives pour une affaire de coups et blessures avec arme blanche sans trop de gravité.

Nos deux cellules étaient uniquement séparées par un mur, et nous pouvions communiquer par les portes à barreaux.

Toutefois les policiers étant juste en face, cela ne fut possible que grâce à ces deux intermédiaires. C'est ainsi que l'arabe placé dans ma cellule transmit à son ami mon ordre destiné à JACKY UICHI ; cet ordre était le suivant : " Ne dis rien, mets-moi tout sur le dos et laisse-moi faire ! ". JACKY UICHI me répondit alors lui-même : " C'est OK, démerde-toi ! " et aucun des policiers de garde ne se douta de quelque chose ( entraide de futurs tôlards, quelles que soient les races… ).

Ce premier dépôt était un container de 23 m3 dérobé vide sur le quai de NOUMEA en 1986 si mes souvenirs sont exacts, avec la complicité de ROGER CHOCZYNSKY. Celui-ci travaillait à l'époque pour la société de transport UNITRANS disposant de véhicules appropriés, et il m'a permis de citer son nom en précisant qu'il ignorait totalement la destination finale de ce container, ce qui est vrai.

Ce container avait ensuite été repeint et muni d'aérations avant d'être placé dans un endroit que je ne dévoilerai pas ici.

Il fut ensuite déposé par une autre personne sur le terrain de la société SOLAR EDWARDS, zone industrielle de DUCOS, société dont CLAUDE GUERIN est le propriétaire.

Après mon arrestation pour l'affaire HAM TRONIQUE le 03 mars 1987, ce container avait été déposé vide à cet endroit, à la suite d'un accord entre JACKY UICHI et BERNARD BARSAC, ancien chef d'atelier de la société SOLAR EDWARDS qu'il avait quittée bien avant les faits. Bien entendu, CLAUDE GUERIN et son nouveau chef d'atelier DIEHN REINER n'étaient informés ni de la nature ni de la provenance du matériel découvert dans ce dépôt, pas plus que BERNARD BARSAC à l'époque. Par contre, ce n'était pas le cas d'autres membres du groupe de combat ou jouxtant celui-ci.

Par souci de discrétion, l'accès à ce container se faisait en dehors des heures ouvrables de la société SOLAR EDWARDS, en fin de journée mais principalement la nuit et les week-ends.

Il convient de préciser que la perquisition de ce dépôt a été effectuée par la même brigade de recherches de la caserne MEUNIER, en l'absence momentanée de CLAUDE GUERIN, propriétaire des lieux.

Mon avocat, maître CHRISTIAN BOISSERY à l'époque, m'avait même déclaré tout excité : " Çà y est GUY, on les tient ! Les gendarmes ont fait une fausse signature dans le cadre de la perquisition de SOLAR EDWARDS ! Ils ont imité la signature de GUERIN et c'est très grave ! Il y a quelque temps dans un autre dossier d'instruction, le juge FABIENNE POUS avait changé la date d'un document. Je l'ai découvert et si elle a sauté, c'est grâce à moi ! ".

Cette discussion eut lieu dans le bureau situé en face des cellules du tribunal, juste avant une petite séance de mensonges avec le juge d'instruction MARTINE VARACHE, séance où le plus menteur n'était certainement pas l'inculpé, c'est-à-dire moi-même !

Le fameux dossier trafiqué par le juge FABIENNE POUS concernait un document tombé en prescription ou sur le point de l'être, si mes renseignements ne sont pas erronés.

De plus, le nom de JEAN-MARIE TJIBAOU figurait dans ce dossier et sauf erreur de ma part, FABIENNE POUS est toujours juge d'instruction en FRANCE... Une enquête rondement menée a sans doute permis ce tour de passe-passe...

Devant l'ampleur mais surtout la tournure de l'affaire, CLAUDE GUERIN dont l'avocat était maître JEAN DESTOURS, faisait appel à d'autres avocats situés à l'extérieur de la NOUVELLE-CALEDONIE.

Ma mère BERNADETTE DIJOU, avait eu un très bref entretien avec CLAUDE GUERIN dans les bureaux de la société SOLAR EDWARDS. Celui-ci affirmait que les gendarmes en question avaient imité sa signature et falsifié la date d'un document relatif à la perquisition effectuée dans le cadre de cette affaire, mais prescrivait le silence et la plus grande discrétion à ce sujet.

CLAUDE GUERIN et son chef d'atelier DIEHN REINER ont fait tous deux l'objet d'un non-lieu à ce que je sais, et la société SOLAR EDWARDS est maintenant au top de sa production.

Fort de mes connaissances actuelles, je ne puis m'empêcher de dire que ces"erreurs'' effectuées dans le cadre de perquisitions peu orthodoxes, étaient bien plus que volontaires.

En effet, conscient que grâce à la présence de deux"vrais-faux'' passeports et du bon au porteur de 29 millions CFP, l'équipe de l'inspecteur ... DRUART ne tarderait pas à découvrir tout le dispositif, j'avais moi-même révélé en grande partie la nature du matériel en notre possession sans en indiquer les lieux de stockage bien entendu, et selon mon plan de défense.

Je me souviens avoir particulièrement insisté sur l'équipement en provenance des forces armées françaises en NOUVELLE-CALEDONIE ( grenades défensives, munitions de guerre 5,56 mm et 9 mm, explosifs militaires de type"plastic'' et T.N.T., détonateurs, etc. ). En agissant de la sorte, l'attention de la police judiciaire française était focalisée sur moi plus que sur JACKY UICHI.

De plus en gagnant du temps, j'espérais bien que la nouvelle de notre arrestation s'ébruiterait et que le matériel en notre possession changerait de place par sécurité. Ces transferts auraient été opérés par d'autres personnes restées en NOUVELLE-CALEDONIE.

Malheureusement ( ou heureusement, je le constaterai plus tard ), l'initiative de JACKY UICHI consistant à donner l'emplacement du dépôt de la zone industrielle de DUCOS ( SOLAR EDWARDS ) avait fait capoter ce plan destiné à limiter la casse au maximum. J'appris cette initiative de la bouche même de JACKY UICHI que je croisai tout à fait fortuitement dans l'escalier central de la prison de METZ-QUEULEUE, alors que nous étions interdits de communication.

Je descendais à la bibliothèque tandis qu'il se rendait à son travail. En m'apercevant il s'affola, et les yeux hors de la tête il me déclara : " J'ai donné l'emplacement du container sinon ils allaient arrêter d'autres personnes, REMY tout ça... ". Il tenta de me donner d'autres explications, mais je lui dis que ce gendarme l'avait bien roulé sur un point particulier et faux du dossier J.K.R. MARINE, société d'où provenait le fameux bon au porteur de 29 millions CFP issu d'une comptabilité frauduleuse, soit dit en passant...

Cette double comptabilité de JEAN-MARIE.KREMER causa à son auteur un redressement fiscal assez lourd ( 11 millions CFP environ, à ce qu'il paraît… ). Juste après l'opération chez J.K.R MARINE, j'avais pourtant bien expliqué ce point en détail à JACKY UICHI qui l'avait"oublié''...

Une attitude bien arrangeante qu'il n'abandonna jamais, surtout devant la cour d'assises des 24 / 25 / 26 avril 1996... Une attitude bien arrangeante et très contagieuse puisqu'elle fut adoptée par tous mes coïnculpés.

Donc pour ma part, le plan sus-cité devait me permettre de gagner du temps, comme le 1er mars 1987 à NOUMEA lors d'une garde à vue pour un vol de matériel de transmission dans la société HAM TRONIQUE.

J'avais utilisé ce système avec succès contre le commissaire de police ANDRE SAURA et les inspecteurs ALAIN LECOEUR ALAIN CERDAN FRANCOIS GIACOMOTTO DANIEL PAQUIN. 11 précieux jours avaient ainsi été acquis, permettant le transfert du matériel dont nous disposions à cette époque, ainsi que l'élaboration d'alibis pour d'autres personnes en cas de besoin. JEAN-PIERRE BELLOLI alors procureur de la république en 1987, en avait été très vexé, promettant à mon avocat de l'époque qui était déjà maître CHRISTIAN BOISSERY " Que je paierai cela très cher ! ".

