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DIJOU GUY

A

MONSIEUR LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE EN NOUVELLE-CALEDONIE

LE 15 JANVIER 1996

Par la présente, j’ai l’honneur de vous informer que je dépose à nouveau plainte contre l’état français, conformément à tous mes écrits y compris ceux conjoints à JOSEPH WANANIJE.

En effet après deux années d’emprisonnement, je constate que loin d’être divulgués, les agissements de votre pays sur cette île sont gardés sous silence malgré le pardon et la non-violence que nous prônons tous deux.

Il n’y a pas de pardon sans que la vérité soit connue de tous.

Peut être me direz-vous qu’à plusieurs reprises, j’ai déposé et enlevé les dites plaintes ?

Cela n’est rien comparativement au jeu parfois mortel exercé sur notre population, et en toute impunité par les services spéciaux français.

Je sais par expérience que cette procédure est totalement inutile compte tenu du fonctionnement de votre justice, mais j’ai ainsi la conscience tranquille quant aux faits graves découverts au CAMP-EST.

Veuillez agréer, monsieur le procureur, l’expression de mes sentiments distingués.

 

 

GUY DIJOU.

COPIE : Madame BERNADETTE DIJOU

 

NOTE SUPPLEMENTAIRE

En effet par deux fois au moins, j’avais écrit au procureur pour lui annoncer le retrait de mes plaintes...

A chaque fois, j’espérais que le pardon allait pouvoir se mettre en place…

Vaine attente qui m’écœura un peu plus en observant ce qui se passait dans ce pays.

C’est ainsi que je maintenais définitivement la validité de toutes mes plaintes, mais de toute façon, je n’ai jamais obtenu une quelconque réponse des services judiciaires.

De plus il m’est particulièrement évident que je ne visais absolument pas le pardon de mes fautes, lesquelles sont bien insignifiantes au regard des agissements occultes d’une ‘’certaine FRANCE’’ en NOUVELLE-CALEDONIE.


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