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DIJOU GUY

A

MONSIEUR LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE EN NOUVELLE-CALEDONIE

LE 19 AVRIL 1996

N'ayant enregistré aucun résultat tangible quant aux différentes plaintes déposées auprès de vos services conjointement à JOSEPH WANANIJE, j'ai l'honneur de vous informer de ma constitution en partie civile.

En effet, à l'heure où la justice de votre pays s'apprête à me juger bien qu'étant odieusement entachée, nul ne pourra contester la participation directe de celui-ci dans l'instauration d'un climat de défiance pour le moins, entre les deux principales composantes de ce territoire.

Nul ne pourra en contester également la base même des actions ayant entraîné ma présente incarcération et ce, avant comme après la signature des"fameux accords de MATIGNON''.

Et de terminer cette correspondance sur cette petite phrase lourde de symbolisme : " Quand on veut juger d'autres personnes, il faut avoir les mains propres. ", ceci ne devant aucunement être considéré comme une basse esquive de ma part.

Veuillez agréer monsieur, l'expression de mes sentiments distingués.

GUY DIJOU.

COPIE : Madame BERNADETTE DIJOU

 

NOTE SUPPLEMENTAIRE

" Quand on veut juger d'autres personnes, il faut avoir les mains propres, et maintenant vous commencez à m'emmerder ! ". Telles furent mes paroles à l'égard de JEAN VERMORELLE et de sa secrétaire.

Ils étaient venus tous les deux au CAMP-EST pour une procédure complètement bidon avant le procès d'assises des 24 / 25 / 26 avril 1996. Cinq ou six gardiens dont plusieurs gradés insistaient lourdement pour que je rentre dans un petit bureau situé à coté de l'infirmerie du CAMP-EST.

Devant mon refus plus que catégorique de me prêter à cette mascarade de justice, JEAN VERMORELLE déclara dans le couloir de l'infirmerie : " Si vous voulez, on peut prendre une loi pour vous... " sic...

Réponse : " Commencez par respecter celles qui existent ! ".

Je commençais vraiment à sentir le feu de la colère m'envahir, et le gardien ALAIN LECONTE passant par là, me dit d'une manière très compréhensive : " Viens GUY… Laisse tomber, tu vas t'énerver pour rien, je te ramène dans ta cellule...".

Voilà la justice en NOUVELLE-CALEDONIE, justice française il faut bien le dire !

JEAN VERMORELLE était le président de la cour d'assises de NOUMEA les 24 / 25 / 26 avril 1996...

Menant cette foutaise de procès de"main de maître'', celui-ci évita entre autre le dossier plus qu'épineux du vol des passeports commis par notre groupe les 06 / 07 octobre 1991, pour l'identification complète des stagiaires kanaks envoyés en LIBYE en formation au terrorisme.

Envois"patronnés'' par les services spéciaux français, rappelons-le. ( voir plainte du 09 juillet 1994 adressée au procureur, et note supplémentaire ).

En effet, après quelques questions sans intérêt, le président JEAN VERMORELLE bifurqua habilement sur un autre dossier, surtout à la suite de ma petite phrase suivante :

" En vertu de votre pouvoir discrétionnaire monsieur le président, faites venir devant la cour JOSEPH WANANIJE en tant que témoin dans cette affaire. Il est actuellement incarcéré au CAMP-EST et c'est très facile d'aller le chercher... ".

Réponse du président JEAN VERMORELLE, légèrement"gêné aux entournures'' :

" On verra ultérieurement, si c'est nécessaire à la suite des débats... ".

Il ne le fit jamais, bien entendu !

En face de moi, le procureur général BERNARD DE GOUTTES grimaça discrètement sur le coté, lorsqu'il entendit ma demande.

Je m'étais dit alors : " Touché ! Un coup au but ! ".

Cela n'empêcha nullement ce procureur général et avocat général-menteur de me déclarer plus tard :

" Monsieur DIJOU, est-ce que vous dites toute la vérité ? ".

Réponse du tac-au-tac de ma part : " Monsieur le procureur général, ( il aimait bien quand je l'appelais ainsi ) êtes-vous capable de me suivre sur le chemin de la vérité ?".

Et là, hop ! Brusque volte-face de ce procureur-menteur en mal de popularité et d'effets de manches, la salle étant plus que bondée...

Il passa à un autre dossier, ou plutôt à une autre foutaise devant des"spectateurs'' qui ne comprenaient rien, ou pas grand chose !

Je ne parle pas bien sûr de ceux qui ne voulaient pas comprendre…

Quant aux jurés, n'en parlons pas !


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