Ainsi, les gendarmes de la caserne MEUNIER savaient très exactement à quoi s'en tenir sur ce qu'ils allaient découvrir dans ce dépôt, et je maintiens qu'ils voulaient en escamoter tout le matériel plus que compromettant pour les autorités françaises.

Une précision de taille toutefois :

Ce type de matériel n'était pas stocké dans le dépôt de DUCOS ( SOLAR EDWARDS ) mais bien dans l'autre, un garage sis 94 route de OUEMO MAGENTA aménagé à partir du mois de février 1990.

Février 1990, soit 9 mois après l'assassinat plus qu'étrange le 04 mai 1989 à WADRILLA OUVEA de deux leaders indépendantistes, JEAN-MARIE TJIBAOU et YEIWENE YEIWENE.

Ce double assassinat perpétré par DJOUBELLY WEA, militant indépendantiste lui aussi, devait avoir une très grande influence sur les faits qui nous ont été reprochés.

Les deux leaders sus-cités venaient juste de participer à la signature des fameux accords de MATIGNON, lesquels avaient été précédés par la boucherie de la gendarmerie de FAYAOUE et de la grotte de GOSSANAH, toujours à OUVEA ( 25 morts officiellement, noirs et blancs ).

Le garage sis 94 route de OUEMO MAGENTA constituait donc notre second dépôt clandestin, et celui-ci avait été loué sous une fausse identité dans l'agence immobilière LACROIX, grâce à des complicités internes.

L'une d'elles m'avait même déclaré : " Tu cherches du matériel électronique ? Je connais un ancien gars de la D.S.T. en THAILANDE ; il tient une boîte de nuit maintenant et il pourra t'aider... ".

Réponse : " La D.S.T… Mais ça va pas non ! ".

Cette personne avait alors ajouté : " Mais non pas du tout ! Je peux t'assurer que ce gars était de notre bord en 1984, à fond, pas de problème... ".

Réponse : " Jamais je ne m'adresserai à ce genre de personne ! ".

Avec le recul du temps, je me dis que chaque calédonien ou pro-français actif devait être de près ou de loin, plus ou moins influencé dans sa conduite par des gens bien placés, aux bons moments et aux bons endroits...

De plus, ce qui était valable pour nous l'était forcément pour les militants indépendantistes actifs.

Je pense cela car ce même homme m'ayant donné les renseignements sur cet agent de la D.S.T. avait parfois des cibles plus qu'étranges comme les voitures de la poste… D'habitude, il s'attaquait plutôt à des voitures de collabos des indépendandistes et"travaillait'' au FULMICOTON, un explosif de sa fabrication que personne n'utilisait chez nous...

Tous les produits chimiques et les poisons trouvés dans le garage de OUEMO nous avaient été donnés par cet homme, ainsi que 200 kg de nitrate ( explosif ) provenant d'un important vol qu'il avait commis en réunion dans un entrepôt de NUMBO.

Et puisque l'heure est à la confidence, cette personne voulant me"brancher'' sur cet"ancien'' agent de la D.S.T. n'est autre que BRUNO MASQUELIN, lequel chantait à qui voulait l'entendre après notre arrestation en FRANCE " C'est GUY DIJOU qui a parlé, c'est lui qui a tout balancé ! ".

Si la"balance'' que je suis à tes yeux avait vraiment parlé , nul doute que tu m'aurais rejoint très rapidement au CAMP-EST, BRUNO MASQUELIN ! N'était-ce pas toi qui nous avais donné des renseignements erronés sur le contenu du coffre-fort de LA GUINGUETTE à l'ANSE VATA, en échange d'une part du butin car tes motivations étaient différentes ? Celui-ci s'élevant à la somme"astronomique'' de 120 000 CFP, tu ne reçus jamais rien !

Tu nous aida activement à la préparation d'une autre opération visant les transferts de fonds postaux dans le nord de la NOUVELLE-CALEDONIE, toujours contre une promesse d'une part du butin. Cette action n'eut jamais lieu, les risques de violence étant trop importants.

De même ton ami de la D.S.T. dont il est question ici répond au nom de ROBERT NERAT,"Né-Rat'' qui ne pouvait finir que dans la D.S.T., la D.G.S.E. ou une autre saloperie du même genre n'est-ce pas ?

Mais revenons à la"planque'' de OUEMO que tu nous avais si gentiment louée en établissant un faux bail au nom de l'agence LACROIX. Pour ce beau geste, tu reçus un cadeau en forme de revolver 38 SPECIAL dont tu n'ignorais pas la provenance, à savoir le vol de l'armurerie BALLANDE. Souviens-toi bien BRUNO MASQUELIN, tu avais confectionné une grande caisse en bois pour y entreposer toutes ces armes… C'est donc grâce à toi en effet, que je pouvais régler moi-même les loyers en espèces, généralement pour 6 mois.

Dans un deuxième temps, JEAN-CLAUDE POGNON avait été chargé de cette tâche, ce qui explique bien le choix d'arrestation dont il fit l'objet lors du marché proposé par le gendarme MARC REVAULT, choix gentiment soufflé par ce dernier il faut le dire...

Dans ce deuxième dépôt et en plus du matériel militaire français fourni par l'armée française en NOUVELLE-CALEDONIE, il y avait la fameuse liste de douze prénoms dont il est fait mention au début de ce dossier, et des documents"aimablement'' donnés par les services spéciaux français, à savoir :

1°/ Un listing informatique très complet indiquant les noms, prénoms et adresses de très nombreux militants indépendantistes actifs ainsi que leur appartenance politique précise : F.U.L.K. - PA.LI.KA. - U.C. etc.

2°/ Un rapport d'analyse concernant RAOUL LAPETITE, une des personnes ayant tué 10 militants kanaks indépendantistes dont 2 frères de JEAN-MARIE TJIBAOU, le 05 décembre 1984 à TIENDANITE.

( JEAN-MARIE TJIBAOU aurait dû être avec les 10 victimes... Quelques détails de cette opération menée de mains de maître apparaissent dans la plainte globale cosignée par JOSEPH WANANIJE et moi en date du 30 juillet 1994 ).

Je précise que nous n'avons jamais demandé nous-mêmes ces documents et ce matériel de guerre ; ils ont été proposés à certains d'entre nous,"tout simplement''... ( voilà les munitions, les grenades, les noms et adresses des indépendantistes : Allez-y, flinguez-les à notre place, en quelque sorte... ).`

L'un de ces documents comportait la mention"CONFIDENTIEL-DEFENSE'' ce qui explique l'attitude plus que douteuse des gendarmes en charge des perquisitions et des saisies, en particulier celle du gendarme CHRISTIAN GODEFROY agissant en tant qu'officier de police judiciaire lors de ces opérations menées dans le cadre de la commission rogatoire n° 105 / 91.

En effet, son nom figure sur le procès-verbal n° 362 / 94 ( D 45 ) en date du 03 mars 1994 concernant l'inventaire des pièces à conviction sur"saisie incidente au garage 94 route de OUEMO à NOUMEA''.

Le procès-verbal n° 369 / 94 ( D18 ) concerne quant à lui le dépôt de la zone industrielle de DUCOS, sur le terrain de la société SOLAR EDWARDS.

Un fait bizarre pourtant :

La première perquisition dans le temps, celle du container de DUCOS, porte un numéro d'enregistrement de procès-verbal supérieur à celui de la deuxième perquisition, celle du garage de OUEMO :

- n° 369 / 94 ( D 18 ) pour le container de DUCOS.

- n° 362 / 94 (D 45 ) pour le garage de OUEMO.

Un classement"à reculons'' dans le temps en quelque sorte, surtout quand on sait que JACKY UICHI n'a donné que l'emplacement de DUCOS...

