Libertés Internet

Magazine Digital et Tech

Comment fonctionne la cigarette électronique ?

En 1963, Herbert A. Gilbert a inventé une « cigarette sans tabac », mais elle n’a jamais été commercialisée car trop encombrante. Le vapotage (ou vape) désigne le fait de « fumer » une cigarette électronique (ou un dispositif équivalent). La cigarette électronique dans sa forme contemporaine a d’abord vu le jour en Chine pour une raison simple : dans l’Empire du Milieu, 60 % des hommes sont fumeurs ! Le marché est donc énorme. C’est l’inventeur chinois Hon Lik qui a breveté la technologie en 2003. Justement, comment ça marche ?

E-cigarette électronique : le principe du vapotage

Les appareils de vapotage, également appelés « e-cigarettes », « e-cigs » ou encore « systèmes électronique de distribution de nicotine » comme on peut le lire sur le brevet original de 2003, sont des dispositifs d’inhalation de type aérosol qui chauffe un liquide (e-liquide) contenant des arômes et éventuellement de la nicotine. Ces dispositifs peuvent prendre plusieurs formes, de la « cig-a-like » qui reprend les formes de la cigarette à tabac classique jusqu’aux Mods les plus sophistiqués, avec intelligence artificielle, machine learning et autres fonctionnalités smart. Récemment, des cigarettes électronique à l’effigie des objets du quotidien sont apparues sur le marché, avec des clés USB ou des stylos. Quelles que soient leur conception et leur apparence, les dispositifs de vapotage fonctionnent généralement de la même manière et embarquent les mêmes composants.

Les e-cigarettes comportent une cartouche d’inhalateur remplaçable contenant de la glycérine végétale et/ou du polyéthylène glycol, des arômes et éventuellement de la nicotine. À chaque inhalation, un capteur déclenche un vaporisateur pour chauffer une petite quantité d’arôme liquide. Le liquide se transforme alors en vapeur et est inhalé par l’utilisateur.

E-cigarette : la tech au service de la santé

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le vapotage (ou la vape) n’est pas comparable à la pipe à eau ou au narguilé. Dans ce dernier par exemple, c’est un mélange de tabac brûlé et de mélasse qui est aspiré à travers l’eau. La cigarette classique implique également la combustion du tabac… c’est cette réaction chimique qui conduit à la formation de substance cancérigènes et toxiques comme le goudron, le monoxyde de carbone et les métaux lourds. La technologie de vapotage des e-cigarettes ne brûle rien : le mélange liquide est simplement vaporisé.

La vape ne contient pas les composés nocifs que l’on trouve dans la fumée des narguilés ou des cigarettes à tabac. C’est pourquoi la cigarette électronique est objectivement moins nocive que la cigarette à tabac au regard de leurs compositions chimiques respectives. C’est ce qui explique les positions de l’Académie française de médecine, du National Health Service britannique et de nombreux professionnels de la santé spécialisés dans la lutte contre le tabagisme. En somme, la cigarette électronique, c’est la technologie au service de la santé publique. En France, les dispositifs de vapotage ont permis à plus de 700 000 fumeurs de décrocher durablement de la nicotine. Rappelons que l’objectif est de s’appuyer sur la cigarette électronique de manière provisoire pour une consommation dégressive de nicotine sans substances chimiques, avec à la clé un sevrage tabagique progressif et en douceur.

La cigarette électronique « smart », sur les pas du smartphone

Le marché de la cigarette électronique semble s’inspirer de celui du téléphone mobile, avec l’incorporation progressive de fonctionnalités high tech. C’est au français Enovap que l’on doit la percée tech la plus remarquée sur le marché, avec la première cigarette électronique véritablement « smart ». Les dispositifs signés Enovap embarquent deux réservoirs d’e-liquide, avec et sans nicotine.

Le logiciel intégré « apprend » les habitudes de vapotage de l’utilisateur pour lui délivrer la « quantité minimale et efficace » de nicotine à chaque utilisation, avec un trend baissier très progressif pour que l’utilisateur ne s’en rende pas compte. Au final, le fumeur passe à la cigarette électronique pour satisfaire ses besoins en nicotine tout en adoptant une approche dégressive pour maximiser les chances d’un sevrage tabagique durable et sans effets secondaires.

Autres Publications