Autre fait important :

Toujours dans le bureau du chef de service pénitencier PASCAL WACAPO au CAMP-EST, le gendarme MARC REVAULT m'avait déclaré :

" Le garage de OUEMO, c'est l'ancien policier JOSE AVAEMAI qui nous a renseignés ; tu connais ce grand tahitien… Mais tu ne lui feras pas de mal, hein ? ".

Ce dernier n'exerçait plus la fonction de policier mais celle de démarcheur commercial à une trentaine de mètres du garage en question. En effet, étant policier et garde du corps de DICK UKEIWE ( élu de R.P.CR. ), JOSE AVAEMAI avait mortellement blessé son coéquipier et ami MIGUEL IDOUX, à la suite d'une fausse manœuvre avec son arme de service.

Le drame avait eu lieu dans la villa de DICK UKEIWE à NOUMEA, et c'est de retour d'une mutation en FRANCE que JOSE AVAEMAI était devenu démarcheur commercial sur le territoire, en attendant mieux.

Je connaissais personnellement JOSE AVAEMAI, qui avait beaucoup souffert à cause de ce drame involontaire.

Et si la découverte du deuxième dépôt, celui de OUEMO, n'était due qu'à la présence d'un ancien reçu de paiement de loyer en espèces, celui-ci étant placé dans une cassette rouge à l'intérieur même du premier dépôt ( SOLAR EDWARDS - DUCOS )"donné'' par JACKY UICHI...

Il devenait ainsi possible de remonter le dispositif, d'autant plus que cette cassette rouge provenait du vol de coffre-fort de la GUINGUETTE, à l'ANSE VATA les 1er et 02 janvier 1990.

Une"guéguerre'' des polices version NOUVELLE-CALEDONIE, JOSE AVAEMAI étant un policier en cessation provisoire d'activité travaillant à moins de 30 mètres du garage de OUEMO…Quelle aubaine !

Ayant récusé mon avocat pour des raisons exposées ultérieurement dans ce dossier, ce sont les deux seules pièces importantes ( 369 / 94 et 362 / 94 ) que JACKY UICHI m'ait prêtées lorsqu'il fut muté du bloc A vers le bloc C d'isolement, où j'étais incarcéré depuis près de deux ans.

Il avait eu des problèmes avec des détenus mélanésiens dont JOSEPH WANANIJE lui-même, lequel avait été muté du bloc C vers le bloc A juste après le dépôt de la principale plainte 30 juillet 1994 adressée le 16 août 1994 au procureur YVES LEBOURDON.

Donc, ces deux procès-verbaux étaient importants, tellement importants que celui portant le n° 362 / 94 (D 45) du 03 mars 1994 a été coupé dans le sens de la largeur, au-dessus des signatures du feuillet n° 5 : Il y a eu superposition de documents avant le passage dans la photocopieuse.

Connaissant la méticulosité légendaire de la gendarmerie, laquelle rappelons-le constitue un corps de l'armée française surnommée"LA GRANDE MUETTE'' où sévit le bien trop fameux DEUXIEME BUREAU MILITAIRE

( voir l'affaire ALFRED DREYFUS ), il est plus qu'intéressant de constater les anomalies suivantes sur le procès-verbal n° 362 / 94 ( D 45 ) du 03 mars 1994 concernant le dépôt de OUEMO.

Ce document mentionne les numéros des scellés ainsi que le descriptif de ces derniers, ceci constituant les pièces à conviction justifiant les poursuites judiciaires, des preuves en quelque sorte.

Il comporte également la mention : nombre total scellé : 127.

Scellé n° 42 ( entre autres... ). - 41 bouchons allumeurs ( de grenades ) modèles 35, F 3, F 6, F 5 A sans aucun numéro de fabrication, alors que celui-ci est toujours gravé en gros caractères dans le métal de la cuillère, elle-même maintenue en place par une goupille de sécurité.

Scellé n° 42 TER - 22 grenades D.F. ( défensives ) toujours sans aucun numéro de fabrication alors que tout le matériel militaire français en comporte toujours de plusieurs types. De plus, nous n'avions recueilli que 10 ou 12 grenades explosives D.F. françaises dûment numérotées, et non 22 comme il est indiqué sur ce document.

( c'est peut-être ça, la multiplication des pains... de"plastic'' ou des grenades défensives ).

- 6 pétards indétectables de 250 grammes, tellement indétectables que la nature de l'explosif de ces pétards et leurs numéros de fabrication ont disparus sur le procès-verbal...

Il s'agit sans nul doute d'un"oubli‘' de la gendarmerie, parmi tant d'autres sur ce document car il est ici question de 6 pétards de T.N.T. français dûment numérotés, achetés 120 ou 150 000 CFP à d'anciens militaires paraît-il, grâce à l'intermédiaire d'un autre ancien militaire, lui aussi.

J'ai remis personnellement cette somme à ce dernier à son domicile, et JACKY UICHI était présent.

Cet achat comprenait également des pains d'explosifs"plastic'' figurant justement dans ce scellé, mais toujours sans aucune référence (- 4 pains de 500 grammes explosif plastique ).

Notons que cet intermédiaire au-dessus de tout soupçon en ce qui me concerne, fut également interrogé par le juge d'instruction MARTINE VARACHE.

Il reconnut être le fournisseur de la liste des fréquences radios trouvées en notre possession ( C.R.S. GENDARMERIE POLICE RENSEIGNEMENTS GENERAUX POMPIERS etc. ), mais je doute fort à présent que ce juge d'instruction ait vraiment cherché à connaître les véritables fournisseurs du matériel français trouvé en notre possession ( munitions de 5,56 mm et de 9 mm, grenades défensives, explosif plastic et T.N.T., sacs à dos, documents divers etc. ).

Scellé n° 74 : - Une caisse de bois de 405 cartouches de chasse calibre 12 plomb n° 5.

Là on retrouve tout à coup la précision et la méticulosité légendaire de la gendarmerie, surtout quand ce n'est plus du matériel militaire français !

Ainsi, dans ce scellé portant les mentions :"par terre dans le garage'' et"dans une caisse en bois portant inscription"3'' au fond du garage'', les munitions militaires françaises de calibre 5,56 mm et 9 mm sont devenues des balles ordinaires, d'un coup de baguette magique ou plutôt de stylo magique !

Il y avait là plus de 1800 munitions françaises de guerre de calibre 5,56 mm facilement identifiables avec leurs ogives blindées et leurs douilles en acier peintes en vert sombre.

Leur numéro de fabrication est gravé sur le culot de la douille autour de l'amorce, et ces munitions françaises de guerre avaient été échangées contre une carabine de chasse 300 SAVAGE n° 1184369 en règle, la mienne en l'occurrence...

Il en est de même des munitions militaires françaises de 9 mm livrées en boîtes cartonnées grises dont le numéro de lot et les caractéristiques techniques figurent sur une étiquette blanche placée sur le dessus de ces boîtes.

Là encore, ces munitions sont caractéristiques car elles sont dotées d'une amorce spéciale dite à double évent. Leurs numéros de fabrication sont également gravés sur le culot de la douille autour de l'amorce, comme toutes les munitions du reste.

Je précise toutefois que je n'ai pas accompli mes obligations militaires, ayant horreur des uniformes...

Comme j'avais raison !

Ces dernières munitions nous ont été généreusement offertes par un ancien membre de l'O.A.S., l'ORGANISATION ARMEE SECRETE pendant la guerre D'ALGERIE... Encore une personne au-dessus de tout soupçon en ce qui me concerne, à qui j'avais rendu un service quand il était dans le besoin.

Il avait d'ailleurs commis l'attentat de la poste centrale de NOUMEA le 1er janvier 1985, sans aucune victime.

Décidément les postes et télécommunications n'ont pas de chance en NOUVELLE-CALEDONIE…

Pauvre homme, roulé, blousé, entubé, empapaouté, bluffé, dupé, berné, baisé, feinté, possédé, embobiné, abusé, trompé, trahi en ALGERIE ( comme moi ici ), et ça recommence en NOUVELLE-CALEDONIE !

J'espère qu'il comprendra un jour même si ça fait mal, très mal, et je sais de quoi je parle !

Signalons au passage que les munitions et explosifs militaires français en question nous ont été remis après la loi d'amnistie de 1989, et ne sont donc absolument pas couverts par cette dernière... Cela explique sans nul doute les modifications volontaires telles que"balle ordinaire'' à la place de"balle blindée militaire'' et l'absence de numéro d'identification, car ces précisions auraient confirmé mes déclarations.

Et pour faire bonne mesure, aucune des munitions et explosifs n'ont fait l'objet d'une ouverture réglementaire de scellés en notre présence et assistés de nos avocats respectifs, afin de les reconnaître en tant que pièces à conviction nous appartenant.

Toujours dans cette ligne de conduite pour le moins malhonnête et digne de la plus pure prévarication, il n'y eut aucune pièce à conviction lors du procès d'assises des 24 / 25 / 26 avril 1996 :

Elles avaient toutes été détruites !

Pour un peu, elles n'auraient jamais existé si l'ordonnance de prolongation de détention me concernant ne spécifiait :"Vol à l'aide d'une effraction, de nuit, par plusieurs auteurs, détention sans autorisation et sans motif légitime d'engins explosifs ou de substances destinées à entrer dans leur composition - Détention illégale d'armes et de munitions de guerre ou d'un dépôt d'armes quelconques''.

Ce document daté du 17 mars 1995 est signé par le juge d'instruction MARTINE VARACHE, et les références suivantes y figurent : N° de parquet : 4331 / 91 et 1097 / 94. - N° de l'instruction : 19 / 94.

Inutile de préciser que le poids de ces pièces à conviction s'exprimait en tonnes !

Un autre point important réside dans la qualité même des deux témoins ayant été réquisitionnés pour la"saisie incidente au garage 94 route de OUEMO'', là où était stocké tout le matériel sensible pour les autorités françaises. En effet, il s'agit :

1°/ D'une infirmière fonctionnaire travaillant dans un établissement hospitalier de NOUMEA donc dépendante de l'état français en dernier ressort...

2°/ D'un militaire des forces armées françaises de NOUVELLE-CALEDONIE, ces mêmes F.A.N.C. nous ayant fourni le matériel militaire découvert dans le dépôt de OUEMO...

Je n'ai malheureusement pas eu connaissance des identités de ces personnes, JACKY UICHI ne me les ayant pas communiquées, et ne disposant plus moi-même de l'assistance d'un avocat ( et pour cause… ).

Nous n'étions pourtant séparés que par une seule cellule :

- JACKY UICHI bloc C d'isolement cellule n° 3.

- GUY DIJOU bloc C d'isolement cellule n° 5.

De même, il me fut impossible de voir de mes yeux ce trop fameux document daté de 1993 relatif à la"perquisition-saisie'' effectuée dans le dépôt clandestin de OUEMO. 1993, soit un an avant notre arrestation !

La gendarmerie savait donc qu'elle découvrirait du matériel sensible pour les autorités françaises dans le dépôt sus-cité, pour la simple et bonne raison qu'elle ne l'avait pas trouvé dans le premier dépôt de DUCOS ( SOLAR EDWARDS ).

Comme par"hasard'', cette fausse date de"perquisition-saisie'' concerne le dépôt où a été découvert le matériel militaire français... Encore une fausse date, et pourtant le juge d'instruction FABIENNE POUS avait quitté la NOUVELLE-CALEDONIE depuis longtemps...

JACKY UICHI disposant de ce document, parlait même de déposer un recours en annulation de la"perquisition-saisie'' concernant le dépôt clandestin, par le biais de son avocat.

Cette procédure juridique devant impérativement être effectuée avant la clôture du dossier d'instruction, aurait eu pour effet principal d'entraîner la nullité de la"perquisition-saisie'' du dépôt de OUEMO, et la disparition pure et simple du matériel militaire français généreusement accordé par l'armée française en NOUVELLE-CALEDONIE.

Inutile de dire que je ne souhaitais absolument pas l'engagement de cette procédure d'annulation, mais jamais JACKY UICHI ne me permit de voir ce document daté de 1993...

Un document faussement daté, erreur subtile et volontaire permettant à la justice française de s'étouffer elle-même en quelque sorte...

C'est d'ailleurs une subtilité de ce genre appelée vice de procédure, et la panoplie est très vaste, qui a permis la réduction à la dimension d'un mouchoir de poche d'un énorme dossier politico-financier en FRANCE, le dossier ROGER-PATRICE PELAT dans l'affaire PECHINEY. Pour la petite histoire, le dossier ROGER-PATRICE PELAT était l'un des plus gros dossiers de l'époque MITTERAND, dossier connu bien sûr…

Cet homme était également très proche de FRANÇOIS MITTERAND…

Le juge d'instruction MARTINE VARACHE étant absente de NOUVELLE-CALEDONIE à ce moment là, c'est le juge d'instruction BEATRICE IMASSI qui procéda à la clôture de l'ensemble de notre dossier.

J'avais déclaré à cette dernière : " Et cela ne vous gêne pas de clore ainsi notre dossier, malgré toutes les saloperies de la FRANCE à l'intérieur de celui-ci ? ".

Sans une réponse, c'est exactement ce qu'elle fit !

Ne faisant donc aucun recours en annulation, ces pièces à conviction plus que précieuses renforçaient considérablement la validité des nombreuses plaintes déposées auprès du procureur YVES LEBOURDON, le procureur général de la république étant BERNARD DE GOUTTES à l'époque des faits.

C'était compter sans le vice de la justice française car toutes les pièces à conviction avaient disparu malgré le tonnage très important ( près de 2 000 kg de nitrate entrant dans la composition d'un explosif, des milliers de cartouches de tous calibres, près de 80 armes dont plus de la moitié étaient démontées précisons-le, de nombreux documents dont ceux cités précédemment etc. etc. etc. ).

De tout cela, plus rien !

Et c'est ainsi que JEAN VERMORELLE, président de la cour d'assises de NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996, avait déclaré devant des jurés bien étrangement muets et nullement gênés : " C'était du matériel dangereux, il a été détruit... ", lorsque je lui demandais de produire ces fameuses pièces à conviction devant la cour.

Oh ! Oui, qu'il était dangereux ce matériel monsieur le président, surtout pour les autorités françaises mouillées jusqu'au cou dans cette affaire...

Oh ! Oui qu'il était dangereux ce matériel monsieur le président, des fois qu'une cartouche de l'armée française de 5,56 mm ou de 9 mm ne décide de se percuter elle-même et n'atteigne ces gendarmes en train de mentir devant la cour d'assises, après avoir prêté serment en levant la main droite et en disant " JE LE JURE ! ".

Les gendarmes CHRISTIAN GODEFROY et FREDERIC JAMES par exemple... Ils avaient beau être tout de blanc vêtus, blanc soi disant symbole de pureté, ils les avaient bien débités leurs mensonges !

Le silence absolu des avocats de la défense sur l'absence totale de pièces à conviction venait conforter mon sentiment sur la pourriture de la justice en NOUVELLE-CALEDONIE et en FRANCE.

Et ils étaient pourtant bien nombreux, ces"ténors'' du barreau de NOUMEA :

Maître CHRISTIAN BOISSERY défenseur de JACKY UICHI.

Maître LAURENT AGUILA défenseur de ALBERT KREYER.

Maître MARIE-LAURE FAUCHE défenseur de JEAN-CLAUDE POGNON ( sans jeu de mots… ).

Maître JEAN-CLAUDE MANSION défenseur de REMY BRESIL.

Maître JEAN-FRANCOIS LE FORCENAY défenseur de PHILIPPE et JEAN-PIERRE COURTOT.


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Maître JEAN-FRANCOIS LE FORCENAY était venu spécialement de FRANCE pour assurer la"défense'' des deux cousins COURTOT, ainsi que FRANCOIS DE ROUGET, retraité militaire, ancien sous-préfet et témoin de moralité de ces derniers.

FRANCOIS DE ROUGET avait été chargé de mission envoyé par la ville de PARIS pendant les événements de 1984, ville de PARIS autrement dit JACQUES CHIRAC alors président de la république au moment de ce procès d'assises truqué.

Quant à moi, le président JEAN VERMORELLE essayait très lourdement mais en vain, de m'imposer un avocat commis d'office, maître XAVIER LOMBARDO à qui je demandais de se taire en voulant me défendre seul.

En effet après une instruction plus que foireuse, je n'avais absolument plus aucune confiance dans la justice, et le déroulement de ce"procès'' me donna entièrement raison par la suite.

Afin de pouvoir me défendre seul et n'ayant pratiquement jamais eu accès au dossier d'instruction, j'invoquais plus qu'énergiquement le pacte international relatif aux droits civils et politiques signé par la FRANCE à NEW-YORK. Celui-ci est applicable en FRANCE depuis le 04 février 1981.

Le paragraphe 14 précise le droit de se défendre soi-même ; il reprend ainsi le paragraphe 2 C de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - circulaire du 27 juillet 1987.

Il est à noter un point bien particulier :

Maître JEAN-CLAUDE MANSION"défenseur'' de REMY BRESIL, et maître JEAN DESTOURS"défenseur'' de CLAUDE GUERIN ( SOLAR EDWARDS ), forment la même SOCIETE PROFESSIONNELLE D'AVOCATS DESTOURS / MANSION...

Quand on sait ce qui s'est passé lors des perquisitions du dépôt de DUCOS et de celui de OUEMO, le silence de maître JEAN-CLAUDE MANSION sur l'absence totale de toute pièce à conviction lors du procès d'assises prend une autre dimension n'est-ce pas ?

Notons également sur ce point précis le silence de maître CHRISTIAN BOISSERY,"défenseur'' de JACKY UICHI, dont l'étude sise 41 / 43 rue de SEBASTOPOL - NOUMEA est située à la même adresse que la société d'avocats DESTOURS / MANSION.

Malgré la proximité immédiate de ces deux études, c'est peut être cela la difficulté de la circulation de l'information...

A moins que les intérêts n'aient été communs, comme la communion du fric sous le drapeau français par exemple...

A titre d'information, les avocats"défenseurs'' de NOUVELLE-CALEDONIE se sont constitués en barreau"indépendant'' le 12 avril 1973.

Pour l'année 1996, année de ce fameux procès d'assises, le conseil local de l'ordre des avocats était le suivant :

Maître PIERRE SENAC bâtonnier

Maître JOHN LOUZIER membre

Maître CHRISTIAN BOISSERY membre

Maître JEAN-CLAUDE MANSION membre

Maître PHILIPPE OLIVIER membre

Maître ANTOINE DE BROSSES membre

Maître PHILIPPE REUTER membre

Maître GEORGES CHATENAY Avocat honoraire

Ce dernier avait assuré la défense des auteurs de la fusillade de TIENDANITE, avec maître GERARD LERGENMULLER, maître … BERRUX et maître HENRI-RENE GARAUD, lors du procès truqué du 19 octobre 1987. Et hop ! fermez le cercle...

Mais en matière de silence il en est un qui pesait vraiment très lourd : Celui de mes six coïnculpés !

Ah ! Qu'il était beau notre groupe de"CONS-BAS''... Mais je reviendrai plus tard sur ce point très particulier...

Il y avait bien un huitième inculpé, ALAIN LAPELERIE,"greffé'' au dernier moment afin de donner un peu plus d'éclat à ce déni de justice…

En effet, c'est sur la propriété de la famille LAPELERIE que le G.I.G.N. français avait"neutralisé'' ELOI MACHORO le 12 janvier 1985, un leader charismatique du F.L.N.K.S.

Oui, le silence était de mise au cours de ce procès comme au cours de"l'instruction'' du reste, surtout quand il s'agissait du matériel militaire français...

Personne ne soufflait mot sur la disparition que dis-je, la destruction pure et simple de toutes les pièces à conviction, surtout toi JACKY UICHI, mon trop fameux bras droit en l'occurrence...

Il est vrai que dans la cellule de garde à vue de THIONVILLE je t'avais dit de tout me mettre sur le dos, mais pas de te taire sur ces choses-là pour mieux parler sur d'autres ensuite !

Toutes ces tonnes de matériel, je ne les avais pas rangées seul tout de même !

Toutes ces munitions au culot rendu étanche avec du vernis je ne l'avais pas fait seul, non plus !

D'autant plus que les cartouches de 5,56 mm à balle blindée de l'armée française en faisaient partie, avant d'être stockées dans des sacs en matière plastique transparente scellés à chaud dans ta villa de KOUTIO…

Et que dire de toi ALBERT KREYER, si prolixe devant les jurés lorsqu'il s'agissait de décrire avec moult détails tes débuts si difficiles en NOUVELLE-CALEDONIE.

Mais dès lors que ce menteur de procureur général BERNARD DE GOUTTES m'interrogeait sur la provenance de ce"célébrissime'' pistolet 9 mm court découvert dans le dépôt de OUEMO, tu étais plus silencieux qu'une tombe...

Pourtant souviens-toi ALBERT, tu m'avais donné ce BERRETA lorsque j'avais moi-même offert mon pistolet personnel 7,65 mm à MAURICE MITRIDE, l'un des pauvres bougres de l'affaire de TIENDANITE.

Il craignait pour sa sécurité, comme moi aussi du reste…

Des années plus tard, les paroles de JOSEPH WANANIJE confirmèrent mes craintes puisqu'il devait"m'intercepter'' avec une équipe d'indépendantistes.

Oui, j'étais seul, affreusement seul avec mes prières intérieures, débout face à ce menteur de procureur général, et toi tu te taisais sur la provenance de cette arme comme si je l'avais volée moi-même !

Tu savais pourtant, pour te l'avoir dit personnellement dans la cour du bloc A, que cette arme appartenait à PIERRE MARESCA, élu du R.P.C.R.

Tu savais également que c'est avec cette arme que le gendarme MARC REVAULT avait demandé à JACKY UICHI et moi de mouiller le R.P.C.R. à l'aide d'un faux témoignage, peu après notre transfert en NOUVELLE-CALEDONIE.

Comme par"hasard'', c'était juste avant la mise en place de la COMMISSION PERMANENTE DU CONGRES DU TERRITOIRE dont PIERRE MARESCA devint président, et ni JACKY ni moi n'avions accepté cette saloperie bien qu'étant isolés l'un de l'autre.

En matière de silence, j'avoue humblement que j'ai ma part de responsabilité, sûrement…

Comme il m'aurait été facile de dénoncer ces complicités internes au sein de l'agence immobilière LACROIX, dont l'une avait"bénéficié'' de la présence autour d'elle d'un membre de la D.S.T.

Ceci bien sûr, dans le but de mettre un peu plus en évidence la manipulation de l'état français en NOUVELLE-CALEDONIE. Comme il m'aurait été facile de dénoncer DOMINIQUE ... et JACKY ... ( un deuxième ).

Leurs prénoms, pointures de chaussures et tailles de vêtements figuraient sur cette fameuse liste de douze prénoms découverte le 03 mars 1994,"lors de la saisie incidente au garage 94 route de OUEMO NOUMEA''.

Sur les douze prénoms inscrits sur une feuille volante, sept personnes"seulement'' ont été arrêtées et jugées...

Il s'agit des personnes suivantes dans l'ordre des arrestations :

1°/ GUY DIJOU et JACKY UICHI, à la frontière de la FRANCE et du LUXEMBOURG.

2°/ ALBERT KREYER et JEAN-CLAUDE POGNON, en NOUVELLE-CALEDONIE.

3°/ REMY BRESIL, en NOUVELLE-CALEDONIE.

4°/ PHILIPPE COURTOT et JEAN-PIERRE COURTOT, en NOUVELLE-CALEDONIE.

Bien entendu, ces quatre séquences d'arrestations ont fait l'objet de rumeurs bien orchestrées quant à la responsabilité voire la dénonciation des personnes arrêtées, par celles qui l'avaient été juste avant.

Ainsi, après le dépôt d'une plainte auprès du procureur de la république, d'une visite d'un gendarme au CAMP-EST ou d'une extraction pour instruction au tribunal de NOUMEA, il y avait une ou deux arrestations comme par"hasard''.

Une remarque toutefois :

Les gendarmes de la brigade de recherches de la caserne MEUNIER ont été capables de découvrir et d'arrêter PHILIPPE COURTOT et JEAN-PIERRE COURTOT, deux cousins possédant pourtant un casier judiciaire vierge, mais pas DOMINIQUE ... et JACKY ( n° 2 ).

Pourtant ces deux dernières personnes étaient bien connues pour leur activisme pro-français durant ces événements de 1984, en NOUVELLE-CALEDONIE.

Plutôt étrange comme procédé, quand on sait que DOMINIQUE ... a participé directement au vol du coffre-fort de la GUINGUETTE les 01 / 02 janvier 1990 à NOUMEA.

C'est également cette personne qui nous a permis dans un premier temps d'entrer en possession d'une grande partie des munitions de guerre de 5,56 mm en provenance du camp militaire de PLUM selon lui, ainsi que des deux documents les plus sensibles voire"CONFIDENTIEL-DEFENSE'' pour l'un d'eux, à savoir :

1°) Listing informatique concernant les militants indépendantistes.

2°) Le rapport d'analyse militaire concernant RAOUL LAPETITE.

Après le procès en cour d'assises du 19 octobre 1987 à NOUMEA, ce dernier s'était retiré définitivement dans la chaîne montagneuse centrale de la région de VOH avec tous ses fils ; ainsi se terminait l'affaire de TIENDANITE...

Pas pour tout le monde puisque JOSE LAPETITE, un des fils de RAOUL LAPETITE, était abattu à cet endroit le 29 avril 1988...

Il avait participé à la fusillade où dix militants kanaks avaient été abattus à TIENDANITE le 05 décembre 1984.

JACKY n° 2 nous permettait quant à lui d'entrer en possession d'une dizaine, voire au maximum d'une douzaine de grenades explosives défensives de l'armée françaises, dûment numérotées comme j'avais pu le constater moi-même.

Je précise encore une fois qu'il n'y avait pas 22 grenades défensives comme il est indiqué dans le procès-verbal n° 362 / 94 ( D 45 ) du 03 mars 1994 - scellé n° 42 ter.

Une dernière précision encore :

JACKY n° 2 était bien connu des services judiciaires puisqu'il avait été emprisonné au CAMP-EST durant l'année 1985. Comme par"hasard'', il avait été mêlé à cette affaire de caisse de pistolets militaires français de type MACH 50 qui avait été"perdue'' par un camion de l'armée, dans le col de TONGHOUE aux environs de NOUMEA.

Pistolets militaires"perdus'' sans les percuteurs, bien sûr… Et donc inutilisables !

Ayant fait sa connaissance plus tard, je lui avais demandé des détails sur cette affaire, et il m'avait répondu :

" Ha ! Laisse tomber, c'est nul... Un coup foireux... ". Foireux certes, mais pas pour tout le monde ce qui est sûr !

Il me semble qu'il avait hébergé CHRISTIAN CHEDORGES, l'auteur du sabotage de la mine du CAMP DES SAPINS à THIO le 21 janvier 1985.

Sur cette liste de douze prénoms il y avait la mention : JACKY ( n°2 )"PARA''.

Pour mieux comprendre l'attitude plus que douteuse de la part de toutes les autorités judiciaires françaises confondues, il convient de rappeler un point très important du droit français :

Aux yeux de la loi, seule la complicité du 1er degré est punissable, mais pas la complicité du 2ème degré.

Dans le cadre de notre affaire, les complices du 2ème degré étaient :

- Les fournisseurs initiaux de cartouches militaires françaises de 5,56 mm.

- Les fournisseurs initiaux de cartouches militaires françaises de 9 mm.

- Les fournisseurs initiaux de grenades défensives militaires françaises.

- Les fournisseurs initiaux des pains de"plastic'' et de T.N.T. militaires français.

- Les fournisseurs initiaux de documents sensibles ( listing informatique, analyse militaire, etc. ).

En tant qu'intermédiaires recevant ce matériel, les complices du 1er degré étaient :

- L'ancien militaire fréquences radios, pains de"plastic'' et T.N.T.

- L'ancien de l'O.A.S cartouches de 9 mm.

-DOMINIQUE ... documents sensibles et cartouches de 5,56 mm.

- JACKY n° 2"PARA'' grenades défensives.

Or, DOMINIQUE ... et JACKY n° 2"PARA'', étaient deux membres à part entière de notre groupe de combat, comme l'indiquait la présence de leurs prénoms et de leurs mensurations sur la liste de douze prénoms découverte dans le dépôt clandestin de OUEMO.

De ce fait, DOMINIQUE ... et JACKY n° 2"PARA'' n'étaient plus des intermédiaires et leurs fournisseurs respectifs du 2ème degré devenaient automatiquement des complices de 1er degré, donc punissables !

Des arrestations dans le milieu des services spéciaux français n'auraient pu être évitées, à moins que des lampistes n'eussent été désignés d'office dans ce cas…

C'est donc la seule et unique raison de la non-arrestation de DOMINIQUE … et de JACKY n° 2"PARA'', outre le fait qu'aucun de nous ne les ait dénoncés.

En approfondissant le code pénal, le code de procédure pénale et le code de justice militaire français, et en particulier les notions de 1er et de 2ème degré de complicité, les atteintes à la sûreté de l'état, les atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation etc. , on s'aperçoit d'une chose :

Des articles sont taillés sur mesure non pas pour assurer l'ordre et la paix, mais bien pour pouvoir téléguider et manipuler autrui selon les intérêts de l'état en question, ceci bien sûr en couvrant au maximum les malotrus se livrant à ces jeux parfois mortels.

En NOUVELLE-CALEDONIE, c'est principalement pour le minerai de nickel, ailleurs ce sera pour du pétrole, de l'uranium, des marchés juteux ou que sais-je encore...

Ainsi, si le juge d'instruction MARTINE VARACHE avait vraiment voulu inculper le gendarme MARC REVAULT pour les infractions commises dans le cadre de l'enquête qui lui était confiée, celle-ci devait obligatoirement en demander l'autorisation à je ne sais plus quelle autorité de l'état ( c'est véridique ! ).

Ne doutant en aucun cas de la loyauté de DOMINIQUE ... et de JACKY n° 2"PARA'' au vu de leur attachement à cette terre, je doute par contre à juste titre des fournisseurs dont je soupçonne l'appartenance au 2ème bureau militaire, à la 3ème section de manipulation du B.E.L., à la D.G.S.E. ou à toute autre saloperie d'état dont la ligne de conduite n'est autre que la division pour mieux régner !

Alors pourquoi ne pas avoir dénoncé ces personnes afin d'apporter la preuve de la manipulation de l'état français en NOUVELLE-CALEDONIE, en remontant ainsi vers les véritables fournisseurs de matériel militaire français et de documents sensibles ?.Oui, pourquoi ne pas l'avoir fait ?

La réponse est à trois niveaux, qui sont les suivants :

1°/ Malgré tout ce que j'ai pu faire de répréhensible pour mon pays, je ne suis pas une"balance'', ce qui avait été confirmé par le président de la cour d'assises JEAN VERMORELLE. Hormis les faits qui nous étaient reprochés, c'est la seule chose de vraie que ce dernier ait pu dire lors de ces procès d'iniquité.

2°/ Une fois dénoncées, ces personnes n'auraient peut-être pas parlé pour autant, en vertu d'un code d'honneur interne au groupe de combat et dans ce milieu. De ce fait, cette démarche aurait été nulle tout en augmentant le nombre de personnes emprisonnées, ce que je ne pouvais tolérer !

3°/ Avant de développer cette troisième raison de loin la plus importante, il convient de rappeler un fait majeur : Toutes les plaintes et remarques écrites ont été adressées aux autorités judiciaires à partir du 24 juin 1994 ; la mise en commun des connaissances des deux extrémistes de camps opposés que nous étions JOSEPH WANANIJE et moi datait du 18 mars 1994, au plus tôt.

Durant ce laps de temps de 3 mois nous avions eu tout le loisir de découvrir qu'à l'image du vulgaire bétail, nos camps respectifs avaient été menés aux affrontements depuis 1981, avec un paroxysme de violence durant les années 1984 / 1985 et suite...

Fort de ces connaissances, j'avais déclaré : " Retour à l'expéditeur ! ", lorsque le juge d'instruction MARTINE VARACHE m'interrogeait justement sur le vol des archives et des passeports du bureau des passeports de NOUMEA.

En effet grâce à JOSEPH WANANIJE, je venais juste d'apprendre que les services spéciaux français étaient en réalité les maîtres-d'oeuvre de la filière d'envois de stagiaires kanaks en LIBYE.

A partir de ce moment-là, ce"juge d'instruction'' en charge de notre dossier évita au maximum de s'écarter des faits qui nous étaient reprochés présentement, sans jamais prendre en considération les causes profondes de nos agissements et surtout les graves implications de la FRANCE dans les événements de NOUVELLE-CALEDONIE.

Oui, on peut dire que MARTINE VARACHE mit un zèle, que dis-je, une malhonnêteté extraordinaire dans cet exercice de style visant à supprimer toutes les responsabilités des gouvernements successifs de la FRANCE.

Dès lors, que pouvait apporter de plus la dénonciation de quatre ou cinq obscurs militants, dont deux membres de notre groupe de combat ?

L'avenir me donna entièrement raison sur deux points :

A / La destruction des scellés compromettant pour les autorités françaises, fait réprimandé par la loi d'autant que ces scellés n'ont jamais été ouverts en notre présence, à l'inverse de notre matériel de transmission, ouverture de scellés incomplète bien entendu...

Il est vrai que ce matériel ne présentait guère de danger pour ces mêmes autorités...

B / L'absence totale de pièce à conviction lors du procès d'assises malgré ma demande expresse.

Oui, que pouvaient bien apporter de plus ces dénonciations, je me le demande ?

Je me le demande d'autant plus que les identités complètes de ces personnes n'étaient que secrets de polichinelle, aussi bien pour les enquêteurs que pour les services judiciaires.

Oui, ces personnes étaient loyales envers le combat que nous menions et nous nous rendions des services mutuels, mais auraient-elles accepté de se remettre en cause en regardant la vérité bien en face ?

Auraient-elles accepté de comprendre que les différents gouvernement français étaient les véritables instigateurs de toutes ces saloperies ?

Et pourquoi ne se seraient-elles pas réfugiées dans le silence afin de sortir plus vite de prison, comme mes six coïnculpés ?

Ceci concerne plus particulièrement JACKY UICHI, lequel était au courant de toutes mes démarches de chef de ce groupe de combat.

En prison, il parlait souvent d'un dossier de défense en béton, tellement"embêtant'' pour les autorités françaises qu'il ne l'a jamais utilisé, surtout devant la cour d'assises des 24 / 25 / 26 avril 1996 à NOUMEA.

En fait, si ce dossier n'est jamais sorti, il n'en est pas de même pour JACKY UICHI libéré très peu de temps après ce procès d'iniquité ; le"juste'' retour de son silence en quelque sorte…

Voici les dates d'incarcération et de libération des membres de ce groupe de combat jugé en cour d'assises de NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996 :

INCARCERATION LIBERATION

GUY DIJOU 10 février 1994 25 juin 1998

JACKY UICHI 10 février 1994 11 juin 1996

ALBERT KREYER 07 juin 1994 26 avril 1996

JEAN-CLAUDE POGNON 07 juin 1994 26 avril 1996

REMY BRESIL 12 janvier 1995 07 mai 1996

PHILIPPE COURTOT 20 janvier 1995 07 mai 1996

JEAN-PIERRE COURTOT 20 janvier 1995 07 mai 1996

A titre indicatif, voici la liste des faits reprochés à ce groupe de combat depuis sa constitution pendant les événements de 1984. Je tiens particulièrement à préciser que les personnes sus-citées n'ont absolument pas commis toutes les opérations suivantes, le recrutement, les objectifs et la participation des membres étant fonction des motivations individuelles avant d'être collectives.

De plus, il est clair que tous les auteurs de ces faits n'ont pas été arrêtés ; d'autre part, la loi d'amnistie du 18 décembre 1989 couvre les infractions commises avant le 20 août 1988.

La chronologie et les dates de ces opérations ne sont pas précises car s'étendant sur une période approximative de 10 ans, voire plus.

22 juillet 1982 Participation à l'occupation de l'assemblée territoriale de NOUMEA.

? Vol de nitrate à la S.C.E.T. DUCOS, pour préparation d'explosif.

? Vol de nitrate dans la carrière de TONGHOUE.

14 mai 1985 1er attentat au"palais de justice'' de NOUMEA. Aucune victime.

27 août 1985 1er attentat à l'office foncier de NOUMEA. Aucune victime.

21 novembre 1985 2ème attentat à l'office foncier de NOUMEA. Aucune victime.

02 décembre 1985 2ème attentat au"palais de justice'' de NOUMEA. Aucune victime.

24 février 1986 Attentat au service des impôts de NOUMEA. Aucune victime.

? Dynamitage pont de BAKO - KONE à la demande de certains habitants

de KONE. Aucune victime et dégâts insignifiants.

( charge disponible très nettement insuffisante ).

? Vol d'uniformes de la police municipale de NOUMEA,

avec l'aide d'une complicité interne. En fait, c'était l'armement qui était visé.

? Vol d'une moto SUZUKI au VAL PLAISANCE - NOUMEA pour rapidité

des déplacements et plus si nécessaire ( voir note supplémentaire ).

29/30novembre 1986 Vol d'armes dans l'armurerie BALLANDE de NOUMEA.

28 février 1987 Tentative de vol de matériel de transmission dans la société HAM TRONIQUE.

GUY DIJOU incarcéré le 03 mars 1987, libéré provisoirement le 28/11/87.

24 septembre 1988 Vol SOPRECAL. Matériel d'irrigation.

02 septembre 1989 1er vol SITEC. Groupes électrogènes.

01/02 janvier 1990 Vol coffre-fort LA GUINGUETTE - ANSE-VATA - NOUMEA.

février 1990 Location sous fausse identité du garage de OUEMO - MAGENTA.

07/08 février 1990 Vol d'armes SODICAL BOURAIL.

15/16 juillet 1990 Vol coffre-fort EUROMARCHE - KOUTIO.

13/14 mars 1991 Tentative de vol coffre-fort SOPEMA - NOUMEA.

Vol coffre-fort secondaire + ordinateur et machine à écrire

pour stockage d'informations.

15/16 mai 1991 Vol véhicule 4x4 NISSAN METO-ALMA pour déplacements urgents

dans l'intérieur de la NOUVELLE-CALEDONIE et opérations de vols.

? Sabotage du bateau de monsieur AUGUSTE TAIEB dit"POUPOU''.

( voir note supplémentaire ).

29/30 mai 1991 Vol coffre-fort F.O.L. NOUMEA.

10/12 août 1991 2ème vol SITEC NOUMEA.

Outillage + matériel utile aux opérations de vols +

installation si besoin d'un camp d'entraînement voire d'un maquis clandestin

en NOUVELLE-CALEDONIE.

06/07 octobre 1991 Vol des archives du bureau des passeports de NOUMEA

passeports et cartes d'identités pour identification complète

des stagiaires kanaks envoyés en LIBYE, ceci étant l'objectif principal.

28/29 décembre 1991 vol coffre-fort NOUMEA-GROS - NOUMEA.

14/15 juin 1992 Vol de 2 motos SUZUKI AUTOCAL - NOUMEA

pour déplacements rapides et plus si nécessaire

( la 1ère moto volée avait"disparue''... ).

11/12 mai 1993 Vol coffre-fort J.K.R. MARINE NOUMEA.

Il y eut également deux vols de panneaux solaires à DUMBEA et au MONT DORE, dont je ne saurai en préciser les dates. Ceux-ci étaient principalement destinés à l'alimentation électrique de postes émetteurs-récepteurs à grande portée.

Voilà donc la longue liste, bien trop longue liste de nos actions pour... RIEN !

Ou plutôt si, pour découvrir que les différents gouvernements français ont tiré et tirent toujours les ficelles des événements de la 3ème réserve mondiale de nickel qu'est la NOUVELLE-CALEDONIE.

Tout cela bien sûr sans avoir le courage de le reconnaître devant une cour d'assises, préférant une ombre plus propice afin de commettre leurs mortelles manipulations...

Au-delà de ces considérations, il est intéressant de constater le changement radical opéré dans la nature des objectifs, à partir du 24 septembre 1988 plus précisément.

Sans vouloir rejeter la faute sur ceux"d'en face'' et en assumant mon rôle d'organisateur de ces opérations devant la cour d'assises, il convient de rappeler les faits suivants :

Le 22 avril 1988, les indépendantistes kanaks prirent en otages les gendarmes de FAYAOUE OUVEA.

Bilan : Quatre gendarmes tués.

Le 05 mai 1988, 19 de ces indépendantistes furent abattus par les forces armées françaises lors de la célèbre et trop sanglante OPERATION VICTOR.

Ils étaient morts sans se rendre !

De quoi forcer mon respect et mon anxiété face à l'avenir, anxiété partagée par nombre d'entre nous.

" Nous savons que ça va répéter en 1998, mais après ça ira mieux… ".

Comme il vous était facile de jouer les prophètes en FRANCE, gendarme MARC REVAULT, surtout en faisant vous-même tout ce qu'il faut pour ça !

Il est à signaler dans ce manuscrit la présence de renseignements et d'annexes issus de différents magazines français.

Les plus importants proviennent de la revue EXPRESS n° 2412 ( pages 9 à 32 ). Semaine du 25 septembre au 1er octobre 1997. Directeur de la publication : ERIC LICOYS.

Titre : ‘‘Un document pour l'histoire : Les notes secrètes de MITTERAND''.

Il s'agit de 32 documents adressés par le sieur CHRISTIAN PROUTEAU au président de la république FRANÇOIS MITTERAND. 32 notes confidentielles reproduites partiellement sur un lot de 168 au total, précisons-le toutefois... Même incomplètes, elles ont au moins le mérite d'éclairer les coulisses du pouvoir au sein du drapeau français.

Ainsi, les notes suivantes figurent aux pages 12 et 17 de ladite revue : ( par souci d'économie de place, l'en-tête de la présidence de la république française a été supprimé de même que la signature de CHRISTIAN PROUTEAU. a été remontée ).

TERRORISME INTERNATIONAL : 27 OCTOBRE 1982.

Synthèse sur l'euroterrorisme : la cellule envisage de manipuler, voire de neutraliser ces réseaux.

‘'Le travail du groupe d'action mixte mis en place à votre demande, commence à porter ses fruits.

En effet, il était précisé au départ de cette expérience que l'efficacité de la lutte contre le terrorisme serait effective à partir du moment où les réseaux internationaux, dont la FRANCE représente un élément important, seraient dévoilés et ensuite détruits.

La première opération importante contre ces réseaux, permettant ainsi d'en vérifier l'existence, a été effectuée contre les irlandais.

Les liaisons internationales directes entre l'équipe du conseiller technique, le groupe d'action mixte et les autres services portent leurs fruits.

Si le réseau irlandais nous permet actuellement de déterminer le schéma"FRANCE-ESPAGNE-BELGIQUE-SUISSE-IRLANDE-PALESTINIENS'', un nouveau réseau mis à jour nous conduit au schéma suivant :"ITALIE-FRANCE-ALLEMAGNE-PALESTINIENS''.

Le centre de ce réseau est sous les ordres d'un dénommé"LOUIS'', que nous ne connaissons pas actuellement parfaitement. D'ici peu de temps, l'ensemble de ces deux réseaux et leurs mécanismes de fonctionnement seront parfaitement connus du conseiller technique.

Il est possible d'envisager qu'à partir de cet instant la lutte antiterroriste prendra un nouveau jour, car il sera possible de passer à l'offensive, soit en manipulant les réseaux, soit en les neutralisant.''

LE CHEF D'ESCADRON CHRISTIAN PROUTEAU.

EXTREME DROITE : 07 AVRIL 1983.

CHRISTIAN PROUTEAU s'inquiète du cas de DOMINIQUE ERULIN, un activiste d'extrême droite ( frère du colonel qui a sauté sur KOLWEZI ), soupçonné de fomenter des complots contre la gauche.

Le conseiller va jusqu'à proposer de"neutraliser cet homme par un autre procédé''.

‘'Comme je vous en avais parlé il y a plusieurs mois sur l'ensemble des problèmes qui concernaient ma mission, j'ai apporté une attention particulière au cas de DOMINIQUE ERULIN.

Au moment où nous avons pris cette affaire grâce à des complicités à l'intérieur de la police, la trace de DOMINIQUE ERULIN avait été perdue.

Après quatre mois de travail, le G.A.M. l'a localisé précisément à l'étranger.

Le juge d'instruction chargé de l'affaire a délivré un mandat d'arrestation international dans le plus grand secret.

L'information précise que nous avons, laisse sans aucun doute possible penser que si des actions violentes sont organisées au niveau de l'extrême droite, elles le seront à l'évidence par DOMINIQUE ERULIN.

L'engagement qu'il avait eu sous le précédent gouvernement pour exécuter ses basses besognes lui assurait une protection à haut niveau.

De ce fait, la présence de votre gouvernement lui interdit l'accès du territoire national.

Comme il serait difficile de l'arrêter sous un prétexte activiste, compte tenu des répercussions que cela pourrait engendrer, nous nous sommes limités à son passé de droit commun.

Ce passé étant assez chargé, il est évident que dès qu'il sera arrêté, son incarcération ne posera pas de problème''.

‘'Etant donné la personnalité de DOMINIQUE ERULIN, la décision de son arrestation est délicate.

C'est pour cela que tout en utilisant la voie légale dès que nous aurons trouvé DOMINIQUE ERULIN, j'ai conservé la possibilité d'éviter l'arrestation.

Si vous pensez que celle-ci n'est pas opportune ou qu'il serait préférable de neutraliser cet homme par un autre procédé, il sera fait selon votre volonté''.

LE CHEF D'ESCADRON CHRISTIAN PROUTEAU.

 

Cette note a été transcrite suite à une communication téléphonique paraît-il, avec le chef d'escadron CHRISTIAN PROUTEAU actuellement en déplacement. ( Bien curieusement le nom du chef d'escadron CHRISTIAN PROUTEAU ne figure pas sur cette note où il est question de neutraliser un homme de la partie adverse… ).

Manipulation, neutralisation… deux maîtres-mots bien trop souvent utilisés dans l'histoire de notre pauvre TERRE.

Il est vrai que tous les moyens sont bons pour bipolariser la population bien naïve d'un pays, surtout s'il s'agit d'en exploiter les richesses naturelles.

Les indépendantistes d'un côté, les non-indépendantistes de l'autre, et quelques"manipulations'' ou"neutralisations'' menées de main de maître au bon moment n'est-ce pas ?